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EXPOSITION
VIRTUELLE : |
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La commune de Bourg-St-Maurice compte trois églises : celle du hameau de Versoie, celle d’Hauteville-Gondon qui fait partie des Chemins du Baroque et, l’église principale, du chef-lieu, ainsi que plusieurs chapelles.
L’église Saint-Maurice L’histoire de cette église est intimement liée à celle du torrent impétueux de l’Arbonne qui causa à plusieurs reprises d’importants dégâts sur la commune. Une première église se trouvait en effet à proximité de ce torrent, au lieu-dit la Croix de saint Maurice, ce qui lui valut d’être pratiquement détruite par l’une de ses crues au XIVème siècle. Une autre fit alors place. Deux parchemins conservés dans les archives communales évoquent précisément la construction de cette nouvelle église. Ainsi, une reconnaissance faite par "…les maîtres charpentiers et maçons qui ont bâti la grande église de la ville de Bourg sur l'argent par eux reçu des communiers de la dite ville en l'an 1431…", ainsi que le prix fait du clocher de la paroisse de Bourg-St-Maurice daté lui, de 1434. En 1445 est attestée la présence de l’archevêque de Tarentaise à Bourg pour y consacrer une église désignée sous le vocable de la très sainte Vierge et de saint Maurice. Après plusieurs crues, le torrent de l’Arbonne engloutit entièrement, de 1630 à 1636, le quartier où se elle se trouvait. Un procès-verbal, qui daterait de 1636 est dressé lors de la visite du seigneur de Lambert. Celui-ci a fait le voyage depuis Chambéry afin de se rendre compte de l’ampleur du désastre et d’accorder éventuellement un dégrèvement des Tailles. Il constate alors, que de l’église, seules deux fenêtres et le haut du clocher restent visibles, le restant étant englouti sous la boue du torrent.
L’église actuelle… Cette église a été construite au XIXème siècle. Elle est de style néo-classique, ce qui est courant pour la période sarde. Sa construction est évoquée dans les registres de délibérations du Conseil municipal de 1833 à 1851, date de la complète réception des travaux. En 1833, le Conseil de fabrique fait en effet part au Conseil municipal de son souhait de faire des réparations dans un premier temps à l’église Notre Dame afin de la consolider car elle menace d’une ruine prochaine. Dans un deuxième temps, il demande qu’il soit projeté d’en reconstruire une autre, étant donné qu’elle est de toute façon trop petite dorénavant pour accueillir une population de 3200 âmes et qu’il s’agit d’un bâtiment qui restera toujours humide et malsain. Le projet de la nouvelle église est donc enclenché. L’année suivante, le Conseil décide d’envoyer quelques-uns de ses membres visiter des églises nouvellement construites, qui sont celles de Taninges, de Faverges et du faubourg Maché à Chambéry afin de s’en inspirer pour décider d’un plan. Cette dernière intéresse plus particulièrement le Conseil qui demande à l’architecte Chiron de dresser un devis. Puis l’affaire en reste là. En 1839, une délibération assez surprenante, prise le 20 mai, informe que dans le cadre du projet de maison commune (ou de mairie), le Conseil envisage d’utiliser l’ancienne église à cette fin "…considérant que le chœur et une partie de la nef actuelle seraient assez vastes pour contenir les appartements nécessaires pour la salle consulaire, les archives de la commune et un cabinet pour le secrétaire, deux salles pour l’école des garçons et celle des filles, la salle d’audience du Juge, les archives de la judicature et un cabinet pour Mr le Juge…" le surplus de la nef serait converti en place publique... Il est mentionné que des mesures doivent être prises pour les archives, "…le Conseil n’ignore pas que l’incendie de 1795 a dévoré les titres de la commune…" (car ils étaient mal protégés). Mais, tout est remis en question en 1843 et une demande
de nouveau plan est faite. Un devis estimatif et un projet sont établis
par l’ingénieur de la province Spurgazzi et sont adoptés
par le Conseil. L’ancienne église sera donc démolie mais son clocher, reconstruit vers 1810, fut conservé, ce qui explique son emplacement aujourd’hui. D’importants travaux de fondations seront faits pour améliorer la stabilité du terrain, ce qui retarda sa construction. L’église comprend une vaste nef voûtée en berceau et deux bas côtés au plafond plat. Le chœur en hémicycle est doublé d’un déambulatoire. L’entrée de l’édifice est bien mise en valeur avec l’utilisation du langage architectural néoclassique : un large portique sur toute la largeur de l’édifice en décrochement et couronné par une large corniche ; une serlienne surmontée d’un fronton triangulaire coiffe la nef centrale. A l’origine, le toit était recouvert de près de 70000 ardoises provenant d’Aigueblanche, selon le registre des délibérations municipales.
Certaines pièces du mobilier proviennent de l’ancienne église, mais les plus importantes ont été commandées spécialement pour la nouvelle. Ainsi peut-on remarquer une belle chaire sculptée réalisée en 1848 représentant les Evangélistes, qui est l’œuvre de Delponte, auteur également d’une belle façade sculptée d’une maison de la Grande rue. Le maître autel est l’œuvre de Gaggini, un artiste professeur de sculpture à l’académie des Beaux Arts de Turin, d’après les plans de Buzzi. Le registre de délibérations mentionne également l’acquisition en 1850 de deux tableaux qui doivent être destinés à décorer les autels des bas côtés dédiés à la Vierge et à saint Joseph.
Sources : Archives communales de Bourg-St-Maurice. Bibliographie : ALZIEU (B), ALZIEU-MARTIN (E) : Bourg-Saint-Maurice et ses environs. La Fontaine de Siloé. Bulletin municipal, n°1 1993. |