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L'industrie en Savoie
Auteur : Louis CHABERT - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE


TOUS PUBLICS
  • Introduction
  • Vallée de l'Arve et Genevois sous l'influence de Genève
  • Le Genevois savoyard
  • Tarentaise, Maurienne, Val d'Arly: les vallées de la houille blanche
  • Annecy, Chambéry, Thonon: l'industrie en milieu urbain


    NOTES
  • Un modèle d'entreprise innovante: Salomon
  • C'a roule pour la SNR
  • Une politique volontariste: l'exemple du département de la Savoie.
  • Les industries de la houille blanche: quelques définitions.
  • L'internationnalisation des entreprises de Haute-Savoie

  • ANNEXES
  • Bibliographie

    VOIR SUR SABAUDIA.ORG
  • Carte "Iindustrie en Savoie"
  • Carte "Energie en Savoie"
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    VALLEE DE L’ARVE ET GENEVOIS
    SOUS L’INFLUENCE DE GENEVE

    Le bassin de l'Arve sous influence genevoise.

     Le bassin hydrographique de l’Arve forme une unité naturelle nettement marquée que l’on assimile parfois  au Faucigny historique. Cette rivière, qui conflue avec le Rhône à Genève, deux kilomètres à l’aval de sa sortie du lac Léman, à 375 m d’altitude, ouvre une voie de pénétration facile sur une soixantaine de kilomètres jusqu’à Sallanches, à 550 m  seulement   Pris dans son ensemble, il concentre en l’an 2000 31 400 emplois industriels, plus de la moitié du total haut-savoyard et encore 37,5 % de celui des deux départements. Pas toujours pour le meilleur, l’influence genevoise a été capitale pendant plusieurs siècles dans le développement économique de l’ensemble de la vallée. Cependant, la situation actuelle résulte d’une évolution différente entre le liseré frontalier autour d’Annemasse (le Genevois savoyard, à distinguer du Genevois gessien, dans le département de l’Ain) et la vallée de l’Arve au sens restreint entre Bonneville et Cluses à laquelle on peut ajouter le bassin de Sallanches. C’est pourquoi chacun des deux secteurs doit être étudié séparément

      LA VALLEE DE L’ARVE 

    1 - Les étapes du développement industriel 

    Jusqu’en 1914, le temps de l’horlogerie
    Le développement précoce de l’industrie autour de Cluses, dès le début du 18° siècle  résulte de la conjonction de deux facteurs humains complémentaires  D’une part, le dynamisme exceptionnel de la métropole genevoise : la volonté d’entreprendre de la bourgeoisie a été entretenue par la foi protestante de la cité de Calvin et renouvelée par deux vagues d’immigration de coréligionnaires au 16e  siècle puis après la Révocation de l’Edit de Nantes (1685). D’autre part, la surcharge démographique des montagnes faucignerannes a  poussé les habitants à rechercher un complément aux maigres revenus tirés de l’activité agricole. Le développement de l’artisanat est apparu comme une alternative à la douloureuse émigration qui sévissait depuis plusieurs siècles. Il est symptomatique que cette solution ait été imaginée pour la première fois par un émigrant d’un village de montagne. En 1720, Claude Ballaloup, horloger  formé à Nuremberg, crée son atelier dans son village natal de Saint-Sigismond, au-dessus de Cluses.

    Au départ, cette sous-traitance de pièces d’horlogerie livre à Besançon, Neuchâtel, voire en Allemagne aussi bien qu’à Genève. Mais des relations bientôt exclusives s’établissent  avec la capitale lémanique qui organise le travail par l’intermédiaire d’établisseurs chargés de répartir la matière première et de rassembler les produits fabriqués, pièces et boîtiers. A Genève ont lieu montage, finitions et vente. Ce système est donc voisin de celui de la soierie lyonnaise par exemple. Cette  proto-industrie garde un caractère artisanal ; le matériel est rudimentaire et le  travail le plus souvent saisonnier avec pointes hivernales  Néanmoins, avec 1100 travailleurs à la veille de la Révolution française, la vallée de l’Arve est le plus important pôle manufacturier des Alpes françaises.

