-

Archives départementales de la Savoie

ASSEMBLEE DES PAYS DE SAVOIE

Chemin de navigation
  • Sabaudia.org :

  • Archives départementales de la Savoie
  • Service éducatif
  • Artisans, commerçants et industriels au XVIIIe s.

  • Service éducatif de la Savoie

  • Présentation
  • Dossier " l'enfance aux XVIIIe et XIXe siècles"
  • Dossier "Artisans, commerçants et industriels au XVIIIe siècle"
  • Archives départementales de la Savoie

  • Contacts, heures d'ouverture...
  • Inventaires
  • Cartes Postales
  • Ouvrages
  • Cédéroms
  • Inscription
  • Réservation
  • Tarifs
  • Service éducatif
  • Quoi de neuf ?

  • Le cadastre en ligne
  • L'état-civil en ligne
  • Consultez notre base de données

  • Archives départementales de la Haute-Savoie

    Archives communales et intercommunales


    Assemblée des Pays de Savoie

    Lien vers le site du Conseil général de la  Savoie

    Lien vers le site du Conseil général de la Haute-Savoie

    Ce site est hébèrgé par le cri74

    Service educatif

    Dossier : "Des métiers et des hommes : Artisans, Industriels et Commerçants
    au XVIIIe siècle en Savoie"

    Introduction et avant propos / Plan et liste des documents / Notes / Bibliographie

    Marchands et commerçantsPage suivante Page précédente

    Document 13 :

    Inventaire des meubles et effets du Sieur Jean-François Crey, marchand cafetier et confiseur de Moûtiers, décédé le 13 février 1784, fait par Me Claude Muraz. (2C 2002, f° 386)

    Le document - Informations complémentaires - Suggestion d'utilisation du document - Recherche

    Transcription du document :

    Inventaire demandé par sa veuve, Marie-Brigitte Jay, tutrice de ses trois enfants mineurs.
    Expert : le Sieur Antelme Brodaz dit Fontaine, marchand cafetier à Moûtiers.

    Valeur totale des effets recensés : 2 999 livres

    Reprise ici uniquement des effets liés à son métier. Ne sont pas reprises les pièces "privées " (chambres et cabinets)

    Dans la salle du café :

    • six petites tables (plateau en noyer, pied en sapin), estimées 30 livres
    • cinq petites banquettes en sapin (5 sols pièce)
    • cinq tabourets en noyer avec pieds tournoyés (25 sols pièce)
    • douze tabourets en fayard, siège en paille (6 sols pièce)
    • une pendule avec sa caisse en noyer (60 livres)
    • un baromètre à gros tuyaux "avec son vif argent" (25 sols)
    • cinq cartes représentant l'Europe (12 sols et 6 deniers)
    • un poêle en fer avec onze tuyaux (8 livres)
    • cinq petites pantes* de rideaux "très mauvaises et très rapiécées" (35 sols)

    Dans la cuisine (où existe un four) entre autres :

    • un arrosoir pour confitures (5 sols)
    • un grand et un petit entonnoir de fer-blanc pour les biscuits (10 sols)
    • une pierre pour la moutarde avec ses fers (20 sols)
    • une bassine à confiture en cuivre rouge, pesant avec ses poignées de fer six livres (7 livres et 6 sols)
    • un petit fourneau à confiture pour entreposer la bassine, en fer (4 livres)
    • cinq palastres pour faire cuire les biscuits et un bassin très usé (1 livre et 5 sols)
    • deux douzaines de moules en fer-blanc pour les biscuits (12 sols)
    • 2 lames pour les biscuits et une petite seringue pour la"poulentaz"* (12 sols)
    • deux grandes terrines (12 sols pièce)

    Dans la salle qui sert de magasin entre autres :

