-
.
Grands barrages des Alpes de Savoie
Auteur : Maurice MESSIEZ- Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE

TOUS PUBLICS
  • Introduction
  • Les grands aménagements d'EDF
    - en Beaufortain
  • - en Tarentaise
  • - en Maurienne
  • - en Haute-Savoie
  • Impact des grands barrages


  • ANNEXES
  • Bibliographie


  • VOIR SUR SABAUDIA.ORG
  • Carte "Energie en Savoie"
  •  

    Page précédente

       Impacts des barrages.

     

         Depuis plus d'un siècle leur implantation a révolutionné l'économie savoyarde et en conséquence la vie des habitants. Ils ont été, jusqu'à la seconde guerre mondiale, la raison même de l'installation des industries électrochimiques et électrométallurgiques dans les moyennes vallées. Grâce à ces usines, les paysans des régions concernées sont passées du statut d'ouvrier saisonnier, l'hiver, a celui de double actif comme ouvriers-paysans. Puis leurs fils ou filles, maintes fois, sont devenus ouvriers tout court, plus rarement employés et, sauf exception, jamais cadres. On leur doit la fin des grosses immigrations du XIX ème siècle, l'entrée de l'argent dans les ménages, mais aussi le commencement de l'abandon des cultures les plus contraignantes et, corrélativement, celle des terres difficiles à travailler.

        Après la libération, c'est autre chose. Une espèce de ferveur exalte la Savoie pour ériger ces barrages dont devait dépendre la fin de certaines restrictions, une plus grande aisance, une vie meilleure . Toutes opinions politiques confondues, et quel que soit son rang social, chaque habitant, sauf ceux de Tignes, était fier de ces audacieux chantiers qui,  au-delà de l'argent et du travail, impulsaient de l'ambition.  D'ailleurs, les Savoyards ont souvent considéré que les barrages étaient leur bien, au point que nombre d'entre eux estimaient anormal d'avoir à payer l'électricité. Les stations de ski qui vont, comme chantiers, leur succéder n'ont pas suscité les mêmes sentiments, elles apparaissent plus l'œuvre de "Parisiens". On peut ajouter que  barrages et  vaches d'alpages font bon ménage, à preuve la réussite que sont le beaufort et Roselend pour la vallée.

         Ceci dit on ne peut oublier les impacts négatifs, tels les captages avec le quasi assèchement de certains jolis et lumineux torrents, de cascades, enlevant à de superbes vallons une part de leur poésie, les pylones aussi, mais il y en a tellement plus pour les remontées mécaniques ! Les débits de certaines rivières à truites sont  devenus miséreux, mais en compensation il y a les lacs de retenue qui, à Plan d'Amont et Plan d'Aval ou à Roselend, à Tignes, au Mont-Cenis, à Emosson, s'allient si bien au cirque des hautes montagnes que l'ensemble devient, pour tout visiteur, un haut lieu touristique.

         Pour autant c'est certainement dans l'économie même des deux départements que les incidences sont les plus positives. E D F, c'est d'abord plus de deux mille emplois directs, (et des emplois enviés !), c'est peut-être autant d'indirects pour les entreprises qui trouvent là un marché dépassant certainement les 100 millions d'euros et ce sont presque autant d'impôts locaux versés aux communes, un véritable pactole pour certaines qui peuvent vivre, en imposant peu, dans un certain luxe.

        Dernière considération, si les concessions sont de 75 ans, on ignore quelle sera la véritable durée d'existence des barrages : un siècle au moins ne paraît pas déraisonnable. Pour le présent, auscultés régulièrement, surveillés en permanence, ils apparaissent en bonne santé.

     

    Page précédente

     
    -