A. Historique du fonds [André Perret - Guide des archives de la Savoie, 1979]
La deuxième section des Archives d'Etat de Turin est connue sous le nom de Section Finances. Une partie de ce fonds a été rétrocédée à la France et se trouve aux Archives départementales de la Savoie. Ces documents proviennent en grande partie des archives de l'Agence générale des Finances, qui siégeait à Turin.
Il a été écrit que les archives de l'Agence générale faisaient en gros suite à celles de la Chambre des Comptes de Chambéry, qui avait été supprimée en 1720. En réalité l'Agence avait une compétence différente de la Chambre, qui était une cour souveraine de justice spécialisée et émettait des arrêts. L'Agence générale dépendait du Contrôleur général des Finances et du Conseil des Royales Finances et avait à effectuer des travaux d'ordre économique et financier.
Elle était un organisme d'exécution du Conseil des Royales Finances et s'occupait principalement des pensions à régler, des mines, salines, ponts et chemins, du domaine, des fiefs, de la taille et de la péréquation des tailles. En matière domaniale et de travaux publics, elle avait donc une compétence administrative qui, à certains égards, rappelait celle de la Chambre des Comptes.
B. Composition du fonds [André Perret - 1979]
Les archives de la Section Finances apportent un complément utile au fonds des Matières économiques des Archives de Cour et à différents fonds des archives de la Chambre des Comptes. Les archives de la section Finances apportent des renseignements fort utiles en ce qui concerne la taille et la péréquation de la taille, soit la répartition de l'assiette fiscale, fixée par l'édit du 15 septembre 1738 en conséquence de l'établissement du cadastre, exécuté de 1728 à 1738 dans le duché de Savoie. Une série de volumes de reconnaissances féodales, œuvre des commissaires d'extentes ou feudistes, est le complément de sommaires des reconnaissances, conservés dans les Archives de Cour et des registres de fiefs, dits " Indice Savoya " de la série C. Seuls les hasards de transferts, effectués entre les différentes sections des Archives de Turin, ou du maintien de registres dans les archives du château de Chambéry (Série C) sont responsables de la dispersion d'un fonds, qui avait son unité, lors de son origine, dans l'ancienne capitale du duché. L'Agence générale des Finances s'est donc constitué un centre de documentation économique et fiscale grâce aux documents provenant de son activité propre et de celle du Conseil des Royales Finances ou en s'appropriant des archives utiles, prélevées sur d'autres fonds. Nous avons vu qu'il en avait été ainsi pour le fonds des Matières ecclésiastiques, réuni par I'Economat royal des Bénéfices vacants.