    Jusqu’au milieu du 19e  siècle, le développement est contrarié à deux reprises :pendant les troubles révolutionnaires (l’ensemble de la Savoie a été annexé à la France en 1792) puis, après le retour de la province au royaume de Piémont-Sardaigne (1815), du fait de  la politique très fortement protectionniste du gouvernement de Turin. Néanmoins, c’est pendant cette période qu’est fondée une institution d’avenir : l’école d’horlogerie de Cluses (1848).

    Au moment de  l’annexion définitive  de la Savoie à la France (1860), Genève a obtenu, avec l’assentiment de la population locale, la création d’une zone franche dite Grande Zone qui couvre l’ensemble du Faucigny et du Chablais. Sommairement dit, la frontière douanière, distincte de la frontière politique, sépare cette Grande Zone de l’Intérieur, c’est-à-dire de l’ensemble du territoire français. « L’horlogerie prospère comme une branche en grande partie extérieure à l’économie française.» Un accord spécial de 1881 donne au système toute son efficacité et on parle pour les  décennies suivantes du Paradis zonien. On compte en 1898 5000 horlogers  à Cluses et dans les communes voisines ; la structure reste essentiellement artisanale. Le bilan de toute cette période peut comporter bien des aspects négatifs : « La zone et la persistance, sous l’influence genevoise, du travail fondé sur des ateliers à domicile, et en quasi totalité campagnarde, ont retardé l’essor du Faucigny qui, sans cela, aurait évolué vers une industrie moderne et autonome, capable de se placer sur le marché français tout aussi bien que l’horlogerie jurassienne.» Par ailleurs, coupées du marché français, les diverses industries


    9-Fabrique d’horlogerie de C. Crettiez  à Cluses (1900) Archives municipales de Cluses

    (textile, tannerie, taillanderie..) qui animaient de petits centres comme Sallanches ou La- Roche-sur-Foron ont périclité et le caractère mono-industriel de la vallée de l’Arve en a été accentué. Il n’en reste pas moins que, grâce à la phase horlogère, la vallée de l’Arve a conservé son potentiel démographique et que le précieux savoir faire de sa main-d’œuvre va faciliter la reconversion au décolletage.

     A partir de 1914, la vallée de l’Arve, grand centre de décolletage 

     Depuis la Première Guerre mondiale, la vallée de l’Arve a traversé les guerres et les  crises économiques  sans être véritablement entravée dans son développement industriel grâce à une adaptation continuelle. Le fait fondamental est la reconversion qui a fait de ce pôle horloger le premier centre mondial de décolletage. Le travail consiste initialement, partant d’une barre de métal au diamètre de la tête d’une vis, de façonner le pas de vis en dégageant le collet avec une forte ablation de métal : d’où le nom de décolletage. Cette reconversion a été facilitée par la mécanisation des ateliers grâce à l’aménagement hydroélectrique de l’Arve et de ses affluents.  L’initiateur, César Vuarcher, est un artisan de Scionzier qui a appris le métier de tourneur à Paris et, de retour au pays, y  fonde un  atelier en 1873.  Il est imité par d’autres familles mais le développement de cette nouvelle activité reste modéré avant 1914.

       En revanche, celle-ci  reçoit une vive impulsion de la Première Guerre mondiale, d’une part parce que celle-ci met pratiquement fin au système de la Grande Zone et donc aux relations privilégiées avec Genève ; d’autre part, parce que la main-d’œuvre locale est mobilisée pour l’industrie de l’armement Son savoir faire, hérité du travail de l’horlogerie, est très apprécié. On se reconvertit donc  à la fabrication de têtes d’obus, d’instruments de pointage... Cet essor est prolongé après le conflit par l’ouverture de nouveaux et vastes marchés dans les secteurs de l’automobile, des matériels électriques, téléphoniques et radiophoniques car les entrepreneurs sont  très ouverts aux nouveautés.  En 1938, on évalue à 2000 environ le nombre de décolleteurs en Faucigny. Le déclin de l’horlogerie est tout juste compensé.


