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PATRIMOINE BAROQUE RELIGIEUX EN SAVOIE ET HAUTE-SAVOIE
Auteurs : Michèle et Edmond Brocard-Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE

JEUNE PUBLIC


TOUS PUBLICS
  • I-1 Du gothique au baroque en passant par le classicisme
  • I-2 Les composantes du baroque
  • II-1 Le monde "du dehors" et le monde "du dedans"
  • II-2 L'époque et les circonstances
  • II-3 Les décideurs
  • II-4 Les gens du métier
  • II-5 Art baroque savoyard ou alpin ?

  • EXPERT

    ANNEXES
  • Notes
  • Bibliographie
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    II-3 Les décideurs

    II-3-1 Les nouveaux ordres religieux

    La réforme monastique et les ordres religieux nouveaux issus de la Réforme catholique eurent une influence prépondérante. Le premier à exercer une influence fut FRANCOIS DE SALES, soutenu par les frères mendiants capucins dans sa lutte contre le Protestantisme, puis au travers de sa création de l’ordre féminin de la Visitation, confié à JEANNE DE CHANTAL. En 1599, François de Sales crée la "Sainte-Maison " de THONON, un établissement d’enseignement supérieur destiné aux protestants convertis, université catholique capable de rivaliser avec celle de GENEVE. La chapelle Saint-Hippolyte en devient la chapelle. L’édifice est agrandi vers 1650. Sa vaste nef flanquée de bas-côtés ouvre sur un avant-choeur étranglé précédant un sanctuaire dont l’abside pentagonale est précédée d’une travée droite. Entre 1675 et 1698, sous le sixième Préfet de la Sainte-Maison, Joseph-Marie Rossillon de Bernex (parent de Michel-Gabriel de Bernex, évêque de 1697 à 1734), la chapelle reçoit des peintures murales relatant des épisodes de la Vie du Christ et un décor stuqué sur les voûtes et les faux pilastres de la nef (actuellement en cours de restauration).

    Les capucins, outre "l’incontournable" Père CHERUBIN de Maurienne qui seconda le futur saint dans son apostolat contre les Protestants dès 1597, furent très actifs en Savoie. Ils représentent l’une des trois branches de l’ordre franciscain, formée en Italie en 1528 en rompant avec le mouvement de l’Observance. Ils s’adressent à des gens peu ou pas christianisés. Ils arrivent à COGNIN en 1575, en même temps que les jésuites à CHAMBERY, sur l’initiative de saint CHARLES BORROMEE (1538-1584) qui demande au R. P. Mathias de Salo de négocier leur venue auprès du duc EMMANUEL-PHILIBERT. Ils s’installent ensuite à MONTMELIAN en 1586, SAINT-JEAN-DE MAURIENNE en 1580, appelés par Mgr Pierre de LAMBERT, ANNECY en 1592, THONON en 1608, RUMILLY en 1612, SAINT-JULIEN en 1615, LA ROCHE en 1617, et enfin à SALLANCHES en 1619. Animés d’un ardent dynamisme apostolique, les capucins méritent notre attention. En Savoie, ils se sont montrés les meilleurs propagandistes de la Réforme catholique avec l’implantation des confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement, comme auxiliaires sur le terrain des dominicains. Ces prédicateurs étaient des "apôtres du peuple" partant "en mission" à la conquête du terroir. Leur arme absolue était une affirmation solennelle du dogme catholique sur trois journées dédiées à la pénitence, les "Quarante Heures", avec des cérémonies solennelles devant le Saint-Sacrement, une profusion d’éléments visuels, processions en costume, représentation de scènes bibliques dans une église décorée de manière"paradisiaque", enfants déguisés en angelots, jeunes filles de blanc vêtues, cierge à la main. Ajoutons à cela les cinq prédications rituelles, sermon instructif, méditation, conférence, catéchisme et sermon "pathétique", et l’on s’aperçoit que les capucins ont été comme les jésuites les meilleurs promoteurs de l’art baroque en jouant sur les réactions émotionnelles et sensorielles de leurs catéchumènes. Mais en Savoie, ils ont aussi construit. En effet, du couvent de SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE fondé par Mgr de LAMBERT, est issu le Frère ROCH, un capucin-bâtisseur actif entre 1643 et 1680, à qui l’on doit les plans de deux églises de Maurienne, MONTROND (1674) FONTCOUVERTE (1675-1680), réalisée avec l’aide d’un stuccateur de Suse, DOMINIQUE BLANC. Ce dernier reconstruisit le choeur et la sacristie de l’église de MONTDENIS (Prix Fait du 14 août 1678), on lui doit la corniche d’ordre dorique, la frise et les chapiteaux, et la rose au milieu du bonnet, entre choeur et nef.

    La fondation à ANNECY de l’Ordre de la Visitation par FRANCOIS DE SALES en 1610 ne crée pas seulement un genre de vie religieuse nouveau, elle est se révèle novatrice au niveau de la création architecturale. En 1614 la Mère JEANNE DE CHANTAL confie à deux maîtres-maçons de la Val Sésia, la tâche de la modeste église de la Première Visitation : ce sont J. CHIESA ou DELEGLISE et J. DELASAZ. Un troisième valsésian est appelé à ALLEVES en Albanais pour reconstruire le clocher. Ce sont les premiers venus d’un afflux qui ne fera que s’amplifier .

