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L'industrie en Savoie
Auteur : Louis CHABERT - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE


TOUS PUBLICS
  • Introduction
  • Vallée de l'Arve et Genevois sous l'influence de Genève
  • Le Genevois savoyard
  • Tarentaise, Maurienne, Val d'Arly: les vallées de la houille blanche
  • Annecy, Chambéry, Thonon: l'industrie en milieu urbain


    NOTES
  • Un modèle d'entreprise innovante: Salomon
  • C'a roule pour la SNR
  • Une politique volontariste: l'exemple du département de la Savoie.
  • Les industries de la houille blanche: quelques définitions.
  • L'internationnalisation des entreprises de Haute-Savoie

  • ANNEXES
  • Bibliographie

    VOIR SUR SABAUDIA.ORG
  • Carte "Iindustrie en Savoie"
  • Carte "Energie en Savoie"
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    ANNECY, CHAMBERY, THONON :
    l’INDUSTRIE EN MILIEU URBAIN

    La situation de villes comme Annecy, Chambéry et Thonon sur le bord occidental de la chaîne des Alpes n’est pas étrangère au rôle de commandement qu’elles ont exercé dans le passé et qui est symbolisé par la présence d’un château ducal. Elles ont conservé à des degrés divers leurs fonctions administratives et développé leur rôle commercial. L’industrie s’est greffée sur ce milieu urbain selon  à des époques et selon des modalités qui confèrent à chacune d’elles son originalité.

     Au 19° siècle, la première révolution industrielle

     La Savoie était située loin des grands foyers industriels nées sur les bassins houillers et miniers de l’Europe occidentale. Certaines des activités typiques de cette phase de développement s’y sont cependant développées sur un mode mineur : sidérurgie, textile, papeterie, tannerie…

     Ces activités constituent la première strate de l’actuel édifice industriel d’Annecy et de Faverges :

    -         Dès 1800, une manufacture de cotonnades est installée à Annecy. Elle profite des eaux du Thiou, émissaire du lac et des locaux  vacants d’un couvent de Clarisses. Elle emploie 1800 personnes en 1860. A la même date, la soierie, à Faverges en occupe 1200.

    -          La sidérurgie et la première transformation du métal sont présentes surtout à Annecy où les Forges de Crans ont été plusieurs fois modernisées depuis le 18° siècle.

    -         La papeterie décline  à Faverges mais  reçoit à Annecy à partir de 1800 une vigoureuse impulsion de la part d’Aussedat, un industriel d’Annonay.

    Diverses mines de fer, dont celles des Hurtières, à l’entrée de la Maurienne, le bois des forêts, le lignite d’Entrevernes en bordure des Bauges ont assuré les bases  de cet essor qui a bénéficié également d’une main-d’œuvre abondante et de la politique protectionniste du gouvernement sarde entre 1815 et 1860.

     A  Chambéry, cette première phase n’est représentée que par quelques affaires d’envergure familiale dans l’alimentation (vermouth, pâtes alimentaires Chiron). La tradition de la papeterie se poursuit sur les ruisseaux du voisinage : La Serraz, au Bourget-du-Lac ; Leysse, à Saint-Alban-Leysse. La soierie lyonnaise a essaimé jusqu’à la Combe de Savoie mais n’a été importante que dans l’Avant-Pays savoyard, sur les bords du Guiers.


    28-A Chambéry, les pâtes Chiron marque Croix de Savoie

     La révolution de la houille blanche

     Annecy a fait le saut technologique par l’équipement de deux centrales sur le Fier (1899 et 1920) permettant l’adaptation des Forges de Cran et de la papeterie Aussedat. L’électricité bon marché a attiré Baïkowski, venu de Boulogne sur Mer pour la fabrication de pierres précieuses synthétiques ; c’est l’ancêtre, avec deux imitateurs, de l’actuelle PSB (Pierres Synthétiques Baïkowski). Sensible à cet avantage, l’industriel suisse Schmidt  obéit de surcroît à des considérations stratégiques : il quitte Delle  trop proche du front pour fonder sur les bords du Thiou son usine de roulements à billes en 1916. Trois autres industriels suisses installent à la même date leur fabrique de montres bracelets métalliques très prisés des poilus afin d’échapper au cordon douanier de la Grande Zone.

