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Grands barrages
des Alpes de Savoie
Auteur : Maurice MESSIEZ- Niveau de lecture : Public |
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Les
grands aménagements d'EDF
La voûte du barrage d'Emosson et la chaîne du Mont-Blanc. Photo Maurice MESSIEZ. En 1924, le haut vallon d'Emosson, situé
à la frontière franco-suisse au-dessus de Finhaut et de Vallorcine, entre
Chamonix et Martigny, avait fait l'objet d'un premier aménagement, avec
une retenue de 39 millions de m3, par les chemins de fer fédéraux suisses.
C'est le vieil Emosson, à 2 300 m d'altitude, où se découvrent des empreintes
de dinosaures protégées. Mais un site, plus bas, à 1 900 m d'altitude,
inhabité, pouvait encore mieux se prêter à l'édification d'un grand barrage
par apport d'eau au moyen de galeries, à condition d'aller en chercher
au moins la moitié dans les vallées de l'Arve, de l'Eau noire et du Giffre. Deux conventions sont signées entre la
France et la Suisse, l'une en 1964 pour l'utilisation des eaux, l'autre
en 1967 pour des échanges de territoires, afin que le barrage soit totalement
sur la Suisse et l'usine sur la France, à Vallorcine. Le barrage ferme la gorge de Barberine
par une voûte à double courbure, haute de 180 m, qui se développe sur
554 m avec une épaisseur variant de 48,5 m à 8 m au sommet et enferme
225 millions de m3 d'eau. De la moitié qui arrive de France,
une grande part provient des captages sous-glaciaires du glacier
d'Argentière, fait unique en Europe, comme l'est aussi la situation de
cet ouvrage, face au panorama de l'ensemble du massif du Mont-Blanc, ainsi
que son utilisation touristique. En effet, on peut gagner le barrage,
où on trouve restaurant et hôtel, au moyen de la voiture, de l'autocar
ou d'un funiculaire et d'un petit train panoramique. L'eau arrive à la centrale de Châtelard-Vallorcine, située à 1 127 m d'altitude, par une galerie souterraine de 975 m. Cette centrale, qui reçoit en outre un apport direct par la galerie blindée du collecteur de Belleplace, situé à 1 992 m, est aussi une station de transfert d'énergie puisqu'elle refoule par pompage, à la retenue des Esserts, aménagée à 1 516 m, la majeure partie de ses eaux pour les utiliser aux heures de pointe. A la sortie du canal de fuite de l'usine, un bassin de compensation d'un volume de 90 000 m3 reçoit les eaux turbinées et les renvoie par une nouvelle galerie souterraine de 10 km à la centrale de La Bâtiaz, dans la vallée du Rhône, en Suisse, à 460 m, d'où elles sont restituées au fleuve. La mise en service date de 1975. Emosson produit 292 GWH, les Esserts 27, La Bâtiaz 294, soit un total de 613 GWh |
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