    Les jésuites sont appelés à CHAMBERY par le duc EMMANUEL-PHILIBERT et c’est le duc CHARLES-EMMANUEL Ier qui posera la première pierre de leur église Notre-Dame en 1599. Leur influence comme décimateurs se fera fortement sentir dans la construction aux alentours de Chambéry jusqu’à leur expulsion de Savoie en 1773. Mais, dans les années 1670, l’archevêque de Grenoble Etienne Le Camus, en charge du Décanat de Savoie, est en butte aux jésuites, d’autant que ceux-ci ont à leur tête deux frères de l’archevêque de Tarentaise, des Milliet de Challes, qu’il empêchera de fonder une Université à Chambéry.

    A ce premier stade du renouveau de la Réforme catholique, Les trois premières églises que l’on peut qualifier de " baroques" en Savoie, sont celles de:

    -Notre-Dame à CHAMBERY, l’église des jésuites, dont le R. P. MOREAU, disciple et émule du R. P. ETIENNE MARTELLANGE de Lyon, dirige les travaux entre 1625 et 1630, appuyé par CHRISTINE DE FRANCE. Commencée en 1599, elle ne sera terminée qu’en en 1646, après bien des difficultés. Avec sa coupole, ses gypseries, sa façade à pilastres rapprochés, elle inaugure l’art nouveau en Savoie, suivie de près par

    -ANNECY, l’église Saint-François-de-Sales ou de la Visitation-CHAMBERY, la Sainte-Chapelle du château, dont la façade de 1665, sur des plans du comte AMEDEO CASTELLAMONTE (1610-1683), fut plaquée sur la nef gothique de 1409-1475, sur ordre de la duchesse CHRISTINE DE FRANCE. FRANCOIS CUENOT y a beaucoup travaillé.

    Ces trois édifices ont en commun une façade tripartite à double étage, elles sont terminées par un fronton triangulaire sec, orné ou non d’éolipiles (pots à feu). Elles dérivent de la seule façade d’église Renaissante que nous possédions, celle de la cathédrale d’ANNECY, datée de 1535, due à l’architecte faucignerand JACQUES ROSSEL. (voir le dossier Patrimoine GOTHIQUE)

    PHOTO 30 : des 4 façades

    II-3-2 Les princes

    Madame Royale, soeur de LOUIS XIII, la régente CHRISTINE DE FRANCE , épouse de VICTOR-AMEDEE Ier, exerça une influence indéniable et immédiate sur l’art de cour et l’art tout court dès son arrivée à Turin. Elle était entourée de deux jésuites, MONOD, le confesseur de son époux, et le lyonnais MENESTRIER. Elle fit venir en Savoie l’architecte sculpteur FRANCOIS CUENOT chassé par la Guerre de Trente-Ans. La duchesse prit l’inittiative d’instituer la "Congregazione od Università dei Pittori, scultori ed architteti", agrégée dès 1675 à la Royale Académie Saint-Luc à Rome. Cette fondation accueillit de jeunes artistes piémontais aux frais du gouvernement de Turin. On peut supposer que le premier connu des peintres DUFOUR de Maurienne, en bénéficia.

    VICTOR-AMEDEE II (1675-1730), petit-fils de Madame Royale, achève la reconstruction des églises de Tarentaise, car il se produisit entre 1703 et 1727 une longue vacance dûe à l’occupation française et au conflit avec la Cour de Rome qui suivirent le décès de l’archevêque Milliet de Challes, ce qui permit au prince d’employer les énormes revenus du diocèse pour finir de réparer et bâtir toutes les églises et clochers de Tarentaise. C’est un cas unique.

    II-3-3 Les évêques post-tridentins, les prêtres et les paroissiens

    A l’aube du XVIIe siècle, les églises paroissiales sont en piteux état. L’insécurité a tari les chantiers. Les dernières restaurations remontent au XVe siècle, quand l’édifice ne date pas de l’époque romane. Certains sont encore couverts de chaume. Le système de la commende est passé par là, les patrons n’ont pas entretenu les édifices dont ils avaient la charge, décimateurs pour le choeur, fidèles pour la nef. Beaucoup de communiers sont patrons de leur église, mais le XVIIe voit apparaître des évêques réformateurs à la forte personnalité qui vont entraîner les fidèles sur la voie de la rénovation morale et matérielle. Les émigrés participent, donnent l’élan, comme lors de la création de la paroisse de LA GURRAZ, démembrée de VILLAROGER le 29 octobre 1714 sur autorisation du Sénat et consacrée le 25 juillet 1729. Les frères BORRELLET, Pierre et Jean, de riches négociants à Turin, prirent en charge le salaire du prêtre (500 florins annuels) et le dédommagement du curé de VILLAROGER (50 florins). Certains prêtres prennent l’initiative de la reconstruction, à l’instar du Rd DUCLOS, protecteur du sculpteur FODERE, à SEEZ en 1680.