    • dans le garde-robe : douze moules à chocolat (3 livres)
    • deux "terrats"* pour conserver le beurre (10 sols). Il y a dedans deux ou trois livres de beurre (27 sols)
    • une pierre et une couche en marbre, avec ses manivelles en fer, pour piler les amandes, le poivre, etc. (100 livres)
    • un pressoir à huile avec ses vis, noix" et autres choses nécessaires pour le pressoir" (4 livres)
    • deux tamis à tambour pour passer le poivre (30 livres)
    • un chocolatier "avec tous ses instruments, manivelles, balancier et autres" (120 livres)
    • 39 oranges, à 2 sols pièce (3 livres et 18 sols)
    • "un demi cent" de citrons (40 livres)
    • une balle de figues et raisons mêlés, pesant 85 livres, à 5 sols la livre (21 livres et 5 sols)

    Dans l'arrière-boutique entre autres :

    • cinq cafetières en fer-blanc, pour faire la polenta, pesant deux livres et demi (4 livres)
    • cinq cafetières en cuivre jaune (9 livres et 12 sols)
    • six bassines à confiture et à sucre, deux en cuivre jaune, quatre en cuivre rouge (24 livres)
    • une petite bassine et un bassin pour vider le sirop (6 livres)
    • un moulin à moudre le café, avec sa manivelle, "ayant sa coupe dessus en cuivre jaune (6 livres)
    • une petite poêle à moudre le café, une autre petite poêle et deux trépieds (1 livre)
    • 20 pots d'eau de vie du pays dans deux grands flacons recouverts de paille (7 livres 10 sols pour l'eau de vie + 4 livres pour les flacons)
    • 30 pots de vie de Provence, à 18 sols le pot (27 livres)
    • 124 pots d'eau de vie du pays, dans deux petits tonneaux (46 livres et 10 sols)

    Dans la boutique (à côté de la pièce ci-dessus) :

    • table "manière de contoir", à deux tiroirs (8 livres)
    • une douzaine de petites cuillères à café, en laiton (36 sols)
    • une douzaine de tasses à café, avec leurs soucoupes "où le verni en partie est deja loin" (36 sols)
    • douze bouteilles carrées vides, de liqueur de Turin (24 sols)
    • 6 bouteilles carrées pleines de liqueur de Turin, à 42,5 sols pièce (12 livres et 15 sols)
    • 62 livres de confiture liquide en différents pots de service et de verre, "consistant en abricots, poires, noix, groseilles, concombres, poivrons, haricots et autres" (55 livres et 16 sols)
    • 70 livres de confitures en différentes boites et six pesées différentes, tant grosses que petites (49 livres et 10 sols)
    • 8 livres d'anis à la reine (8 livres)
    • 10 livres de fruits confits à sec (10 livres)
    • 11 livres de confitures en dragées (7 livres et 14 sols)
    • 15 livres de chocolat commun à 18 sols la livre, et 2 livres de diablotin (15 livres et 6 sols)
    • 8 livres de macarons dans une boîte (3 livres)
    • 10,5 livres de moutarde fine, à 16 sols la livre (8 livres et 8 sols)
    • 2 livres de truffes noires sèches (4 livres et 10 sols)
    • 1 livre de sucre Candi (1 livre et 5 sols)
    • 3,5 livres de cannelle commune (3 livres)
    • 5 onces de cannelle fine (3 livres)
    • une demi-livre de clous de girofle (7 livres)
    • 2 livres de graines de girofle (14 sols)
    • 3 livres de poivre (6 livres et 12 sols)
    • 38 livres d'amande décortiquées (18 livres)
    • 8 livres de fleur de soufre en poudre, à 20 sols la livre (8 livres)
    • 10 livres de noix de Galles (30 livres)
    • 64 livres de café commun, dans deux sacs (64 livres)
    • 25 livres de café du Levant (50 livres)
    • 27 livres de sucre en neuf pains (22 livres et 19 sols)
    • 70 livres de cassonnade (38 livres et 10 sols)
    • 25 livres d'huile d'olive fraîche (25 livres)
    • 7 petites bouteilles, dites topettes, remplies de liqueur commune (50 sols)
    • 16 livres de polenta du pays (4 livres)

    Dans une petite pièce (entre le café et la boutique marchande) :

