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L'agriculture dans les pays
savoyards
Auteur : A. MARNEZY - Niveau de lecture : Public |
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5- AGRICULTEURS A TEMPS PLEIN ET DOUBLES-ACTIFSLa pluriactivité a longtemps caractérisé l’économie des pays de montagne : elle constituait une réponse aux contraintes climatiques, géographiques et économiques. Cette saisonnalité a été renforcée par le développement du tourisme, d’abord concentré sur la saison d’hiver, puis étendu à la saison d’été et aux " petites vacances ". Pendant longtemps, le pluriactif était un " ouvrier-paysan " qui travaillait la journée dans les usines des vallées (usines métallurgiques notamment) et rentrait le soir pour une deuxième journée à la ferme. Actuellement, beaucoup ont une ou plusieurs activités liées le plus souvent au tourisme notamment l’hiver en station de ski. Il n’est pas facile d’estimer le nombre de pluriactifs car il n’existe pas de dénombrement systématique. Par ailleurs les chiffres que l’on peut obtenir ne tiennent pas compte des activités non déclarées. Dans un grand nombre de cas (38 % en Savoie, 50 % en Haute-Savoie), les paysans savoyards sont des double-actifs, c’est à dire qu’ils continuent d’exploiter une ferme généralement petite tout en ayant un emploi dans l’industrie, le tourisme ou l’administration. Ce sont dans les zones de haute montagne qu'ils sont les plus nombreux. La double activité a été fortement critiquée : double journée pour ceux qui s’y adonnent, concurrence déloyale faite aux agriculteurs à plein temps, conduite de l’exploitation extensive, délaissement des surfaces les plus difficiles à travailler, moindre soin aux cultures. C’est pour cela que les double-actifs furent longtemps évincés du bénéfices des aides à l’agriculture de montagne. On a fini par reconnaître que c’est grâce aux double-actifs que le déclin de la montagne avait été ralenti et qu’ils contribuent toujours au maintien agricole, démographique et paysager de la montagne. Cependant, en raison d'une plus grande technicité du métier, il est de plus en plus difficile de maintenir une activité agricole rentable. Beaucoup d'exploitations tenues par des double-actifs risquent de disparaitre dans les prochaines années. Petites, mal équipées, elle sont les premières victimes du développement. Elles restent pourtant sous l'oeil vigilant des pouvoirs publics notamment dans les secteurs ou la déprise agricole est forte. Ce sont souvent des exploitants soucieux de l'environnement qui maintiennent une agriculture "douce" et extensive.
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