    Un vaste mouvement de reconstruction déferle sur la Savoie à partir des années 1650, sur un rythme très inégal, selon le diocèse. Mais l’élan est donné par la Maurienne dès les années 1615, La Tarentaise suit, quoiqu’en 1678 le diocèse de Genève n’ait connu que onze réaménagements importants. La période est faste en Maurienne et Tarentaise de 1660 à 1745, le diocèse de Genève se réveille entre 1679 et 1730: trente-cinq églises neuves, trois églises conventuelles nouvelles et sept aménagements. L’élan retombe, il n’y aura que quinze constructions nouvelles en Haute-Savoie et trois réaménagements entre 1760 et 1784, quasiment rien en Savoie du Sud. Les églises dites baroques sont beaucoup plus nombreuses en Savoie qu’en Haute-Savoie. Mais partout, l’on constate les mêmes différences entre l’avant-pays, pauvre et assujetti à ses seigneurs, et la montagne plus riche et plus autonome, et, selon le diocèse, comme aux époques antérieures.

    Maurienne et Tarentaise sont gérées par des evêques-comtes dotés du pouvoir temporel. Le diocèse de Genève-Annecy a été amputé de sa partie nord et a failli perdre le Chablais lors de l’arrivée de Calvin à Genève. Ses évêques s’emploient à lutter contre l’infiltration protestante. Les évêchés de Belley et de Grenoble essaient de tenir le bas-pays et la région chambérienne, l’effort baroque ne les touche pas.

    L’impulsion est donnée par la Maurienne, où, dès 1615, malgré le désastre de la grande peste et les passages de gens d’armes qui écument le pays, une période de reconstruction intensive débute, avec deux ateliers de sculpteurs locaux, les CLAPPIER de BESSANS, dès 1626, puis les PORTE et BERTRAND qui emploient exclusivement la colonne torse, et leurs suiveurs. Les CLAPPIER formeront les REY qui formeront à leur tour les ROSAZ, FLANDIN et SIMOND. Ils vont si bien vérouiller le marché de la sculpture religieuse en Maurienne qu’un autre bessanais, ETIENNE FODERE sera contraint de s’expatrier en Tarentaise, et que les remarquables Valsésians MOLINO et TODESCOZ, n’exécuteront qu’un seul retable en Maurienne et devront s’installer en Tarentaise . La Maurienne se suffit à elle-même, et ses artistes passent le Mont-Cenis pour aller travailler en Val de Suse, particulièrement à GIAGLIONE.

    II-3-3-1 Les évêques de Maurienne

    Mgr Pierre de Lambert

    Du 21 novembre 1567 à 1591 siège le premier évêque stable d’un diocèse qui n’a pas été inspecté depuis Mgr de Gorrevod. Il installe à SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE un couvent de capucins en 1580, crée le Collège Lambertin, restaure le palais épiscopal et la cathédrale, visite le diocèse en 1571 et esquisse la réorganisation tridentine. Haut-savoyard chassé de GENEVE par CALVIN, sa famille possède une chapelle dans l’église Saint-Maurice des Dominicains d’ANNECY, ville où son parent François de LAMBERT a installé les célestins. (voir le dossier Patrimoine GOTHIQUE).

    Mgr Philibert Milliet de Faverges

    est le neveu et coadjuteur de LAMBERT à qui il succède de 1591 à 1619. D’abord abbé commendataire de l’abbaye cistercienne d’AULPS, il est arrivé à SAINT-JEAN en 1590. Il visite le diocèse de 1591 à 1594, mais la guerre fond sur la Maurienne (Henri IV, Lesdiguières). La ville est prise, la vallée occupée par les Français. Il se réfugie à Turin, ne revient en Maurienne qu’après la Paix de Vervins en 1598. Les hostilités reprennent dès 1600. Cette fois, la Tarentaise est occupée elle aussi. En 1610, Henri IV est assassiné, et le retour de la paix donne à Milliet l’occasion de mettre enfin en oeuvre les prescriptions du Concile de Trente. Il résilie son évêché dès 1618 et meurt archevêque de Turin en 1625. Sous son épiscopat on assiste à la toute première restauration d’église, elle a lieu en Maurienne, à LANSLEBOURG.

     

    Mgr Charles Bobba

    L’évêque suivant, de 1618 à 1636, est un noble du Montferrat, comme l’archevêque de Tarentaise Anastase GERMONIO. Il a été baptisé par CHARLES BORROMEE. Il entame ses Visites pastorales en 1622, mais la grande peste de 1630 et l’invasion des forces de LOUIS XIII l’arrêtent dans son élan. En 1625 est reconstruite l’église Saint-Michel de LANSLEVILLARD, juste après LANSLEBOURG, au pied du Mont-Cenis. On complète le vieil édifice consacré le 17 juillet 1532, qui sera reconsacré en 1627. Son dôme-lanterne ne date que de 1812. C’est ici que se situe le plus ancien retable conservé de Savoie, celui de l’autel du Rosaire, côté Evangile. En 1627, Mgr Bobba consacre aussi l’église de SARDIERES, mais elle sera reconsacrée en 1677 par Mgr Berzetti après exhaussement du choeur et construction de la coupole en 1637

    Mgr Paul Milliet de Challes

    Le prélat qui s’installe de 1636 à 1658 est le neveu de Phiibert Milliet de Farverges . Sous son

    épiscopat on voit construire, reconstruire ou parfaire un certain nombre d’églises, comme SAINT-MARTIN-LA-PORTE en 1647, AUSSOIS en 1648, les premiers travaux de reconstruction à TERMIGNON entre 1653 et 1656, donnés à NICOLAS et FRANCOIS FRANQUIN, la chapelle de Notre-Dame-des-Neiges à AVRIEUX en 1656. Tout ce secteur montagnard va se doter en quelques décennies d’églises à coupoles sur le choeur : VILLARODIN, LE BOURGET, AUSSOIS, AVRIEUX, SARDIERES, FONTCOUVERTE, ALBANNE, et MONTGELLAFREY. Des édifices à peine consacrés ont été exhaussés, comme pour le choeur et sa coupole de SARDIERES en 1637, tandis que l’église de LANSLEBOURG recevait en 1637-1638 un maître-autel sculpté par JEAN CLAPPIER et JEAN REY, qui fut replacé à droite dans l’église néoclassique de 1831-1870.