    10 - Atelier de décolletage Paul Béchet, Cluses, 1936 Archives municipales de Cluses

      La croissance est particulièrement forte pendant les Trente Glorieuses, les donneurs d’ordres se multipliant encore dans l’aviation, l’électroménager, la télévision, l’électronique… L’effectif du décolletage est évalué à 7000 personnes vers 1970. Le développement d’une  grande entreprise paternaliste comme Carpano-Pons, née au début du siècle, fait figure d’exception. Il s’agit la plupart du temps de petites affaires familiales. 96 % des entreprises décomptées en 1968 ont été créées après 1944 ! Si certaines communes de l’agglomération de Cluses, comme Marnaz et Scionzier, se vouent  presque exclusivement au décolletage, celui-ci prend des formes plus évoluées à Thyez, Marignier, à  Cluses surtout,  qui livrent des sous-ensembles et non plus des pièces isolées, voire des produits finis. Quelques firmes toujours existantes dans les années 1990,  dont plusieurs filiales du groupe Carpano-Pons, se font une solide réputation. Plusieurs sont des filiales de Carpano-Pons :   Mitchell, leader mondial des moulinets de pêche ; Somfy (moteurs pour stores) ; Sibel (petits moteurs électriques, centraux téléphoniques, micros, etc..). Citons encore Frank et Pignard,   Cartier qui  se spécialise dans les  accessoires pour autos : avertisseurs sonores, « clignotants », phares.

     


    11-Somfy  à Cluses. Assemblage de pièces mécaniques, électriques et électroniques.

                                  
    12- SOMFY à Cluses, leader mondial du moteur pour volets roulants emplois 640 personnes

       Cependant la réputation de la vallée de l’Arve reste fondée sur sa part prépondérante dans le décolletage. Ce milieu industriel joue efficacement la synergie à travers une solide  structure syndicale. Le SN Dec (Syndicat National du Décolletage) met en place dès 1962 un C T Dec (Centre Technique du Décolletage), remarquable instrument de veille et de transfert technologique lequel s’implique également dans la formation professionnelle en collaboration avec l’Education nationale.  Vers 1970, sont mis sur le marché les deux tiers des objets fabriqués à façon en France. La vallée n’est devancée dans ce domaine   par la région parisienne que si l’on prend en compte les ateliers de décolletage  intégrés dans les grands établissements industriels de la capitale.

     2 – A la fin du 20° siècle, une remarquable adaptation

        La crise enclenchée dans le dernier quart du siècle par le premier choc pétrolier a été, en réalité, dans la vallée de l’Arve, le point de départ d’une profonde transformation du système productif. Celui-ci, en effet, a dû s’adapter à une triple mutation avec l’apparition de nouveaux matériaux et la mise en œuvre de nouvelles technologies concurrentes du décolletage ; le transfert sur le preneur d’ordres de nouvelles exigences du donneur d’ordres ; le renouvellement du parc de machines. La structure du tissu industriel, dans lequel dominent toujours les petites et moyennes entreprises, évolue dans le sens d'une concentration avec apparition de groupes régionaux, nationaux, voire internationaux à dominance étrangère. Le décolletage, qui  reste toujours l’activité fondamentale, exerce son pouvoir d’entraînement sur l’ensemble de l’économie de la vallée.

     

     Une triple mutation




    13-Ets DBC Usinage sur commande numérique, Cluses, 1996

    Elle concerne d’abord les matériaux et les techniques.  Traditionnellement, les métaux étaient la matière première du décolletage, les copeaux d’usinage (jusqu’à 80 %) étant recyclés – à Ugine par exemple. Sont apparus de nombreux matériaux concurrents : les plastiques, les céramiques, les composites se recommandant soit par des coûts de production moins élevés, soit par des qualités spécifiques comme la légèreté. Les techniques  de mise en œuvre de ces matériaux se sont également diversifiées. « La frappe à chaud ou à froid ; l’emboutissage ; le frittage ou métallurgie des poudres ; le moulage sous pression qui intéresse des pièces toujours plus complexes ; enfin, les techniques de découpé-roulé à partir de bandes, pratiquées dans les nouveaux pays industriels (N.P.I.) de l’Asie du sud-est.»

