LE BOURGET-DU-LAC château de THOMAS II ( S)

Le plus prestigieux des châteaux de plaisance est celui, en ruines, du Bourget-du-Lac. Le frère d’Amédée IV,Thomas comte de Flandre, richissime par ses possessions piémontaises, la pension annuelle que lui verse l’Echiquier de Londres comme oncle de la reine Eléonore, à laquelle s’ajouteront les 60.000 florins d’or de sa renonciation aux droits détenus par mariage sur la Flandre, revient en Savoie en 1244 et mène rondement les travaux dès 1248 . La charte de construction définit la demeure comme une simple maison forte avec vivier, entourés des 70 pieds carrés de terre obligeamment cédés parles moines du Bourget. Le premier édifice fut probablement construit sur une petite éminence à l’angle nord-ouest , avant que le fils de Thomas, Amédée V, puis ses successeurs ne l’agrandissent et le reconstruisent après l’incendie de 1456, mais il était terminé pour l’essentiel autour des années 1340. Autour des années 1360-1366, il y a un peintre permanent en titre au château du Bourget, Maître Jacques, qui travaille sous les ordres d’Hugonin Frénier. Il a succédé à Gregorio Bono. Conçu à l’embouchure de la Leysse, avec un port et des fossés alimentés par la rivière, l’édifice marie le calcaire au rez-de-chaussée et la molasse dans les étages. Son plan quadrilatère présente un caractère fonctionnel et résidentiel. Les tours ne sont pas cantonnées aux angles, comme dans les châteaux de plaine, mais réparties deux à deux. Les tours nord et nord-ouest possèdent des archères, le rez-de-chaussée de la tour sud-est est traité en étage courant avec cheminées et latrines. Les ouvertures à coussièges et les cheminées assurent un confort inhabituel pour l’époque. On a retrouvé au cours des fouilles des carreaux de pavage à décor historié ou animalier, un double chapiteau en molasse provenant de la grande porte, datant de 1292, dû au ciseau du sculpteur Guillaume de l’Hôpital.

PHOTO N° 50 ( avant sa restauration)