    Mgr Hercule Bezetti

    s’installe sur le siège de Maurienne de 1658 à 1686. Ce constructeur acharné est un ancien soldat d’une famille illustre qui se prétend issue des anciens comtes de Byzance, prélat de la Maison d’Alexandre VII, patrice et sénateur de Rome. La construction d’églises s’intensifie. En 1660, on confie à PIERRE PORTE les travaux de l’église à nef unique d’AVRIEUX, réalisés à la suite d’un voeu de jeûne fait par la paroisse lors de la grande peste de 1630, voeu heureusement commué en travaux en 1649. On s’inspirera de l’église d’AUSSOIS. Le choeur est exhaussé en forme de dôme ou de coupole pour 712 florins. PORTE travaille avec un autre maçon d’AVRIEUX, PIERRE BERTRAND. L’église est consacrée en 1678 par Mgr Berzetti. En 1661, c’est BRAMANS qui est en travaux. Les chantiers prennent de l’ampleur : entre 1666 et 1682, l’église à nef unique et forme de croix latine de VALLOIRE est reconstruite par les fondements en pierres grises du pays, avec son décor de gypseries de VIZZERA; elle est consacrée le 22 juillet 1682 par Mgr Berzetti dont on voit les armes à la clé de voûte.

    PHOTO 34: détail des gypseries de l’ église de Valloire

    Suivront les églises de VILLARODIN en 1666, avec son vestibule, sa nef unique, et sa coupole sur le choeur, de TERMIGNON, dont le choeur est modifié en 1669, lorsque son chevet hémi-circulaire devient rectligne et les nefs latérales construites entre 1670 et 1674 avec ouverture d’arcades par des maçons locaux, le tout pour 1080 florins, tandis que la réalisation de la corniche est confiée au "maître-sculpteur à plâtre" piémontais DOMINIQUE BLANCH de Montpantier, ce qui lui vaut d’être reconsacrée par Mgr Berzetti. AVRIEUX reçoit son collatéral nord en 1670 et MONTPASCAL est en chantier en 1671. Des coupoles sont élevées sur les choeurs de SARDIERES, par PIERRE PORTE, en 1673, et ALBANNE, entre 1675 et 1681. L’année 1677 est une année marquée par de multiples consécrations, dont celle de TERMIGNON, à qui ne manquent plus que le vestibule et les tribunes. Le choeur de l’église du CHÂTEL est couvert sur les plans du capucin ROCH. En 1680, FONTCOUVERTE reçoit aussi une coupole sur le choeur, mais ne sera consacrée qu’en juin 1680.

    A présent que les "enveloppes" des églises sont bien avancées, on se préoccupe de les meubler. C’est ainsi que la paroisse de SOLLIERES passe le 15 août 1680, pour 1170 florins, un prix-fait concernant la réalisation du retable du maître-autel confié aux Valsésians MOLINO et TODESCOZ.

    PHOTO 35 : maître-autel de Sollières: les anges

    AVRIEUX est pourvue d’un maître-autel (prix-fait du 18 juin 1673, pour 800 florins) confié à AUGUSTIN et PIERRE BERTRAND, avec LAURENT PORTAZ, qui réaliseront également le retable du Rosaire en 1677. TERMIGNON commande son maître-autel le 25 avril 1675 à CLAUDE et JEAN REY, pour 840 florins, avec une toile centrale due au pinceau de GABRIEL DUFOUR , qui peindra également la toile du maître-autel d’AVRIEUX en 1682.

