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Le nord-Genevois
Auteur : Claude BARBIER - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE

TOUS PUBLICS
  • Introduction
  • 1-La préhistoire
  • 2-La période romaine
  • 3-Le haut Moyen Age
  • 4-Du Moyen Age à la Réforme
  • 5-La Réforme protestante
  • 6-Le XVIIe siècle
  • 7-Le XVIIIe siècle
  • 8-La Révolution
  • 9-La zone sarde
  • 10-La période 1816-1860
  • 11-L'Annexion
  • 12-De l'Annexion à 1914
  • 13-L’affaire des zones 1919-1932
  • 14-1919-1940 Une région en déclin
  • 15-1940-1944 La Seconde guerre mondiale
  • 16-1944-1965 La restructuration de l’agriculture
  • 17-1965 – 2000 L’essor d’une région

  • ANNEXES
  • Patrimoine
  • Personalités
  • Bibliographie
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    Le XVIIIe siècle

    La paix signée en 1696 n’ayant été qu’une trêve, la Savoie est de nouveau occupée en 1703 par les armées françaises. De 1703 a 1712, Saint-Julien fut livré a un régiment qui pilla systématiquement fruits, légumes, vignes, bestiaux, vin et pain. Les impositions étaient quadruplées. Faute de fourrage réservé à la cavalerie, les paysans étaient obligés de liquider leur bétail. La population affaiblie se nourrissait plus mal qu’à l’accoutumée. Une épidémie de dysenterie décima la population. En une seule journée, le 5 septembre 1706, six personnes mourraient à Saint-Julien.

    Dès le retour en 1713 de la Savoie dans le giron de Victor-Amédée II, ce dernier entreprit la rationalisation de son administration. La judicature-maje de Ternier fut supprimée quelques temps avant que d’être rétablie :

    " pour des motifs politiques basés sur la vigilance à exercer sur les entreprises de la ville de Genève continuellement attentive à étendre ses bornes et, par des usurpations, à agrandir son territoire, se servant de cette juridiction volante qu’elle a sur les hommes et fiefs de Saint-Victor, au préjudice de la souveraineté du duc et appuyant ses contestations intéressées de prétextes religieux ".

    " Sur cette frontière, il faut un tribunal avec des magistrats éclairés, fermes et incorruptibles, qui servent de barrière aux prétentions genevoises et qui maintiennent prudemment l’intelligence nécessaires entre voisins. Thonon et Annecy sont des villes trop éloignées pour que les juges soient informés de tout ce qui peut arriver sur la frontière ".

    Le retour de la paix permet aux communes d’entreprendre de nombreux travaux de réparation des églises et presbytères bien compromis par les différentes occupations militaires.

    La région vécut une trentaine d’années paisible, avant d’être de nouveau envahie, cette fois par les armées espagnoles qui l’occupèrent de 1742 à 1749. Dès le début de l’année 1743 un escadron de dragon du régiment de Frise, remplacé l’année suivante par des dragons de Numance, s’installa a Saint-Julien. Un malheur n’arrive jamais seul, on subit des printemps catastrophiques en 1747 comme en 1749, une invasion d’insectes en 1748, on revit les loups qui tuèrent – dit-on – des enfants de Valleiry, de Chénex, de Raclaz-Dingy, etc. Des battues furent organisées à l’automne 1751. Le droit de chasser fut accordé les dimanches et fêtes jusqu’en avril 1752.

    La seconde moitié du XVIIIe siècle fut plus paisible. On régla en 1754 (Traité de Turin) le statut des territoires placés sous la juridiction mixte de Genève et de la Savoie. Le roi de Sardaigne abandonnait tous ses droits prétendus sur Genève et sa proche périphérie. Il cédait quelques territoires protestants : Chancy, Cartigny, Epeisse, la Petite Grave et Passeiry, ancienne dépendance de Saint-Victor et Chapitre, situés dans le bailliage de Ternier. Il donnait également le mandement de Jussy, avec le village de Gy et Sionnet, du bailliage de Gaillard. Genève, quant à elle, abandonnait tous ses droits sur d’autres terres enclavées en territoire savoisien : Valleiry, Neydens, Bossey, Avusy, etc.

    La paix n’empêcha pas , bien au contraire, la contrebande entre Genève et la Savoie. De nombreuses escarmouches opposèrent les gardes et les contrebandiers qui n’hésitaient pas à tirer : deux gardes tués en 1756, un contrebandier et deux gardes tués en 1757, etc.

    Si la contrebande a toujours existé, elle dégénère vite dans un banditisme contestataire : des émeutes, souvent conduites par des femmes ont lieu en 1753 à Savigny, en 1756 à Viry où un sergent royal est tabassé. D’autres troubles ont lieu également à Compesières, Beaumont, Collonges, etc. Les troubles contre les autorités redoublèrent au début des années 1770 quand le Sénat de Savoie décida d’interdire toute exportation des grains et des fourrages vers Genève, afin de pouvoir assurer le ravitaillement des villes de Thonon, La Roche, Annecy et Rumilly, en déficit suite à de successives mauvaises récoltes. Pour éviter toute tentative de contrebande un cordon militaire fut placé le long de la frontière avec Genève. A la fin de 1770 les maisons des soldats habitant Ternier furent brûlées et un fonctionnaire royal et sa famille sont furent assassinés. Les troubles ne cessèrent qu’avec l’abrogation de cet édit, survenue en 1775.

    L’affranchissement des communautés de toutes les servitudes féodales commença en 1772 dans la région de Saint-Julien. Dix ans plus tard, le 4 juin 1782 le roi signait les lettres d’affranchissement de " tous les droits féodaux et emphytéotiques dépendant de la seigneurie de Ternier ". Cependant la volonté réformatrice de la monarchie sarde n’allait pas non plus sans un certain volontarisme économique et administratif.

    Afin de concurrencer Genève, et d’attirer des habitants sur le sol savoyard, Victor-Emmanuel III, par lettres patentes du 2 mai 1780, créait une quatrième province, celle de Carouge, formée de 68 communes provenant des anciens bailliages de Ternier et Gaillard, auxquels il adjoignit les mandements de Clermont, Chaumont et Cruseilles, détachés du Genevois, celui d’Annemasse retiré du Faucigny ainsi que deux paroisses du Chablais et tous les territoires acquis de Genève et de la France par les traités de 1754 et 1760.

    Carouge n’était avant cet édit qu’un modeste village, le roi en fit une ville concurrente de Genève avec une église, un hôtel de ville, un hôpital, un collège, un tribunal, un intendant et un juge mage,. pour en assurer le développement on accorde la liberté de culte aux protestants et aux juifs, cette liberté explique le développement de la population passant en cinq ans (1787-1792) de 600 à 4000 habitants mais aussi le fait que la ville deviendra naturellement une cité jacobine après 1789.

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