     Faverges présente le même exemple de continuité et d’adaptation. La fabrication de soieries se maintient, reprise par un Suisse en 1902 et quand elle décline, Stäubli, originaire de la même commune, près de Zürich, installe dans une partie des locaux son usine de ratières (pièces de métiers à tisser). La libération de la main-d’œuvre féminine permet à la firme Tissot-Dupont de transférer de Paris sa maroquinerie de luxe qui se consacrera plus tard aux briquets.

     L’industrialisation de Thonon profite également de l’aménagement hydroélectrique de la Dranse et du bois des forêts chablaisiennes : un industriel normand dont les locaux ont été réquisitionné par l’armée pendant la guerre de 14-18  installe sa fabrique de papier à cigarettes Zig-Zag (plus tard Bolloré). La mode du thermalisme a profité à Evian qui a sa société des Eaux Minérales à partir de 1859. Mais c’est seulement à partir de l’arrivée du chemin de fer que l’affaire prend une dimension industrielle : de 100 000 bouteilles en 1881, les ventes passent à 12 millions en 1913.

     

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    29-Etablissement thermal d’Evian

      Chambéry ne saisit pas la chance d’un approvisionnement facile en énergie électrique pour son industrialisation si ce n’est par l’installation en 1912 d’une modeste usine de laminage d’aluminium. Le transfert depuis la Maurienne en 1916 de la maison Opinel a plus de résonances emblématiques que d’effet sur l’emploi. Paradoxalement, c’est dans la station thermale d’Aix-les-Bains que des entrepreneurs suisses installent en 1921 une usine de transformateurs et condensateurs : la Savoisienne. Dans leur voisinage des vocations de sous-traitants pour cuves, bobinage.. Pour expliquer la singularité du  cas chambérien, il convient d’invoquer le comportement allergique de la bourgeoisie locale. Si Duport, en 1800,  a préféré Annecy pour y fonder sa fabrique de cotonnades, c’est parce qu’il  a trouvé dans cette ville  moins de résistance qu’à Chambéry à laquelle l’attachaient pourtant des liens matrimoniaux. A l’ère  de la houille blanche, dans l’ancienne capitale des ducs, les élites ne voient pour leurs fils d’autres vocations dans les domaines administratif, judiciaire, militaire, commercial. Seul le développement des transports, avec la naissance entre les deux guerres, de la société Bourgey-Montreuil  est à mettre en rapport avec les besoins de l’électochimie-métallurgie des grandes vallées.

       Les Trente Glorieuses

     La conjoncture a favorisé, bien entendu, la croissance des  firmes en place. L’expansion du marché de l’automobile, par exemple, a profité  considérablement à la Société Nouvelle de Roulements (SNR), héritière de la SRO après son rachat par la régie Renault en 1946. Elle emploie 3000 personnes en 1970. Des entrepreneurs locaux  saisissent les opportunités offertes par les ressources locales (lait, bois) et l’essor des sports de montagne. Mais la période est surtout marquée par la grande réussite de la politique de décentralisation, parisienne en particulier.

     L’industrie papetière de Thonon (les Papeteries du Léman) poursuit son ascension (350 emplois vers 1970). De même, la société des Eaux d’Evian s’agrandit en 1965 d’une nouvelle usine d’embouteillage à Amphion, sur la commune de Publier. Son passage sous contrôle de BSN en 1971 favorise les investissements. En 1973, elle emploie sur place  1700 salariés et vend près de 700 millions de bouteilles. Les Fonderies du Léman, nées en 1948 d’une initiative locale, se développent dans la mouvance du décolletage de la vallée de l’Arve. L’échec de la tentative (1956) de Pathé-Marconi libère des locaux pour l’installation d’un deuxième candidat parisien à la décentralisation : Thomson démarre en 1963 une fabrication de tubes pour postes de radio et TV. Les charmes du site lacustre et la proximité de Genève ont compté pour beaucoup dans ce choix.