    PHOTO 36 et 37 détails du maître-autel de Termignon

    Mgr François-Hyacinthe Valpergue de Masin

    Mgr Valpergue de Masin succède à Mgr Berzetti en 1686, et occupera le siège de Maurienne jusqu’en 1741. Ce prélat porte le prénom d’un fils de VICTOR-AMEDEE Ier qui ne vécut guère. Il consacrera plus de vingt églises. Natif de Turin, protégé par LOUIS XIV, aumônier de SAR JEANNE-BAPTISTE DE SAVOIE-NEMOURS, il commence ses Visites pastorales en 1688 par la Basse-Maurienne, peu visitée, dont la situation de pauvreté est grande. Interrompues par la guerre de la Ligue d’Augsbourg, les Visites reprennent en 1700, de SAINT-MARTIN-LA-PORTE à BONNEVAL-SUR-ARC, rédigées en français, cette fois, et non en latin, beaucoup plus détaillées. Il vérifie l’état matériel et moral des confréries, érige et agrège celles qui ne le sont pas canoniquement. La période est troublée. La Maurienne subit deux occupations et souffre du passage incessant des troupes. En 1720, malgré une nouvelle épidémie de peste, la reconstruction continuera. Lorsque le Révérend curé Damé arrive à AVRIEUX où tout est presque terminé, il fait en 1687 exhausser la nef centrale et ériger la tribune pour les confrères du Saint-Sacrement par ETIENNE et CYPRIEN BERTRAND. Les paroisses d’AUSSOIS et d’AVRIEUX ont été la chasse gardée des PORTE et des BERTRAND associés, et ont vu les débuts des DUFOUR. A ORELLE, le 16 mai 1714, on donne à prix-fait pour 1400 florins le retable du Rosaire avec ses colonnes corinthiennes, et non torses, à JEAN-BAPTISTE BERTRAND d’AVRIEUX, le sixième de sa lignée, et la toile sera un DUFOUR. L’église à nef unique de MONTGELLAFREY reçoit une coupole sur le choeur en 1698. Les travaux d’AITON débutent en 1704, et ceux de CHÂTEAUNEUF de 1707 à 1724. AITON donne à prix-fait le 14 mai 1704 la reconstruction de son église au maître-sculpteur PIERRE AMADIO et au maître-maçon de Lugano HEUSTACHE LIBERAL pour 4500 florins. Les aléas politiques ne permettent pas de construire rapidement. On le voit pour CHAMOUSSET ou CONFLANS , en Tarentaise. L’église de MONTPASCAL qui datait de 1490, est agrandie en 1719.

     

    A cette époque, on commence à reconstruire des chapelles. La seconde chapelle Notre-Dame-des Grâces de JARRIER, à Cheloup, de 1693, reçoit un nouveau retable en 1734. La chapelle Notre-Dame-de-la-Salette (vocable du XIXe siècle) de FONTCOUVERTE est dotée d’un superbe plafond décoré par JOSEPH DE DOMINIQUE.

    Mgr Ignace-Dominique Grisella de Rosignan

    de 1741 à 1756, après une vacance de cinq ans due aux tensions entre le roi et la Cour de Rome.

    Mgr Charles-Joseph-Filippe de Martiniana

    un turinois qui sera transféré à Verceil, qui siège de 1757 à 1779. Sous son épiscopat est reconstruite sur ses bases romanes l’église de MONTVERNIER. Martiniana introduisit en 1771 en Maurienne, sinon en Savoie, le prototype du néoclassicisme avec le portique d’entrée à arcades et fronton de la cathédrale de SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE, dû aux architectes turinois NIGRI et PARACCA à la demande du roi CHARLES-EMMANUEL. C’est probablement de cette époque que date la création, dans un réduit de 2,70m sur 2m, de la minuscule chapelle des Fonts

    baptismaux de la cathédrale, un pur joyau baroque dans un édifice romano-gothique, tandis que Mgr Martiniana faisait refaire en pur baroque piémontais la décoration de son palais épiscopal.

    PHOTO 40 et DESSIN 40’ : chapelle des Fonts à Saint-Jean-de-Maurienne

     

    Mgr Charles-Joseph Compans de Brichanteau

    sera le dernier évêque à siéger avant que la Révolution française ne sévisse en Savoie, de 1780 à 1796. La veine constructrice baroque est tarie, malgré plus de vingt édifices neufs en 1792.

     

    II-3-3-2 Les évêques de Tarentaise

    Après le terne épiscopat de Mgr Jean-Philippe de Groslée, le diocèse de Tarentaise est confié à :

    Mgr Jérôme de Valpergue de 1560 à 1573, puis à

    Mgr Joseph Parpaglia de 1573 à 1598

    Mgr Jean-François Berliet de 1598 à 1607

    Berliet est baron du Bourget, propriétaire de l’ancien château de Thomas II. Sous son épiscopat, Lesdiguières démantèle Conflans, brûle les archives, profane des églises. Rien ne va vraiment se passer avant l’arrivée de deux fortes personnalités :

    Mgr Anastase Germonio

    Ce Montferratain né à Sale près de Céva le 27 février 1551, a reçu une éducation comparable à celle de FRANCOIS DE SALES, étudié le droit à Turin où il s’est lié avec le juriste ANTOINE FAVRE. Le duc EMMANUEL-PHILIBERT l’appelle à l’Université de Turin où il compile les "Décrétales de Grégoire XI" en liaison avec les "Canons du Concile de Trente". Il arrive en Tarentaise en 1608 et siégera vingt-deux ans durant dans un diocèse qui ignore tout d’un Concile dont les Constitutions ne lui ont même pas été communiquées. Un intermède a lieu entre 1614 et 1616 lorsqu’il est nommé ambassadeur à Madrid. Mais à son retour, la foi a augmenté grâce aux missions des capucins, dont un couvent est établi à CONFLANS en 1626 et un autre en 1627 à BOURG-SAINT-MAURICE. Germonio rédige et applique par ses "Acta ", que reprendra son successeur, les prescriptions du Concile de Trente, mais il repart à Madrid en 1619, et meurt à L’Escorial en 1627, où il est inhumé au couvent Saint-Jérôme. Deux grands administrateurs vont lui succéder. Le premier sera le véritable promoteur de la Réforme catholique dans le diocèse. C’est :

