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L'industrie
en Savoie
Auteur : Louis CHABERT - Niveau de lecture : Public |
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TARENTAISE, MAURIENNE, VAL D’ARLY : LES VALLEES DE LA HOUILLE BLANCHE
On
parle de la révolution de la houille blanche. Cette expression
est doublement justifiée, sur le plan technologique et sur le plan géographique. .Révolution
technologique.
La maîtrise de l’énergie électrique a permis un renouvellement des techniques
de fabrication dans la métallurgie et dans la chimie par l’intermédiaire
de deux outils de grande taille : -
le four électrique
dans lequel l’électricité agit par élévation des matières à haute température
d’où le nom d’électrothermie. -
la cuve d’électrolyse
dans laquelle le courant électrique, traversant le bain de l’anode vers
la cathode dissocie un corps en ses éléments. Révolution
géographique. A la fin du 19° siècle
et au début du 20°, le transport de l’énergie électrique ne se fait pas
sans lourdes pertes en ligne. C’est pourquoi les usines s’installent obligatoirement
dans les vallées à fort potentiel hydroélectrique, dont les cours d’eau
ont une forte pente et/ou
un débit appréciable. C’est le privilège des vallées des Grandes Alpes : -
Tarentaise (vallée de l’Isère et de l’Arly) et Maurienne (vallée
de l’Arc) en Savoie. -
Dans le haut Faucigny, sur l’Arve et sur le Giffre. Une
seule exception: l’usine de Saint-Béron sur le Guiers, dans l’Avant-Pays
savoyard. Cette industrialisation n’a été possible que parce qu’elle avait
été précédée (en Maurienne depuis 1871) ou accompagnée par la construction
du réseau ferroviaire car on traite des matières pondéreuses. La grande
industrie s’est installée dans des secteurs géographiques qui n’avaient
connu jusqu’alors qu’une modeste activité artisanale ou minière (mines
d’anthracite, de plomb argentifère, carrières de gypse, d’ardoise…) :
il s’agit donc bien pour ces contrées, d’une véritable révolution !
L’électrolyse
de l’aluminium a été développée précocement à l’initiative de l’inventeur
du procédé Paul Héroult dans les usines mauriennaises de La Praz (1893)
et de La Saussaz (1905). Il a été imité par la société Alais et Camargue,
la future Pechiney, qui fonde
en 1907 l’usine de Saint-Jean-de-Maurienne et rachète celle de Calyps,
fondée en 1890. La société d’Ugine n’aura
la sienne, à Venthon, qu’à partir de 1925. Les premières fabrications chimiques traitaient le sel marin pour la fabrication des chlorates à Prémont, en Maurienne (industrie du blanchiment
et des allumettes) ; celle de Chedde en Faucigny se fer connaître
par ses explosifs. En 1920, le sel devient également la base de l’industrie
du sodium à Pomblière, en Tarentaise. Plus importante encore est la fabrication
du carbure de calcium qui fut
longtemps la matière première de base de la chimie organique (engrais,
plastiques, pharmacie…) avant d’être détrônée par les produits pétroliers
après la Deuxième Guerre mondiale. Le
rôle pionnier a été tenu par l’usine de Notre-Dame-de-Briançon à partir
de 1898 mais beaucoup d’autres s’y sont consacrées exclusivement
par la suite (Le Glandon, Villarodin-Bourget, en Maurienne) ou
en ont ouvert un atelier. En 1923 est ouverte à Epierre une usine de phosphore, transférée de la région d’Annecy.
L’électrométallurgie
travaille l’acier à partir de
ferrailles. Ce fut l’affaire de la société fondée en 1903 par le Suisse
Paul Girod. Elle deviendra la plus grande des Alpes et se spécialisera
dans les aciers de grande qualité ;
elle établira en particulier sa réputation sur les inoxydables.
La firme Renault y spécialise aussi son usine de Saint-Michel-de-Maurienne
à partir de 1925.Pour obtenir des aciers de grande qualité ainsi que des
aciers alliés à d’autres métaux, une préparation préalable s’impose :
c’est l’industrie des ferros (ferro-alliages).
Elle a été développée par diverses sociétés dans les usines du Giffre,
de Saint-Béron, de Montricher. Retenons le rôle de la société de Bozel,
en Tarentaise, dans son usine de Villard-du-Planay, vers 1900,
dédoublée ensuite à Château-Feuillet à partir de 1932. Quant à la société
d’Ugine, elle s’accroît en 1938 de l’usine de Moûtiers consacrée à la
préparation des alliages de chrome et de nickel pour la fabrication des
inox.
En
fait, une stratégie va s’avérer payante. D’une part, les sociétés industrielles
spécialisent leurs établissements alpins dans les fabrications incluant
le maximum de matière grise et les moins sensibles aux charges de transport ;
d’autre part, elles construisent dans des sites privilégiés, en particulier
sur les littoraux, des usines vouées aux fabrications
plus banales. Ugine par exemple s’installe à Fos et Pechiney à
Dunkerque. Elles s’efforcent parallèlement de concentrer leurs moyens
par des regroupements qui aboutissent à la constitution en 1972 du groupe
PUK (Pechiney-Ugine-Kuhlmann). Béron… ;
perte de contrôle du marché des matières premières pour l’atelier de cobalt
de Pomblière…D’autres usines ont été victimes de la concentration des
moyens de production sur quelques sites privilégiés. Dans le cas de l’aluminium,
la croissance s’est reportée sur Saint-Jean-de-Maurienne, mais elle a
entraîné la fermeture d’ateliers ou usines à Chedde, La Praz, La Saussaz
puis Venthon. La fermeture de l’usine de chlorates de Prémont et de l’atelier
de Chedde n’a profité à l’établissement dauphinois de Jarrie, près de
Grenoble. Il faut cependant citer un exemple de reconversion : Renault,
reprise par Fiat, a progressivement abandonné les opérations sidérurgiques
à Saint-Michel-de-Maurienne pour la fabrication dans une fonderie de précision
de petites pièces destinées en grande partie à l’industrie de l’automobile.
-
Au sommet, les grands groupes visent à la concentration horizontale :
leur objectif est de contrôler une part de plus en plus importante du
marché dans un créneau étroit par fusion avec d’autres affaires homologues.
USINOR-SACILOR avec le belge Cockerill pour les aciers ordinaires ;
Elf grossi, après Total, du belge Fina ; Pechiney (sans succès pour
l’instant) avec le canadien ALCAN. |
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