Dossier : "Aspects de l'enfance en Savoie aux XVIIIe
et XIXe siècles"
Notes d'aide à la compréhension

Monnaies, salaires et prix
Jusqu'en 1717, le florin, qui se divise en
12 sols de 12 deniers chacun ; ensuite, la livre de Piémont (ou
de Savoie) qui se divise en 20 sols de 12 deniers chacun (3 florins
anciens = 2 livres).
A Vallorcine, en 1755-1760 :
-
une livre = à peu près le salaire d'une journée
de travail d'un ouvrier qualifié, mais les ouvriers agricoles
ne perçoivent que la moitié de cette somme.
-
Salaire d'un menuisier chambérien en 1788 :
18 sols par jour.
-
Traitement de l'Intendant Général de Savoie
(tous frais de fonction à sa charge) : 3 000 livres par an.
-
le minimum vital annuel d'une famille, en milieu
populaire, se situe aux environs de 200 livres.
-
1 000 livres de revenus permettent en Savoie
de vivre honorablement,
-
avec 2 000 livres on accède au niveau de la
bonne aisance bourgeoise. (2)
-
Sous l'Empire :
-
-
salaire journalier d'un garçon boulanger
: 3,60 F.
-
d'un ouvrier -tanneur : 6 F.
-
prix des denrées alimentaires :
Notes :
-
(1) Devos R., Grosperrin B., La Savoie
de la Réforme à la Révolution française, 1985
-
(2) J. et R. Nicolas, La vie quotidienne
en Savoie aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1980
-
(3) Palluel-Guillard A.,
, La
Savoie de la Révolution à nos jours, 1986
-
(4) Hudry M.,
, Découvrir
l'histoire de Savoie, 1989

Les écoles
"Dès la fin du Moyen, des donateurs lèguent
des ressources pour la fondation ou l'entretien de petites écoles.
(
) Dès le XIIIe siècle, des curés, des vicaires, des
chapelains réunissent les enfants de la paroisse pour enseigner
le catéchisme, la lecture, l'écriture. A ces rudiments s'ajoutent
le chiffre et quelques mots de latin. (
)
Les donations par des ecclésiastiques ou par des
émigrants sont à l'origine de la fondation de la plupart des écoles.
Elles s'ouvrent surtout en hiver et sont plus nombreuses en montagne
qu'en plaine. A la fin du XVIIIe siècle, rares sont les paroisses
sans école.
En 1703, un marchand de Vienne en Autriche fait
donation de 10 000 florins pour créer une école de garçons à St-Gervais,
puis de 3 000 florins pour une école de filles. Tignes reçoit
en 1717 un don du curé de Montgirod et un legs de 10 000
livres avec une maison par un Tignard banquier à Turin.
Il arrive que l'insuffisance des revenus des donations
oblige à recourir à des souscriptions, à la participation financière
de la communauté et des parents. (
)
Les régents des petites écoles passent, après
un examen un engagement avec la communauté. Dans un grand
nombre de cas, la petite école est confiée à un ecclésiastique
(le vicaire-régent). La communauté a ainsi un maître pour son
école, un vicaire pour la paroisse, et les nouveaux clercs ont
un emploi.
Une ordonnance du duc Emmanuel-Philibert de 1567
impose une profession de foi catholique aux maîtres qui ne sont
pas d'Eglise.
Parfois, un habitant de la localité est choisi pour
enseigner. Cependant le plupart des maîtres d'école viennent de
Tarentaise et de Maurienne
Ils arrivent vers la Toussaint,
portant des plumes àç leur chapeau selon leur savoir : une pour
la lecture, une pour l'écriture, une pour le chiffre.
Le prêtre et les chefs de famille soumettent le
candidat à un examen. "Savez-vous lire, écrire, chiffrer
? Connaissez-vous la cursive, la bâtarde, la gothique ? Etes-vous
capable d'assurer le service de l'église ? Avez-vous étudié le
chant religieux ? Savez-vous faire de l'encre ? Pouvez-vous faire
apprendre les multiplications ?
"
Un contrat fixe les conditions de l'engagement et
précise notamment la rétribution en argent, les jouissances de
maison, de jardin
Le régent de Servoz, en 1780, touche 16 livres avec
sa pension pour six mois d'école. A Avrieux, le maître d'école
de garçons reçoit 100 florins, la maîtresse n'a que 32 florins,
mais les fillettes paient une redevance. En 1783, le régent de
Montmélian reçoit annuellement 160 livres. Il demande 8 à 12 sols
par mois aux parents de ses élèves, pour la lecture et l'écriture.
Les salaires des maîtres d'école ne sont pas élevés,
mais ils ont des avantages en nature et se livrent à d'autres
occupations, comme écrivain public
Les maisons d'école sont rares. Les classes ont
lieu au presbytère, dans la maison du maître du maître d'école,
dans la maison léguée par un donateur."
-
Hudry M.,
, Découvrir l'histoire de Savoie, 1989