    Mgr Benoît-Théophile de Chevron-Villette

    qui va siéger du 22 janvier 1630 à 1658. Né en 1587 à Turin, sauvé d’une chute en 1598 par la vision miraculeuse de Notre-Dame-de-Myans, tonsuré en 1601, il entame une carrière militaire au Régiment de Chivasso, se fiance, avant d’être finalement ordonné prêtre par son cousin FRANCOIS DE SALES le 14 mars 1615. Il sera doyen de Notre-Dame-de-Liesse à ANNECY et bénédictin à TALLOIRES, avant de siéger dans un diocèse délabré par sept années de guerre avec la France et la grande peste de 1630. Il réside à Moûtiers, fait des Visites pastorales minutieuses. Il subit deux échecs : ouvrir un séminaire à l’Ermitage Sainte-Anne de VILLETTE-D’AIME pour en confier la direction aux bénédictins de TALLOIRES et installer un couvent de la Visitation, mais il instituera les Bernardines Réformées de CONFLANS avec l’appui de Madame Royale CHRISTINE DE FRANCE . Il meurt en 1658. Lors de sa Visite pastorale de 1653-1654 (ADS/ G4 Tarentaise), il enjoint de transformer les vieilles absides romanes en cul-de-four en les agrandissant et en les terminant par un fond plat. On pourra y installer commodément les nouveaux rétables, mais surtout, la construction d’un toit rectangulaire pose moins de difficultés techniques et d’argent qu’une couverture hémi-circulaire.

    Mgr François-Amédée Milliet de Challes

    C’est un grand bâtisseur qui succéde à Chevron-Villette de 1658 à 1703. Dans un diocèse moralement repris en mains par son prédecesseur, il est en mesure de s’attaquer aux problèmes matériels. Il va faire effectuer durant vingt-cinq ans des travaux sur sa cathédrale de MOÛTIERS dont la façade datait de 1460, et consacrera trente-trois églises neuves ou restaurées sur les soixante-quinze que compte son diocèse. En 1701 il y en a encore trois en chantier. Cette reconstruction bat son plein en même temps que s’achève la première phase de la poussée démographique. Si la Maurienne fut très souvent remaniée à l’époque gothique, la Tarentaise avait conservé ses vieux édifices romans, dont on a la plupart du temps exhaussé les murs lors de la reconstruction. C’est tout à fait visible pour des églises comme BELLENTRE (1672) ou LA PERRIERE (consacrée en 1729), dont les structures romanes sont toujours perceptibles en façades occidentales. On observe la même structure à la façade de l’église de PASSY, consacrée le 24 juillet 1701.

    PHOTO 42: façade de l’église de La Perrière

    On a dit et répété que le Beaufortain avait pris le relais de la Maurienne. Oui et non, si l’on considère attentivement les prix-faits et les dates de consécrations. L’une des plus anciennes églises est celle de SAINT-OYEN, consacrée en 1701, mais dont la restauration débuta dès 1655, suivie par celle de Saint-Thomas d’ESSERTS-BLAY, toutes deux en Basse-Tarentaise, suivies en Beaufortain par HAUTELUCE en 1658 et la chapelle qui deviendra l’église d’ARÊCHES, en 1660, puis l’église de SAINT-MARTIN-DE-BELLEVILLE, de 1661, consacrée en 1679. Le cheminement géographique n’a rien de systématique. BEAUFORT-SUR-DORON est en travaux de 1663 à 1667, consacrée en 1680. Suivent GRANIER, rebâtie de 1667 à 1670, PEISEY-NANCROIX (1669 à 1685), SAINT-BON (1667-1673) et VILLAROGER (1670, consacrée le 24 juin 1673). L’église de VILLARD-SUR-DORON date de 1672, BELLENTRE de 1672-1674, NAVES-FONTAINE de 1673-1675, comme QUEIGE. AIME est construite sur les plans du curé de l’époque, le Rd DUNANT, de 1675 à 1681, mais elle conserve quelques éléments gothiques ou du XVIe siècle, suivie de peu par VILLETTE D’AIME.

    PHOTO 43 : plan de l’église d’Aime par le curé Dunant

    Citons encore MÂCOT, LES CHAPELLES, SEEZ, DOUCY, VILLARGEREL de 1682-1685, HAUTECOUR, de 1683, CHAMPAGNY-LE-BAS (1683-1689), ROGNAIX en 1687, comme LANDRY et LONGEFOY, consacrée le 28 août 1687. Les dernières venues sont les églises d’HAUTEVILLE-GONDON (1691), LES ALLUES (1698-1702) et le début de la reconstruction de l’église de CONFLANS en 1701. Sous son épiscopat est reconstruite la chapelle Saint-Jean-Baptiste du Villaret à MONTGIROD.

     

    Le siège de Tarentaise demeura vacant de 1703 à 1727, avant l’arrivée de :