    Chambéry naît vraiment à l’industrie à partir des années 50. Le Verre Textile, filiale de Saint-Gobain, est le premier, en 1951, à  décentraliser ses fabrications de billes et fils de verre dans les locaux laissés vacants par l’implantation manquée  de Fiat entre les deux guerres  d’une usine de roulements à billes Avec 1400 emplois, c’est la plus grosse affaire de l’agglomération... 300 ha sont mis à la disposition des entreprises sur la zone industrielle  de Bissy, commune nouvellement annexée. Les décentralisations se multiplient : la Technique intégrale, filiale du groupe SKF (roulements à billes) en 1971; Placoplâtre, les pompes Guinard, OTALU (filiale de Pechiney dans l’outillage pour le travail de l’aluminium) en 1966 ;. Aix-les-Bains n’est pas en reste. La Compagnie Générale d’Electricité, qui a intégré la Savoisienne dans sa  filiale Alsthom, crée de nombreux emplois féminins dans son autre filiale la CIT ( Compagnie Industrielle des Télcommunications). Au total, 1500 salariés dans le groupe tandis que les sous-traitants, dont Cellier,  prospèrent en s’émancipant.  A Montmélian, une active politique municipale attire des industries dans  ce magnifique carrefour  resté jusqu’alors vide d’industrie mais avec l’arrivée de Merlin-Gerin, cette décentralisation est plutôt grenobloise.


    30-A Chambéry, RIV (Fiat) est un échec

     


    31-Le Verre Textile s’installe dans les bâtiments de RIV avant de s'étendre à Bissy

      Annecy et sa région voient naître une troisième génération d’industries. Les initiatives locales  ne manquent pas :

    -         Entremont, spécialisé dans l’affinage des fromages et les produits laitiers, devient un des grands de l’agroalimentaire.

    -         Salomon amorce en 1954 un remarquable essor qui en fera dès 1972 le leader mondial des fixations de ski. Plus modestes sont deux affaires de confection liées, elles aussi, à la montagne : Millet (sacs, accessoires d’alpinisme) et Fusalp (vêtements de sports)

    -         Dans la construction mécanique et électrique : Métrix – depuis 1997, Chauvin-Arnoux (appareils de contrôle) ; Wirth (machines-outils) ; les pompes Guinard

    Mais la vitalité du milieu annécien  tient encore plus aux nombreuses  opérations de décentralisation :

    -         1946 : la société industrielle des Coussinets (aujourd’hui Glacier Vandervell) pour la construction automobile.

    -         1952 :la société devenue Alcatel en 1963 (mécanique de précision, matériel électronique)

    -         1953 : Gillette (rasoirs et lames de rasoir)
    -         1957 :la SICN qui prépare les capsules de zirconium pour les centrales nucléaires.
    -         1960 : Rectiphase, aujourd’hui Schneider Electric (montage de condensateurs)

     
    32-La Société Nouvelle de Roulements : des roulements intelligents

     La croissance annécienne se communique aux petites villes de la périphérie. Avec Bourgeois, spécialiste des cuisinières et autres matériels de cuisson, Faverges ajoute à Stäubli et Dupont une troisième spécialité. Le démarrage de la société Fournier à Thônes ne laisse pas encore présager les remarquables développements de cette affaire bien connue par sa marque Mobalpa. Mais les débuts les plus importants concernent Rumilly :

    -         1958 : A l’étroit à Suresnes, l’inventeur du revêtement antiadhésif des ustensiles de cuisine, qui commercialise sous la marque TEFAL se laisse convaincre par les Forges de Crans qui le fournissent en disques d’aluminium de venir s’installer à Rumilly .L’expansion est facilitée par l’absorption dans le groupe SEB : il y aura 1000 emplois en 1978

    -         début des années 70 : installation de la firme suisse Nestlé qui, en reprenant la marque Mont Blanc, s'oriente finalement vers la fabrication de barres de céréales, abandonnant les produits laitiers de l'Albanais. Il ne manque plus que Salomon pour compléter la trilogie.

     
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    34- Schneider Electric

     Crise ou mutation contemporaine ?

    Les conditions du développement industriel ont considérablement changé dans le dernier quart du 20° siècle. La modernisation des moyens de transports est un préalable. Avec l’ouverture de l’autoroute A 43 en 1973, la Savoie a été désenclavée par rapport au sillon rhodanien ; dès le début des années 80, l’A 41 a facilité le trafic dans le sillon alpin entre  Grenoble et Genève. La mobilité des hommes s’est également accrue par la liaison TGV vers Paris. La priorité accordée à la qualité du cadre de vie a favorisé la concentration urbaine des emplois. Le slogan haut-savoyard un cadre pour les cadres pourrait être celui des villes de la bordure alpines et  de leurs sites lacustres. Le développement de l’Université de Savoie, devenue autonome à partir de 1979 et qui compte aujourd’hui 12000 étudiants autour des pôles chambérien et annécien a renforcé ce pouvoir attractif.