Extraits du Bulletin des Lois de la République Française.
(série 1 K)
Loi sur le Travail des Enfants et des Filles mineures
employées dans l'industrie, du 19 mai 1874 (extraits)
"Art. 2 : Les enfants ne pourront être employés
par des patrons ni admis dans les manufactures, usines, ateliers
ou chantiers avant l'âge de douze ans révolus.
Ils pourront être toutefois employés à l'âge de dix ans révolus
dans les industries spécialement déterminées par un règlement
d'administration publique rendu sur l'avis conforme de la commission
supérieure ci-dessus instituée.
Art. 3 : Les enfants, jusqu'à l'âge de douze ans
révolus, ne pourront être assujettis à une durée de travail de
plus de six heures par jour, divisée par un repos.
A partir de douze ans, ils ne pourront être employés plus de douze
heures par jour, divisés par des repos.
Art. 4 : Les enfants ne pourront être employés à
aucun travail de nuit jusqu'à l'âge de seize ans révolus.
La même interdiction est appliquée à l'emploi des filles mineures
de seize à vingt et un ans, mais seulement dans les usines et
les manufactures.
Tout travail entre neuf heures du soir et cinq heures du matin
est considéré comme travail de nuit.
(
)
Art. 6 : Néanmoins, dans les usines à feu continu,
les enfants pourront être employés la nuit ou les dimanches et
jours fériés aux travaux indispensables. (
)
Ces travaux ne seront, dans aucun cas, autorisés que pour des
enfants âgés de douze ans au moins."
Loi relative à la protection des Enfants employés
dans les professions ambulantes, du 7 décembre 1874 (extraits)
"Art. 1er : Tout individu qui fera
exécuter par des enfants de moins de seize ans des tours de force
périlleux ou des exercices de dislocation ;
Tout individu, autre que les père et mère, pratiquant les professions
d'acrobate, saltimbanque, charlatan, montreur d'animaux ou directeur
de cirque, qui emploiera, dans ses représentations, des enfants
de moins de seize ans,
Sera puni d'un emprisonnement de six mois à deux ans et d'une
amende de seize à deux cents francs.
La même peine sera applicable aux père et mère exerçant les professions
ci-dessus désignées qui emploieraient dans leurs représentations
leurs enfants âgés de moins de douze ans.
(
)
Art. 3 : Quiconque emploiera des enfants âgés de
moins de seize ans à la mendicité habituelle, soit ouvertement,
soit sous l'apparence d'une profession, sera considéré comme auteur
ou complice de délit de mendicité en réunion, prévu par l'article
276 du Code pénal, et sera puni des peines portées audit article.
Dans le cas où le délit aurait été commis par père, mère ou tuteur,
ils pourront être privés des droits de la puissance paternelle
ou être destitués de la tutelle."
Loi qui rend l'Enseignement primaire obligatoire,
du 28 mars 1882 (extraits)
"Art. 1 : L'enseignement primaire comprend
:
-
L'instruction morale et civique ;
-
La lecture et l'écriture ;
-
La langue et les éléments de la littérature
française ;
-
La géographie, particulièrement celle de la
France ;
-
L'histoire, particulièrement celle de la France
;
-
Quelques notions usuelles de droit et d'économie
politique ;
-
Les éléments des sciences naturelles physiques
et mathématiques ; leurs applications à l'agriculture, à l'hygiène,
aux arts industriels, travaux manuels et usage des outils des
principaux métiers ;
-
Les éléments du dessin, du modelage et de la
musique ;
-
La gymnastique ;
-
Pour les garçons, les exercices militaires
;
-
Pour les filles, les travaux à l'aiguille.
(
)
Art. 4 : L'instruction primaire est obligatoire
pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize
ans révolus ; elle peut être donnée soit dans des établissements
d'instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques
ou libres, soit dans les familles, par le père de famille lui-même
ou par toute autre personne qu'il aura choisie. (
)
Art. 6 : Il est institué un certificat d'études
primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront
se présenter les enfants dès l'âge de onze ans.
Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d'études
primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire
qui leur restait à passer."
Loi sur le Travail des Enfants, des Filles mineures
et des Femmes dans les Etablissements industriels, du 2 novembre 1892
(extraits)
"Art. 2 : Les enfants ne peuvent être employés
par les patrons ni être admis dans les établissements énumérés
dans l'article 1er avant l'âge de treize ans révolus.
Toutefois les enfants munis du certificat d'études primaires institué
par la loi du 28 mars 1882 peuvent être employés à partir de l'âge
du douze ans. (
)
Art. 3 : Les enfants de l'un ou l'autre sexe âgés
de moins de seize ans ne peuvent être employés à un travail effectif
de plus de dix heures par jour. (
)
Art. 10 : Les Maires sont tenus de délivrer gratuitement
aux père, mère, tuteur ou patron, un livret sur lequel sont portés
les nom et prénoms des enfants des deux sexes, âgés de moins de
dix-huit ans, la date, le lieu de leur naissance et leur domicile.
Si l'enfant a moins de 13 ans, le livret devra mentionner qu'il
est muni du certificat d'études primaires institué par la loi
du 28 mars 1882.

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