    Mgr François-Amédée Milliet d’Arvillard

    qui siège de 1727 à 1744. La Savoie connaît l’occupation espagnole (1742-1749), mais cela ne ralentit pas l’ardeur des communiers. Neveu de son prédecesseur, il a été evêque d’Aoste. Il n’y a pas grand chose à dire de ses successeurs: les dernières restaurations ou reconstructions de la période baroque ont eu lieu sous son épiscopat et celui de son prédécesseur. Il s’agit par exemple de MONTGIROD qui subit sa seconde reconstruction en 1717-1718. A côté de l’autorité de l’évêque, on voit s’affirmer la double influence du Sénat de Savoie, et celle des paroissiens aisés. La période 1727-1735 est productive : VENTHON, autorisée par le Sénat en 1715, est reconstruite en 1728 pour 4500 florins. Cette même année, l’église des ALLUES est rénovée. Démembrée de BELLENTRE en 1715, VALEZAN date de 1727-1730. On ajoute des nefs latérales à SAINT-JEAN-DE-BELLEVILLE en 1727, l’église de SAINT-SIGISMOND, près d’Albertville, est consacrée le 13 mai 1728. BOZEL, dont le Prix Fait de 5600 florins remonte à 1701, attendra le début des travaux jusqu’en 1735, avec un changement d’équipe sur le chantier. Le prix-fait donné à PIERRE ARCIN et FELIX MICHEL en 1701 n’ayant pas été réalisé à cause de la guerre, le financement est perdu, et le projet est exécuté en 1735 par CLAUDE HEURTEUR et FRANCOIS VIDAL, deux maçons d’AIX-LES-BAINS (prix-fait de juin 1732). Plus rares sont les reconstructions entre 1761 et 1768. Ce sont celles de CELLIERS, consacrée le 15 juillet 1761, mais démolie en 1793, FEISSONS-SUR-SALINS (1761-1776) et NOTRE-DAME-DE-BRIANCON (1763-1768).

    PHOTO 45 : église de Venthon

    Mgr Claude Humbert de Rolland

    qui siège de 1744 à 1770, né en Genevois, a été prédicateur de LOUIS XIV, et c’est lui qui met officiellement fin à l’indépendance temporelle des évêques de Tarentaise, même si elle n’était plus guère qu’une illusion depuis VICTOR-AMEDEE II.

    Mgr Gaspard-Augustin Laurent de Sainte-Agnès (1772-1783)

    et

    Mgr Joseph de Montfalcon du Cengle (1785 à 1792)

    A la veille de l’invasion révolutionnaire française, toutes les églises de Tarentaise avaient été reconstruites ou restaurées. Ce cas est unique en Savoie. Mais si l’on a tant construit en Tarentaise, c’est que ses évêques avaient été les fondateurs de presque toutes les paroisses, dont l’organisation était parachevée lorsque les monastères s’y établirent, tardivement, en petit nombre, et que par ailleurs les communautés paroissiales étaient naturellement favorisées par la configuration du terrain, loin des seigneurs et souvent libre de droits par le jeu des alleux. La commune des ALLUES en est l’exemple frappant.

    II-3-3-3 Le diocèse de Genève-Annecy

    Le Chablais, qui connut après une civilisation brillante bien des malheurs au XVIe, avec l’invasion des Bernois, n’a guère participé à l’élan constructif baroque. Par contre trente églises furent construites ou reconstruites en Haut-Faucigny, autour du Mont-Blanc, et dans les Préalpes de Thônes. Les Bauges ne participent guère à cette reconstruction, pourtant, c’est là que l’on trouve la plus tardive des églises baroques de Savoie, celle d’ECOLE-EN-BAUGES, construite en 1780-1781 par GARELLAZ fils. A la fin du XVIe siècle, les évêques chassés de GENEVE par CALVIN se fixent à ANNECY. Le premier d’entre eux est :

    Mgr Claude de Granier

    évêque de 1578 à 1602, dont les "Constitutions synodales" prescrivent de proscrire tout décor "inepte" capable de provoquer le rire ou le dégoût et de n’installer que des images approuvées par l’Ordinaire. On compte peu de nouveautés architecturales, sinon une simple adaptation aux besoins de la Réforme catholique. Entre le choeur et la nef on placera l’image du Crucifié sculptée et peinte, un "calvaire", poutre de gloire ou trabes, placé en hauteur, bien à la vue des fidèles pénètrant dans l’église par la grande porte. Le choeur sera divisé en deux, le sanctuaire proprement dit, et l’avant-choeur où les hommes et les chantres prendront place dans des stalles.

    Mgr saint François de Sales

    qui siège de 1602 à 1622, entreprendra la reconquête religieuse du Chablais, aidé par un capucin, le Père CHERUBIN de Maurienne, fondera l’ordre de la Visitation et la sainte-Maison de THONON. Entre 1605 et 1610, il visite les trois-cent-quatre-vingt-dix-neuf paroisses de son diocèse qui couvre le Val-d’Arly et les Bauges, et où certaines églises sont encore coiffées de chaume. Il s’intéresse peu à l’état matériel des édifices. Son neveu lui succède :

    Mgr Jean-François de Sales (1622-1635)

    Mgr Juste Guérin

    siège de 1639 à 1645. Dans ce court laps de temps, qui correspond au retour de la paix entre la France et la Savoie, les premières reconstructions ou constructions apparaissent. Tout d’abord à LA-CHAPELLE-D’ABONDANCE en 1636, puis la seconde église de la Visitation d’ANNECY, entre 1642 et 1645, et HAUTEVILE-SUR-FIER en 1642.

