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Le nord-Genevois
Auteur : Claude BARBIER - Niveau de lecture : Public |
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1940-1944 La Seconde guerre mondialeEn juin 1940 les Allemands furent arrêtés dans le Pays de Gex par le pont Carnot, partiellement détruit. De fait la Savoie fit partie de la " zone libre ", hormis les communes de Chevrier et de Vulbens (ainsi que celles situées à l’extrémité de la Semine), traversée par la ligne de démarcation, bien que n’ayant pas été atteintes par les Allemands à la date du 25 juin. Hormis ces deux communes, toute la façade septentrionale de la Savoie, frontalière avec la Suisse pouvait continuer à entretenir des relations avec ce pays. Un camp de travail fut construit à Olliet-Savigny en 1940. Il accueillit dans un premier temps des réfugiés espagnols, occupés à débarder la forêt du Vuache et à la fabrication du charbon de bois. A la fin de 1941 les Espagnols ayant rejoint d’autres chantiers, le camp reçut alors des juifs de provenances diverses (Allemagne, Autriche, Pologne, etc.). Loin d’être un camp d’internement ou de concentration, les occupants pouvaient se rendre dans les villages des environs afin de rechercher un supplément de nourriture, ou quelque loisir. Cependant le dimanche 23 août 1942 à l’aube, des policiers de Vichy se saisirent de la centaine d’occupants du camp qui furent, à l’exception de cinq qui ne figuraient pas sur leur liste, tous dirigés vers Drancy et de la vers Auschwitz où tous périrent. Une plaque apposée sur le mur de l’église de Savigny rappèle ces faits. Les mesures antisémites prises par le gouvernement de Vichy favorisèrent l’arrivée ici de contingents de plus en plus nombreux de réfugiés et d’Israélites désireux d’entrer en Suisse même si la stricte politique suisse en matière d’accueil de réfugiés amenait la restitution de toutes les personne prises en flagrant délit de passage aux autorités françaises puis allemandes. L’occupation des deux départements savoyards par l’armée italienne sonna comme un répit pour les juifs, mais de courte durée du fait de la capitulation italienne de septembre 1943. L’occupation de la France entière par la seule armée allemande favorisa un afflux d’un nombre considérable quoiqu’indéterminé (30 000 personnes ?) de réfugiés. Tous ne purent entrer en Suisse et la frontière connut de nombreux drames, soit parce que les autorités suisses expulsaient ceux qui étaient entrés illégalement, soit aussi, parce que de pseudo passeurs abusaient de gens en détresse, leur extorquaient de l’argent et les égaraient dans les bois jouxtant la frontière. Néanmoins des filières sérieuses et organisées, ont permis le passage de nombreux réfugiés au travers des rangs de barbelés posés tout le long de la frontière. Plusieurs prêtres se sont illustrés et on peut ainsi citer le curé de Collonges-sous-Salève, le père Jolivet, ainsi que les curés de Vers, d’Archamps, etc. C’est ainsi le curé de Collonges qui aida le passage en Suisse, à Troinex, du frère du général De Gaulle, avec l’aide de celui qui allait devenir l’abbé Pierre... Du fait de sa configuration, le nord-Genevois ne connut pas un nombre important de maquis. Tout au plus peut-on mentionner ceux qui se trouvaient sur le Vuache et le Salève. Faute d’industrie, cette région fut peu touchée par les actes de sabotage commis par la Résistance. Sur le plan purement militaire les faits les plus marquants eurent lieu à la Libération. Mitraillés vers le pont Carnot les Allemands incendièrent en représailles les villages de Bloux (commune de Dingy-en-Vuache), Chevrier et Valleiry et exécutèrent plusieurs habitants. Après quelques combats, les positions de Viry et Saint-Julien-en-Genevois sont libérées le 16 août 1944, ce qui fit de cette dernière localité la première ville libérée du département. |
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