    • 60 tasses à café avec leur soucoupe en faïence à fleurs (12 livres)
    • cinq sucriers avec couvercle en faïence à fleurs (5 sols)
    • 48 petites assiettes en faïence (25 sols la douzaine, soit 5 livres au total)
    • 18 petites assiettes bleues en faïence (37 sols et 6 deniers)
    • 12 petites assiettes et 3 plus grandes (37 sols et 6 deniers)
    • 96 assiettes en faïence festonnées (12 livres)
    • 6 pots à eau en faïence (3 livres)
    • 180 tasses de faïence avec leur soucoupe (33 livres et 15 sols)
    • 6 sucriers de faïence avec leur couvercle (45 sols)
    • 4 plats ovales en faïence (30 sols)
    • 3 saladiers en faïence à fleurs, festonnés (37 sols et 6 deniers)
    • 3 autres saladiers festonnés sans fleurs (30 sols)
    • 12 tasses à fleurs, "peinture fine", soucoupes et sucrier de même (4 livres et 7 sols)
    • 6 compotiers de "faïence fine", ronds, festonnés, à fleurs rouges fines (5 livres et 8 deniers)
    • 4 autres compotiers "même nature", ovales (3 livres et 12 sols)
    • 10 verres à pied (15 sols)
    • 18 verres à liqueur à anses (45 sols)
    • 6 verres "a bavaroise" (15 sols)
    • 12 "verres doubles appelés casse-noisettes" (30 sols)
    • 6 verres à côtes (9 sols)
    • 2 carafes et 2 salières dont une en cristal, l'autre en faïence (15 sols)
    • 7 pots de chambre en faïence (56 sols)
    • 35 livres de poudre fine à poudrer (10 livres et 10 sols)
    • 3 bassins à barbe en faïence (20 sols)

    Cave :

    • 25 bouteilles de trois gevelots* doubles, pleines de vin blanc de Bourgogne (37 livres)
    • 48 bouteilles de gevelots doubles, pleines de vin de Bourgogne noir (96 livres)
    • 225 bouteilles de gevelots, vides et doubles (45 livres)
    • 1 tonneau de vin de St-Jean-de-la Porte, vieux, tenant environ six setiers* :
    • 5 setiers de vin à l'intérieur, à 20 livres le setier (100 livres)
    • tonneau en chêne (12 livres)
    • 1 tonneau de 4 setiers, en chêne, vide (10 livres)
    • 1 petit tonneau de 2 setiers, en chêne, rempli de vin du pays "de la Contamine" (vin : 12 livres + tonneau : 8 livres)
    • 1 tonneau de 5 setiers, en chêne, vide (14 livres)
    • 2 petits tonneaux à bière de 1,5 setier chacun, en chêne, remplis de vin de la Contamine (vin : 18 livres + tonneaux : 8 livres)
    • 1 petit tonneau de 2 setiers, en chêne, avec le même vin (vin : 12 livres + tonneau : 5 livres)
    • 1 paire de barils du setier, 30 sols
    • 2 gruyères vieillis pesant 40 livres les deux, à 7 sols la livre (la moitié est pourrie) (14 livres)
    • 1 gruyère de l'année dernière, pesant 35 livres (10 livres et 10 sols)
    • 2 grands flacons vides, recouverts de paille (3 livres et 10 sols)

     

    N.B. Le Sieur Jean-François Crey possède en outre une autre boutique du côté de la rue des Moulins.

     

    Vocabulaire :

    • Pante : tenture de rideau
    • Poulentaz : polenta
    • Terrat : terrine
    • Gevelot : un gobelet
    • Un setier : ancienne mesure de capacité pour les grains et les liquides, très variable d'une région à l'autre ; en Tarentaise, environ 72 litres.

     

    Sommet de la page

     

    Information complémentaires :

    Jusqu'au XIXe siècle, on désigne par le cabaret tout débit de boisson, tandis que le terme de café (utilisé dans ce document) est réservé à un genre d'établissement fréquenté par le beau monde. On y vient déguster le nouveau breuvage exotique qui lui a donné son nom, mais aussi du thé et du chocolat, de la confiserie et des liqueurs. Les dénombrements (Chambéry en 1791 par exemple) distinguent soigneusement les limonadiers, confiseurs ou cafetiers de la masse des cabaretiers.