     

    Mgr Charles-Auguste de Sales (1645-1660)

    Mgr Jean d’Arenthon d’Alex

    C’est sous son épiscopat , de 1661 à 1695, que la grande période de la reconstruction débute en Haute-Savoie. L’église de THÔNES date de 1687, puis celle de NOTRE-DAME-DE-LA-GORGE est édifiée dès 1694. L’église de MEGEVE est consacrée en 1694. La nouvelle paroisse de NANCY-SUR-CLUSES est érigée par démembrement de celle de SCIONZIER sous la pression de la communauté des habitants. Toute érection de nouvelle paroisse devait être approuvée par le Souverain Sénat de Savoie, car chaque curé ayant un droit de propriété sur son église, suivant l’adage selon lequel "l’autel nourrit le prêtre", une érection nouvelle y portait atteinte en morcellant les revenus. Le plus souvent, la demande émanait donc des communiers et non de l’autorité ecclésiastique. Pour les chapelles, l’érection n’était définitive qu’après autorisation de l’évêque qui ne l’accordait que si la dotation de fondation était au moins de 10 florins de rente, soient 200 florins de capital concédés par acte authentique rapportant du 5%. Le prix-fait de l’église de NANCY-SUR-CLUSES est donné le 8 septembre 1708 à deux Valsésians, NICOLAS BRUN et PIERRE JACQUET pour 3200 florins. Elle sera consacrée le 11 septembre 1714, mais très réaménagée au XXe siècle.

     

    Mgr Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex

    Evêque de 1697 à 1734, il consacrera quinze églises. Parent du sixième Préfet qui venait de faire décorer dans le goût baroque la chapelle de la Sainte-Maison de THONON (Saint-Hippolyte), il promulgue des Constitutions relatives à la construction des édifices sacrés, dans lesquelles il reproche à FRANCOIS DE SALES et GERMONIO l’action iconoclaste qui a conduit à la destruction des images dites inconvenantes, le plus souvent romanes. Les chantiers sont florissants et se multiplient. Après l’église de SAINT-GERVAIS-LES-BAINS, entre 1699 et 1702, dont le prix-fait se réfère à celui de MEGEVE, et dont les travaux sont confiés à une équipe de valsésians, JEAN LA VOGNA, PIERRE CHIESA, PIETRO ROSSO et ANTOINE JANETTA, la plus belle de toutes est sans conteste l’église de SAINT-NICOLAS-DE-VEROCE, contemporaine de la construction de celle de BOZEL en Tarentaise.

    PHOTO 47 : façade de Saint-Gervais (manque)

     

    PHOTO 48 : façade de Saint-Nicolas-de-Véroce

    Citons la chapelle des bernardines de RUMILLY (1701) et l’église de SAINT-JULIEN-EN-GENEVOIS (1701). En 1704, l’église de COMBLOUX est consacrée.

    PHOTO 49 : façade de Combloux

    PASSY date de 1701-1702, DOMANCY est édifiée entre 1706 et 1727, CHAMONIX avant 1706. Le prix-fait de VEIGY-FONCENEX est donné en 1715 aux Valsésians JEAN JANOLEZ, JACQUES MUCH, PIERRE PICQUE, mais MONTROND est réalisée par des inconnus de 1717 à

    1720. ARGENTIERES, paroisse nouvelle, commencée en 1720 par ANTOINE JANETTA et JEAN-MARIE MATELES est consacrée en 1727. Une autre paroisse nouvelle, CHAMPANGES, date également de 1720. La dernière création de paroisse par Mgr de Bernex est celle des HOUCHES, détachée de CHAMONIX, commencée en 1734, consacrée par un de ses successeurs le 7 août 1766 car sa construction fut freinée par l’occupation de la Savoie par les Espagnols.

    Mgr Joseph-Nicolas Deschamps de Chaumont

    Son épiscopat, de 1741 à 1763, couvre la seconde poussée démographique en terre de Savoie, aux alentours de 1755. L’effort constructif se poursuit en 1740-1741 avec ELOÏSE, par JOSEPH MATHIEU ou MATHOLE, puis MEGEVETTE en 1745, VALLORCINE, prix-fait de 1755 donné à DOMINIQUE GUALINO, à qui l’on a également confié en 1758 la réalisation de l’église de la nouvelle paroisse des CONTAMINES-MONTJOIE. HERY-SUR-UGINE est construite entre 1757 et 1760 par l’architecte CAPELLINI.

    Mgr Jean-Pierre Biord

    Il siège de 1764 à 1785. Sous son épiscopat ont lieu les dernières constructions ou restaurations baroques. En 1764, l’architecte PIERRE CHENAVAL reçoit à prix-fait la construction à neuf de l’église de LA-RIVIERE-ENVERSE. Suivront les églises de SAINT-GINGOLPH, par un inconnu, en 1770-1773, consacrée en 1784, et en 1774-1776, le second prix-fait de l’église de SAINT-NICOLAS-LA-CHAPELLE.

    Citons encore BIONNAY (1775), LES-CONTAMINES-MONTJOIE, l’église de BONNEVAUX réalisée en 1777 par un inconnu, TALLOIRES vers 1780 par FRANCOIS QUENOT, et CORDON en 1781. Aussi en août 1781 l’érection de LA FRASSE dont le prix-fait fut donné en 1783 à l’ingénieur de l’Intendance sarde CHRISTOPHE ANTHOINE, et, la même année, le prix-fait de VERCHAIX donné à C-F AMOUDRUZ. C’en est fini pour le diocèse de Genève-Annecy, la veine de la reconstruction est tarie.

     

    Mgr Joseph-Marie Paget (1787-1801)

    Mgr Paget ne fut pas en mesure de construire quoi que ce soit, en raison des évènements.

     

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