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Le nord-Genevois
Auteur : Claude BARBIER - Niveau de lecture : Public |
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La RévolutionEn septembre 1792, l’invasion française explique la facilité de l’adoption des institutions jacobines et l’on voit même le comte de Viry, ancien diplomate disgracié par son souverain, enfourcher les idéaux révolutionnaires et devenir maire du village. Mais à l’enthousiasme initial succède vite le doute suite aux premières mesures antireligieuses (serment des prêtres, inventaires, émigration). Plusieurs prêtres trouvèrent refuge sur le territoire genevois d’où ils revinrent après quelques temps et exercèrent un ministère " secret ", au vu et au su des populations et des autorités qui jouèrent un double jeu. La chartreuse de Pomier ferma ses portes en 1793, mais si les chartreux durent s’exiler, aucun ne défroqua. Les bâtiments furent transformés successivement en fabriques d’indiennes (toiles peintes), faïencerie, brasserie, premières et veines tentatives d’industrialisation dans la région... Comme ailleurs en Savoie les clochers perdirent leurs flèches et leurs cloches, mais il ne semble pas que des têtes tombèrent. Les biens nationaux furent acquis par ceux qui en avaient les moyens, riches paysans ou notables savoyards (comme le fameux Bastian de Frangy) ou même genevois. La complète unité de la région est d’ailleurs achevée en 1798 avec l’annexion de la République de Genève a la " Grande Nation ", le nouveau département du Léman allait-il réapprendre aux Savoyards et aux Genevois a vivre ensemble ? hélas le rêve napoléonien ne dura guère et laissa plus de mauvais souvenirs que de bons, la région ne pouvant ni ne sachant profiter des atouts culturels et économiques d’un chef-lieu (Genève) a la fois proche mais combien lointain dans les mentalités. En 1814, fallait-il se féliciter de l’indépendance retrouvée ? On dut subir d’abord les combats entre les Français et les Autrichiens " libérateurs ", puis l’occupation de ces derniers et enfin et surtout les hésitations des diplomates sur une région convoitée a la fois par Genève, Paris et Turin. Par le traité du 30 mai 1814 l’indépendance de Genève est reconnue, tout comme son union à la Suisse. La France rentrait dans ses frontières de 1792, sauf en Savoie, où elle gagnait la plus grande partie du canton de Saint-Julien, le canton de Frangy, Reignier et La Roche, alors que le Chablais, le Faucigny et le territoire compris entre Saint-Julien et l’Arve faisaient retour au roi de Sardaigne. Ainsi Carouge était Piémontais, Saint-Julien français, rattaché à l’arrondissement de Rumilly. Cette division mécontenta tout le monde. Il fallut le nouveau " brassage de cartes " provoqué par les Cent jours pour que la situation changeât de nouveau. En juin 1815 les troupes Autrichiennes occupent de nouveau la région. Un nouveau traité signé le 20 novembre 1815, fait passer Saint-Julien à la République de Genève et restitue au roi de Sardaigne le reste de la Savoie demeurée française en 1814. Ce nouveau découpage est aussi aberrant que le précédent puisque le roi n’a pas encore cédé les communes comprises entre Saint-Julien et Genève, d’ou la nécessité d’une négociation particulière entre Genève et Turin qui se termine en mars 1816, Victor-Emmanuel réussissant a retrouver Saint-Julien mais cédant a Genève toute sa proche banlieue soit environ 13 000 habitants répartis sur les communes savoyardes et catholiques suivantes, Onex, Confignon, Aire-la-Ville, Avusy, Laconnex, Soral, Bardonnex, Plan-les-Ouates, Carouge, Veyrier, Troinex, Lancy, Bernex, Chêne-Bourg et Thônex, situées dans le nord-Genevois, ainsi que Présinge, Puplinge, Meinier, Choulex, Corsier, Anières, Collonges-Bellerive et Hermance, situées dans le bas-Chablais, étaient rattachées à Genève et à la Suisse. La ville de Carouge, capitale administrative du nord-Genevois, devenant suisse, c’est Saint-Julien qui prend la tête du chef-lieu de la Province de Carouge, sans Carouge. |
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