     La mutation commerciale. Sous-traitant typique, le décolleteur  doit se soumettre aux exigences de ses donneurs d’ordres et les répercuter à l’échelon inférieur dans le cas, fréquent, de sous-traitance en cascade. Sous la pression de la concurrence, ce donneur d’ordres s’est montré de plus en plus exigeant vis-à-vis de ses fournisseurs quant aux prix de façon, quant à la qualité (le « zéro défaut »), les délais de livraisons  car les stocks sont de l’argent immobilisé (le « zéro stock »). Il faut donc livrer « juste à temps ».

     En particulier du fait des économies de main-d’œuvre mais aussi pour gagner les paris du « zéro défaut » et du « juste à temps », le décolleteur a dû renouveler considérablement son parc de machines alors que dans le passé un ouvrier pouvait se mettre à son compte en rachetant d’occasion les machines vendues à bon compte par son ancien patron. Il s’agit non seulement des machines pour la production (machines à commande numérique, machines-transfert)  mais également des instruments de contrôle de la qualité sans parler de l’informatisation de la gestion. La saturation des ateliers qui accompagne souvent ce renouvellement du parc conduit à des investissements en bâtiments dans des parcs d’activité.

     On peut considérer que tous ces paris ont été gagnés dans la « Tecnic Vallée » - c’est le nom du logo officiel - et d’abord « celui de la qualité, par l’abandon de la production courante pour des produits haut de gamme, peu accessibles aux N.P.I. et dégageant une forte valeur ajoutée (le coût de la matière  première est négligeable). Au fournisseur de métal usiné succède le détenteur de savoir-faire dans les domaines de la haute technologie : la mécatronique marie l'électronique à la mécanique traditionnelle, la connectique inclut les multiples prises et contacts qui permettent à une information électrique de passer dans des circuits imprimés pour l'électronique et l'informatique. L'entreprise " La Précision ", à Scionzier, pourrait être prise comme modèle de cette évolution du simple décolletage à la connectique. On a abandonné la connectique destinée aux ordinateurs, dite civile, aux pays de l'Asie du sud-est pour se spécialiser dans la connectique dite militaire, qui englobe en fait des applications civiles allant de l'aérospatiale au T.G.V. mais répond à des exigences de qualité. L'étroitesse croissante du créneau a poussé à l'élargissement de la clientèle au monde entier soit par les ventes directes soit par celles des produits finis incluant des livraisons locales. Du reste, la vallée de l'Arve ne se contente plus de livrer de simples pièces détachées, ni même des sous-ensembles répondant aux normes imposées par le donneur d'ordres. La haute capacité technologique permet à l'entreprise haut-savoyarde de jouer le rôle de co-développeur intervenant dans la conception même du produit, proposant des solutions originales aux problèmes que le client soumet à son bureau d'études équipé en systèmes informatiques CAO/DAO (Conception et Dessin Assistés par Ordinateurs) : c'est en partie chez Bontaz, à Scionzier, que s'élaborent les moteurs qui équiperont nos voitures en 2006 ou 2007.                                     


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      L'évolution des structures industrielles

