CLAPPIER Jean, de BESSANS et ses suiveurs (S)

JEAN CLAPPIER des Vincendières, né aux alentours de 1575, chef d’une longue lignée de sculpteurs, apparaît à TERMIGNON, où l’on situe son oeuvre la plus ancienne, le grand calvaire de la poutre de gloire daté de 1624, puis le retable de la chapelle Saint-André. Il travaille à l’ancienne. Son style est archaïque, il n’utilise pas la colonne torse, mais, encore fidèle à la tradition gothique, il travaille les retables en triptyques et les Trinités en Trônes de Grâce, sculpte des Educations de la Vierge, ces "seldbritt" à trois personnages se référant à la génération grand-maternelle du Christ. Son iconographie est encore pré-tridentine. Sa dernière oeuvre (volée en 1976) est la statue de Notre-Dame-des-Grâces dans la chapelle du même nom à BESSANS. On pensait qu’il avait fait son apprentissage au MELEZET, mais il paraît à présent probable qu’il ait séjourné en Espagne septentrionale, ce qui aurait influencé son oeuvre. Il mourut en 1646. Sa seconde oeuvre connue, après le Rosaire de LANSLEVILLARD est l’admirable polyptyque en bois sculpté de saint Thomas Beckett, datant de 1626, dont deux panneaux sont placés au revers de la porte d’entrée interne de l’église d’AVRIEUX (1660-1719, consacrée 15 mai 1678 par Mgr Berzetti). C’est un vestige du retable de la première église, séparée en 1532 par Mgr de Gorrevod de celle du BOURGET.

Les nombreux disciples de CLAPPIER et ses propres descendants essaimèrent en Maurienne. Ce sont les REY père et fils, leurs suiveurs ROSAZ, FLANDIN et SIMOND. Ils interdirent le marché mauriennais à leur confrère ETIENNE FODERE. JEAN REY (1632-1723), l’aîné des onze enfants de CLAUDE REY, fut un sculpteur reconnu, auteur d’un Traité d’architecture non sans valeur, qui fixait les règles des rétables et offrait un très élégant dessin de colonne torse. Il forma BERNARD FLANDIN et SEBASTIEN ROSAZ de Termignon et JEAN SIMOND de Bramans, qu’il qualifie de "valets" en 1686-1687, lors de la réalisation du nouveau retable du Rosaire de LANSLEBOURG. Ils ont tous travaillé en Val de Suse, surtout à GIAGLIONE, où une exposition d’art sacré permanente présente certaines de leurs oeuvres.

PHOTO 60 : Rosaire de Sollières par ROSAZ (1714)