     Tandis que l’économie mondiale se libéralise de plus en plus, facilitant en particulier les délocalisations industrielles, en contrepartie, les autorités se doivent d’adopter une attitude de plus en plus volontariste pour le maintien, voire le développement de l’emploi. Le département de la Savoie peut être pris comme exemple de la synergie qui s’est établie entre les différents partenaires : Conseil général, université, CCI, entreprises, pour atteindre cet objectif dont est indissociable le développement de la recherche.

     La traduction de ces efforts dans la région chambérienne,  qui concentre 154 000 habitants entre Aix-les-Bains et Montmélian, est apparemment modeste sur le plan sectoriel dans la mesure où l’on n’enregistre depuis les années 60 aucune implantation d’établissements de grande taille sous un drapeau prestigieux. La mutation est pourtant  bien réelle mais elle est le fait de ce tissu de PMI/PME si longtemps espéré :

    -         Dans les secteurs traditionnels induits par la révolution de la houille blanche, il s’agit surtout de la consolidation d’entreprises métallurgiques à Aix-les-Bains (Cellier, Girod…), à Chambéry (OTALU, Bölhoff, SKF), à Montmélian (Merlin-Gerin, Braillon). La CAMIVA (filiale de Renault Trucks) est spécialisée dans le montage des pompes et des véhicules d'incendie. La construction électrique reste bien vivante, tant à Aix-les-Bains (Alstom) qu'à Montmélian (Merlin-Gérin) et Chambéry (SAPEM).

    -         Dans le sillage de Vétrotex (Verre textile et fibres de renforcement) et de son centre de recherche international, une filière de la mise en oeuvre de matériaux composites se met en place progressivement.

    -         Pas de Salomon ou de Dynastar en comme en Haute-Savoie mais la proximité de la montagne suscite des vocations dans les domaines du matériel d’alpinisme, des remontées mécaniques et du matériel de travail de la neige (Leitner).

    -         La croissance urbaine a induit une floraison d’entreprises qui ressortissent à l’écodéveloppement.

    - une autre adaptation remarquable est celle de la filière des industries agroalimentaires dans les secteurs de la fabrication des pâtes (troisième producteur de France), des sirops (second producteur national), de la torréfaction du café (troisième producteur national), de la chocolaterie...


    35-Savoie-Technolac, au bord du lac du Bourget

     Le Conseil général entend déterminer la trame géographique du développement industriel en orientant les investissements vers quelques pôles : Alpesspace à Montmélian, Hexapôle à Méry, près d’Aix-les-Bains, Val Guiers dans l’Avant-Pays. Mais la grande réussite est la reconversion , à partir de 1987, sur la commune du Bourget-du-Lac, d’une ancienne base aérienne militaire en un complexe conçu pour faciliter la coopération  entre l’Université dans ses disciplines scientifiques et techniques, et les entreprises innovantes : ce sera Savoie-Technolac. Ce site de 72 ha été aussi le lieu d’élection  des autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche et d’une centaine d’entreprises sélectionnées en fonction de leur orientation vers les créneaux d’avenir (matériaux composites, communication, énergies renouvelables, environnement). Le département y est présent par son Agence Economique. En outre, cette localisation entre Chambéry et Aix, et le voisinage d’Hexapôle, renforce la crédibilité du département dans sa volonté de consolider le maillon central du sillon alpin entre Grenoble et Annecy.


    36- Le pôle de développement de Val Guiers

     

     


    37-Le pôle de développement Alpespace à Montmélian

     Dans la région annécienne, le  développement industriel (22 400 emplois) tend de plus en plus à affecter la forme d’une nébuleuse dont l’image se complique du fait d’une distribution sectorielle contrastée entre ses éléments. On peut, pour la commodité de l’analyse, en distinguer quatre.

    Annecy et Cran-Gevrier en sont le cœur traditionnel et totalisent 5600 emplois. Ce cœur reste donc fortement industrialisé. Le fait est à souligner alors que les fonctions tertiaires liées tant au rôle administratif du chef-lieu qu’à une vocation touristique affirmée sont plus développées que jamais. Chaque génération imprime encore sa marque :

    -         De la première subsistent les Forges de Crans devenues Pechiney Rhenalu ainsi que les Papeteries de Cran.

    -         La génération contemporaine  de la houille blanche reste très importante avec la SNR ; Rexam-Reboul en relais de la bijouterie mécanique ; PSB (Baïkoiwski), dont la diversification dans l’emballage, les spécialités chimiques, l’aquariophilie, défie l’énumération.          


