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Méthode et outils de l’inventaire patrimonial

Depuis 2008, l‘Assemblée des Pays de Savoie (APS) a lancé une campagne d’inventaire thématique du patrimoine des départements de la Savoie et de la Haute-Savoie. C’est l’eau qui a été choisie pour thème. Ce travail bi-départemental est abordé sous l’angle des usages énergétiques (artisanat, industrie) et thermaux. Ce double regard a été voulu afin de respecter des logiques géographiques et historiques, car le découpage des bassins-versants des Pays de Savoie démontre une étroite relation entre les deux départements. Le bassin-versant du Chéran illustre parfaitement cette interdépendance entre les deux territoires. En effet, le torrent du Chéran débute son parcours sur la commune de Verrens-Arvey (Savoie) pour rejoindre la rivière du Fier aux portes de Rumilly (Haute-Savoie).

L'inventaire thématique du patrimoine hydraulique s’attache à référencer les bâtiments utilisant le potentiel énergétique des cours d’eau dans le cadre d’une activité artisanale et industrielle. Les usages médicinaux et thérapeutiques sont aussi étudiés avec les aménagements thermaux.

 

  • L’artisanat regroupe tous les artifices actionnés par l’eau, notamment les moulins, les scieries, les forges, les taillanderies, les clouteries, etc.
  • L’industrie comprend majoritairement les activités électrométallurgiques et électrochimiques induites par l’hydroélectricité.
  • L’activité thermale compte les sites et les équipements utilisant l’eau pour ses vertus médicinales et thérapeutiques.

 

Ces orientations thématiques ne couvrent pas tous les champs d’usage de l’eau. Ainsi, les captages pour la distribution d’eau potable, les retenues et les prises d’eau pour la fabrication de neige de culture ne sont pas pris en compte dans cette étude ainsi que les systèmes agropastoraux d’arrosage des zones sèches intralpines.

Une étude de l’époque contemporaine

La période historique retenue s’étend du milieu du XIXe siècle jusqu’à nos jours. La volonté de couvrir trois domaines d’activités prépondérants a restreint les bornes chronologiques à l’époque contemporaine. Le basculement historique de 1860, année du rattachement de la Savoie à la France, est aussi central dans ce choix. La lecture du paysage hydraulique de la Savoie prend toute sa signification au travers des règlements et des droits d’eau régularisés par l’administration française. De plus, le passage de l’économie provinciale et protectionniste du duché de Savoie au marché libéral du Second Empire a modifié le tissu économique savoyard, engendrant notamment une transformation des usages énergétiques de l’eau. Toutefois, certains sites déjà actifs en 1860 disposent d’un patrimoine qu’il est important de souligner afin d’opérer un bilan évolutif des usages de l’eau.               
Le souhait d’une lecture approfondie du développement industriel et de son impact sur le patrimoine hydraulique savoyard justifie cette approche contemporaine.

État matériel des sites et des objets inventoriés

L’état matériel de la prise d’eau, des bâtiments et des artifices est le dernier élément qui est pris en compte dans l’inventaire. Il est nécessaire que soit encore présent sur le terrain au moins l’un des trois éléments caractéristiques du patrimoine hydraulique soit la prise d’eau, soit le bâtiment, soit le canal de fuite pour que le site fasse l’objet d’une fiche d’inventaire. Même s’ils ont connu une période de fonctionnement entre 1860 et aujourd’hui, certains sites dépourvus de vestiges ne peuvent être inventoriés. Ils font alors l’objet d’un référencement simplifié.

De la recherche documentaire à l’enquête de terrain

Une phase d’enquête documentaire a été préalable à la visite des sites. Celle-ci a débuté aux Archives départementales de Savoie (A.D.S) et de Haute- Savoie (A.D.H.S.), avec la consultation de la série S (Travaux publics et transports, 1860-1940) et de la série SPC (Fonds des Ponts et Chaussées, Travaux public et transports, 1860-1940), ainsi que celles des administrations déconcentrées de l’État, telles la Direction Départementale de l’Équipement et de l’Agriculture (D.D.E.A., ex-D.D.A.F.) et la Direction Départementale des Affaires Sociales et Sanitaires (D.D.A.S.S.). Ces dernières disposent d’informations sur les aménagements hydroélectriques (D.D.E.A.) et thermaux (D.D.A.S.S.). Les références bibliographiques des secteurs géographiques ont été sondées afin de réunir la documentation la plus complète. Ces données archivistiques ont été ensuite croisées avec les cadastres (de la «Mappe sarde », cadastre de 1728 au cadastre actuel en passant par le premier cadastre français et le cadastre rénové) afin de localiser le parcellaire comprenant les sites déjà identifiés et/ou de trouver des zonages ressemblant à une typologie de site hydraulique. Une fois le corpus des sites établi, la phase de terrain a pu débuter. L’enquête est complétée par une description technique, physique et architecturale. Elle permet d’appréhender l’implantation d’un site de production et ses caractéristiques.

Des prises de vue et des relevés topographiques sont réalisés afin de compléter le dossier d’inventaire. De plus, le terrain offre la possibilité d’entrer en contact avec les acteurs locaux et de sensibiliser les propriétaires à leur patrimoine. Les informations pouvant être recueillies auprès de ceux qui disposent de la mémoire du lieu sont, en effet, précieuses.

 

Valorisation des informations de la base de données à la cartographie

La capitalisation des données recueillies est réalisée lors de l’informatisation via la base de données, Gertrude (outils de base de données du Service Régional de l’Inventaire du patrimoine culturel). Cette étape du travail s’attache à utiliser un vocabulaire normé, notamment pour les descriptifs architecturaux.

La base de données est un outil à doubles volets. Le premier est de faciliter le traitement et l’analyse des informations pour dresser des typologies, des caractéristiques spatiales, historiques, techniques… Le second volet de la base est la diffusion des données, c’est-à-dire la valorisation par un portail Internet :www.patrimoine.rhonealpes.fr/

 

Yannick Milleret (et Clara Bérelle)



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