    Le chocolat est apparu le premier en Savoie. Le 15 avril 1668, le maître aux comptes Aynard Carron en commande déjà six livres à Turin et il inscrit cet achat dans son registre sous la mention "socolata" pour adopter trois mois plus tard l'orthographe déjà francisée de "chocolata". Pendant plusieurs décennies, les nobles se procurèrent cette denrée coloniale à Genève ou à Turin. En 1691, la comtesse de Costa fait remettre elle-même à un marchand de Chambéry "toutte les drogues qu'il faut pour fere un rub de chocolatte". Du reste, pour le public raffiné, il s'agissait tout autant d'une décoction médicamenteuse que d'une boisson mondaine. En 1699 encore, le président du Sénat de Savoie assurait à une parente que le chocolat était "merveilleux pour raccommoder l'estomac", surtout si on l'accompagnait "d'une petite verrée d'eau fraîche".

    Un peu plus tardif, le succès du thé et du café n'est pas moins évident. Le service à café de faïence ou de "verre blanchi", la cafetière et la théière d'argent, d'étain ou de cuivre, sinon de fer-blanc, le moulin de racine de noyer répondent dans les inventaires aux achats de café et de thé mentionnés sur les livres de comptes des maisons nobles et des couvents. A Chambéry, à Annecy, dans la plupart des villes, la bonne société se fait très vite à ces nouvelles habitudes, signalées parfois de manière inattendue : ainsi, en 1695, au cours d'un procès en séparation de corps, l'épouse de maître auditeur Vibert, demeurant à Moûtiers, se plaint de ce que son mari, entre autres mauvais traitements, lui ait lancé "une caffetière contre la teste", preuve incontestable d'un usage devenu familier... (1)

    En une vingtaine d'années, la consommation de boissons exotiques se répand dans les milieux des notables roturiers. Dès 1720, le café est devenu courant dans les maisons bourgeoises. A la fois aliment et drogue excitante, les amateurs ne peuvent bientôt plus s'en passer. En voyage même, on emporte son nécessaire pour en prendre à l'étape : tasses, cafetière, réchaud et brûloir dans son étui. Son succès rapide, au moins en milieu urbain, se lit dans les inventaires des gens de tous les états, jusqu'aux petits marchands et artisans, gagnés en une génération. Après le dîner, on consomme le café noir ; avec du lait, il devient la boisson du lever, d'abord gourmandise de femme "le déjeuner ordinaire du sexe à Chambéry".

    Moins appréciés peut-être, en tout cas plus chers, le thé et le chocolat s'imposent plus lentement, mais dès 1730, ils entrent également dans les habitudes des notables les plus fortunés. Le thé passe très longtemps dans le public pour "un remède contre le rhume". (2)

    Le terme de confitures désigne les préparations confites, à base de sucre, de fruits ou de légumes, et de liqueurs, que l'on sert en toutes saisons à la fin des repas de gala (voir ici :"62 livres de confiture liquide en différents pots de service et de verre, "consistant en abricots, poires, noix, groseilles, concombres, poivrons, haricots et autres").

    Notes :

    • (1) Nicolas J., La Savoie au XVIIIe siècle. Noblesse et bourgeoisie, 1978, p. 349 à 353
    • (2) Nicolas J. et R., La vie quotidienne en Savoie aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1980, p. 193-194

     

    A propos de l'alimentation, vous pouvez consulter l'exposition "Boire et manger en Savoie".

    Sommet de la page

     

    Suggestion d'utilisation du document :

    • Classez par différents postes (alimentation, batterie de cuisine, vaisselle, mobilier...). Calculez la valeur de chacun de ces postes.
    • Que peut-on dire de la façon dont les choses sont entassées ?
    • Que pensez vous du prix du chocolatier (dans la salle qui sert de magasin). Comment peut-on expliquer ce prix ?
    • Trouvez d'autres choses qui vous paraissent chères.
    • Ce marchand se fournit-il uniquement sur place ? Donnez des exemples.

     

    Sommet de la page

     

    Recherche :

    • L'arrivée puis la diffusion des boissons exotiques (chocolat, café et thé) en Europe.

     

     

    Sommet de la page

     
    -

    Copyright ©1999-2009 - Tous droits réservés - Assemblée des pays de Savoie