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     -         Les Trente Glorieuses ont légué Alcatel, SICN, Glacier Vandervell successeur des Coussinets, Entremont, Millet, Fusalp…

     Le quadrant nord de l’agglomération sur un rayon de cinq kilomètres environ (communes d’Annecy-le-Vieux, Argonay, Pringy, Metz-Tessy, Poisy ainsi que Meythet au sud-ouest profite à plein de l’effet de l’autoroute avec ses échangeurs. Il a connu un développement spectaculaire moins par un développement autonome que par un double phénomène. D’une part, il a bénéficié du desserrement du centre annécien : les plus beaux  exemples en sont la SNR, agrandie à Meythet et Seynod, et Salomon, à Seynod et Metz-Tessy. D’autre part, il a été préféré (ainsi du reste que Cran-Gevrier) par les firmes innovantes dans les domaines de l’électronique et de l’informatique. Dans ces communes la prolifération de telles entreprises est telle qu’on peut parler d’une quatrième génération. Des 7400 emplois relevant de ces secteurs recensés en 2000 par la CCI  pour l’ensemble de la  Haute-Savoie, 4000 sont concentrés sur cet étroit territoire. Les entreprises les plus nombreuses et, souvent, les plus importantes, sont sur Annecy-le-Vieux où elles représentent une concentration de 2500 personnes, particulièrement sur la zone des Glaisins : citons la SOPRA, 450 emplois ; Abel, 220 ; Compaq Comuter, 150 ; Prisme SA, 140. A Pringy, où  sont installés Rectiphase (180 emplois) et Réal SA (140), cette forte dominante    n’exclut pas des activités plus traditionnelles comme les fournitures scolaires et de bureau (la MAPED), la métallurgie spécialisée (Thermocompact ou Wirth-Gruffat), ce qui explique un total de 1200 emplois. A Argonay, le principal employeur est Dassault Aviation (photo ci-dessous).

     
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    De l’agglomération annécienne se détachent quelques tentacules sur un rayon de 10 à 15 km suivant les principaux axes routiers : La Balme-de-Sillingy, au nord-ouest ; Allonzier-La Caille, au nord (Pilot, stylos à billes et à encre, 120 emplois) ; Sevrier (le fameux fondeur de cloches Paccard) et Saint-Jorioz (5 PMI dans l’électronique, Technogénia dans les revêtements métalliques spéciaux, Ivoclar Vivadent, pour les prothèses dentaires)    sur la rive ouest du lac ; Saint-Félix et Alby-sur-Chéran (Open Cabling System, électronique ; Galderma, produits dermatologique) vers le sud-ouest.

     

    Viennent enfin trois pôles distants d’une vingtaine de kilomètres :

    -         Faverges, remarquable exemple de continuité (1940 emplois industriels) avec la trilogie Stäubli, Dupont et Bourgeois ;

    -         Plus inattendue est l’exceptionnelle croissance au cœur de la montagne de la société Fournier dont les meubles de cuisine, puis les salles de bains et les meubles de rangement ont conquis une réputation internationale. Le bourg de Thônes avec 600 emplois ne suffit plus à son expansion qui se poursuit dans l’agglomération annécienne à Poisy (160 emplois) et Metz-Tessy (40).

     Le cas de Rumilly est encore plus étonnant. Avec ses 3780 emplois industriels dans une petite ville de 10 000 habitants. Salomon, décentralisé d’Annecy, et Tefal y prospèrent plus que jamais avec respectivement 1000 et 2200 emplois. L’implantation, dans les années 70, de Nestlé a été un temps remise en cause par la préférence  des livreurs de lait pour la fabrication d’emmental en coopératives. La reconversion au début des années 90 aux produits alimentaires à base de diverses céréales dans le cadre d’une joint venture avec une société américaine semble réussi : Cereal Partners emploie aujourd’hui 250 salariés.


    40-Tefal, à Rumilly

    Les raisons de cette étonnante prospérité de la région annécienne sont celles déjà énoncées  ci-dessus : facilités accrues des communications ; cadre urbain soigné et en plein essor démographique ; implication des responsables politiques, universitaires, industriels. Mais il faut souligner un sens très aigu de l’initiative et de l’innovation dont la SNR ou Salomon sont de parfaits exemples.

     

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