    Certes, 95 % des entreprises de décolletage emploient moins de 50 personnes (50 % moins de 10) et ont toujours leur siège social dans la vallée. Cette structure dispersée, constamment renouvelée par l'essaimage, satisfait l'individualisme patronal traditionnel. Elle se révèle aussi la mieux adaptée à la flexibilité indispensable au bon fonctionnement de la sous-traitance. Mais le phénomène de concentration est largement amorcé avec apparition de traitante. Elle est toujours corrigée par le rôle efficace du SN Dec et de son centre technique. Mais le phénomène de concentration est largement amorcé. Il peut prendre la forme d'un regroupement d'entreprises locales: ainsi, R.D.B.H. (ce sigle, d'après les noms des fondateurs) est né de la fusion de 18 entreprises à partir de 1989 ! Il peut être réalisé par croissance interne, lorsque la maison-mère crée de nouveaux établissements : le décolleteur Bontaz, quasiment inconnu en 1970, est présent à Prague depuis 1994, à Shanghai et Sao-Paulo depuis 1999. D'autres y ajoutent la croissance externe, par rachat d'affaires existantes Stequal, de Scionzier, spécialiste du découpage et de l'emboutissage, est à la tête d'un vrai réseau haut-savoyard à Thyez, Annecy-le-Vieux, Pringy, Doussard , A. Marquet, de Cluses, spécialiste des traitements thermiques, est présent à Thyez, Grenoble et Besançon ; etc... Dans tous les cas précédents, le développement reste sous le contrôle de décideurs locaux. Il n'en est plus de même lorsqu'il y a absorption par un groupe international. Or ce phénomène s'est généralisé dans la vallée de l'Arve où l'on compte une douzaine de prises de contrôle par des firmes nord-américaines. La liste en serait fastidieuse et a été reportée en annexe (voir " L'internationalisation des entreprises haut-savoyardes "). Faut-il y voir une menace par crainte d'une délocalisation ? On fera simplement observer que les entreprises ont été absorbées en fonction de leurs qualités intrinsèques, dont le savoir-faire de la main-d'oeuvre, qu'elles font l'objet d'investissements hautement valorisant en particulier dans la Recherche-Développement ; qu'elles bénéficient, à proximité de Genève, d'une excellente situation géographique qui leur vaut parfois d'être choisies comme bases logistiques pour un rayonnement intercontinental.

     

    Le pouvoir d’impulsion du décolletage se communique à l’ensemble de l’économie locale. Sur le plan sectoriel, la plupart des autres branches de l’industrie sont  liées au travail des métaux. Dans l’électromécanique, on retrouve Somfy, déjà cité. Invensys Appliance Control pour les composants d’automatismes (600 emplois à Cluses) est la dernière appellation de la filiale Sibel de Carpano-Pons.  Bosch Techniques d’Automation (transmissions hydrauliques, 500 emplois) a racheté une filiale de la C.G.E. décentralisée de Paris à Bonneville en 1962.  La téléphonie est également représentée avec Ascom-HPF (matériel téléphonique et installation de centraux) à Bonneville également (380 emplois). Rares sont les entreprises dont la présence a été commandée par d’autres logiques de développement. La proximité de Megève et de Chamonix suffirait à expliquer la  présence à Sallanches de la  Société des Plastiques Synthétiques  Dynastar (ski et articles de sport), décentralisée de la région parisienne en 1962. Dans cet ensemble, la firme Fruité, à La Roche-sur-Foron, spécialisée dans les briquettes et bocaux de jus defruits, est inattendue.

     
    15-Bosch, à Bonneville

    Sur le plan géographique,  Cluses  continue à remplir son rôle d’impulsion  avec la concentration des sièges sociaux, des organisations  professionnelles précitées, des établissements d’enseignement (dont l’ex Ecole nationale d’horlogerie devenue lycée technique. Les pouvoirs publics s’efforcent de coordonner leurs efforts avec ceux des entreprises. Cette ville est également, avec ses voisines de Scionzier, Thiez et Marnaz, le principal pôle d’emploi (plus de 10 000  actifs dans l’industrie soit la quasi totalité des actifs dans ces deux dernières communes). Mais l’ industrie a diffusé à partir de ce centre sur une trentaine de kilomètres  dans toute la vallée, vers Magland et Sallanches à l’amont,  et jusqu’à Bonneville à l’aval Cette sous-préfecture conserve ses prérogatives de centre administratif tandis que La Roche-sur-Foron  joue intelligemment sa partition : depuis sa fondation en 1919, la Société Savoisienne de Crédit Commercial et Industriel, intégrée depuis dans le réseau des banques populaires, a favorisé le développement de nombreuses entreprises de décolletage ; depuis 1958, la biennale de la machine-outil, axée sur le décolletage, réunit de nombreux exposants français et étrangers. La vallée de l’Arve offre ainsi  une remarquable illustration du phénomène de développement endogène. 


    16-Bassin de Cluses vers 1990

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