Les maçons originaires du VAL SESIA
Ils arrivent dès 1614 à ANNECY, appelés par sainte JEANNE DE CHANTAL pour travailler à l’église de la Visitation. Ce sont J. DELEGLISE ou CHIESA et J. DELASAZ. Un troisième édifie le clocher d’ALLEVES en Albanais. Ils arrivent de la paroisse de La Riva qu’ils ont fui à cause du surpeuplement de ce village, désuni au Moyen Age de la paroisse mère de Scopa. Ils se précipitent sur le marché du travail savoyard et font souche, apportant leur pratique héréditaire de stuccateurs et reproduisant l’appareillage caractéristique des pays comasques, dans une Savoie qui ne manque pas de ce gypse dont on tire la gria, avec leurs plans schématisés qui s’adaptent bien à la Savoie. Ils apparaissent en Tarentaise à l’appel de LOUIS BILLIOT qui ne peut pas faire face à tous les chantiers qui s’ouvrent, et ils oeuvrent séparément ou en équipe. Excluant le Beaufortain, ils vont déborder de la Tarentaise sur le Val-Mont-Joie et le Haut-Faucigny. FRANCOIS-ANTOINE GABBIOZ, maçon de La Riva, s’aventure en Maurienne où il construira le vestibule et la tribune de l’église de TERMIGNON en 1715-1717. Quelques décennies plus tard, l’entrepreneur BASSO, fera fortune à BOURG-SAINT-MAURICE en travaillant aux routes et aux châteaux dans les années 1774-1776.
1°-GRAULA ou GRALLO Pierre
Originaire de La Riva, il apparaît en 1672 à BELLENTRE où il reconstruit la nef pour 3600 florins avec les frères JEAN et JACQUES GENETTA, puis en 1683 à CHAMPAGNY-LE-BAS avec NICOLAS CALCIAZ, et en 1691 à SAINT OYEN où il reconstruit la nef avec ses pilastres et chapiteaux ioniques.
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58 : vue interne de Saint-Oyen
PHOTO 59 : chapiteau ionique de Saint-Oyen
2° Les CHIESA, DEGLISE ou DELEGLISE de La Riva
LA VOGNA JEAN
ROSSO ou ROUGE Pierre
Les JANETTA
Les MATOLO ou MATHOLE de Riva Valdobbia, ou MATHIEU
-Les CHIESA arrivent dans les premiers. D’abord ALBERT CHIESA, puis PIERRE CHIESA, constructeur de l’église de THÔNES en 1696 avec JEAN LA VOGNA. ANTOINE CHIESA oeuvre en 1676 à MÂCOT avec LOUIS BILLIOT, JEAN ROUGE et JACQUES JANETTA. ALBERT DELEGLISE est à BOZEL en 1701 avec PIERRE ARCIN et FELIX MICHEL. En 1707-1713, ANTOINE et son fils PIERRE CHIESA construisent l’église de DOMANCY. En 1714 ANTOINE et JEAN-BAPTISTE
DELEGLISE, installés à AIGUEBELLE où ils ont fait souche, travaillent au clocher de la collégiale Sainte-Catherine de RANDENS, et, entre 1722 et 1724 ALBERT et PIERRE DELEGLISE, parents du curé du lieu, le Révérend Cosme-François DELEGLISE, contruisent l’église de CHÂTEAUNEUF, un projet de 1708 retardé par la guerre, comme à CONFLANS.
-JEAN LA VOGNA construira les églises de SAINT-GERVAIS en 1696, NOTRE-DAME-DE-LA-GORGE en 1699 et CHAMONIX, 1709, où il assisté de PIERRE ROUGE et ANTOINE JANETTA ou GIANETTI ou GIANETTA, que l’on trouve à AGENTIERES en 1722 avec JEAN-MARIE MATOLO ou MATHOLE. En 1730 MICHEL MATOLO construira l’église des HOUCHES, et en 1780-1781, JEAN-PIERRE MATHOLE construit une des dernières églises haut-savoyardes, celle de CORDON.
3°Les GUALINO, maîtres-maçons de Sostegno
Ce sont DOMINIQUE, JEAN-BAPTISTE, JOACHIM et CHARLES. DOMINIQUE , qui a travaillé à MARTIGNY en Valais, est le maître d’oeuvre de la petite église de VALLORCINE (1755-1757), de la chapelle de BIONNASSAY (1757) et de l’église des CONTAMINES-
MONTJOIE. Avec son frère JOACHIM ils dessineront le retable en marbre de l’église de BONNEVILLE.
Les hommes de l’art originaires de la vallée du Giffre
Parmi eux l’on connaît :
-AIME RIONDEL et son équipe de maçons originaires de SAMOËNS travaillent en 1683 à QUEIGE, et à Notre-Dame-de-la-Vie à SAINT-MARTIN-DE-BELLEVILLE, SALLANCHES, puis MANIGOD en 1688.
-JEAN ROUGE
-FRANCOIS ROUGE tailleur de pierres de SAMOËNS travaille en 1758-1760 à l’église d’HERY-SUR-UGINE
-CLAUDE-NICOLAS DEPLACE, de SAMOËNS, oeuve en 1699 à la reconstruction de l’église de CHAMPAGNY-LE-BAS
-JACQUES DESNOÏER ou DUNOYER, de SAMOËNS, est le ferblantier-charpentier qui réalise en 1776 le clocher à écailles de l’église de PEISEY-NANCROIX
-JACQUES REY, de NEUVY-SUR-CLUSES en Faucigny, maître-potier et ouvrier en fer blanc réalise les clochers de Notre-Dame-de-la-Vie à SAINT-MARTIN-DE-BELLEVILLE en 1698 et de CHAMPAGNY-LE-BAS en 1701. Son fils JACQUES REY travaillera en 1727 à MOÛTIERS.
On pourrait encore citer CLAUDE ANGION (SAINT-GEORGES-DES-HURTIERES en 1740), CLAUDE ANTOINE, les GOTTUAZ de SAMOËNS, installés en 1724 en Tarentaise, ou les PONTET et les TRONCHET, de Morillon, installés à Aiguebelle ou Epierre au début du XVIIIe siècle. . . .