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ANNECY, CHAMBERY, THONON :
l’INDUSTRIE EN MILIEU URBAIN
La
situation de villes comme Annecy, Chambéry et Thonon sur le bord occidental
de la chaîne des Alpes n’est pas étrangère au rôle de commandement qu’elles
ont exercé dans le passé et qui est symbolisé par la présence d’un château
ducal. Elles ont conservé à des degrés divers leurs fonctions administratives
et développé leur rôle commercial. L’industrie s’est greffée sur ce milieu
urbain selon à des époques et selon des modalités qui confèrent
à chacune d’elles son originalité.
Au
19° siècle, la première révolution industrielle
La
Savoie était située loin des grands foyers industriels nées sur les bassins
houillers et miniers de l’Europe occidentale. Certaines des activités
typiques de cette phase de développement s’y sont cependant développées
sur un mode mineur : sidérurgie, textile, papeterie, tannerie…
Ces
activités constituent la première strate de l’actuel édifice industriel
d’Annecy et de Faverges :
-
Dès 1800, une manufacture de cotonnades est installée à Annecy.
Elle profite des eaux du Thiou, émissaire du lac et des locaux
vacants d’un couvent de Clarisses. Elle emploie 1800 personnes
en 1860. A la même date, la soierie, à Faverges en occupe 1200.
-
La sidérurgie et la première transformation
du métal sont présentes surtout à Annecy où les Forges de Crans ont été
plusieurs fois modernisées depuis le 18° siècle.
-
La papeterie décline à
Faverges mais reçoit à Annecy à partir de 1800 une vigoureuse
impulsion de la part d’Aussedat, un industriel d’Annonay.
Diverses
mines de fer, dont celles des Hurtières, à l’entrée de la Maurienne, le
bois des forêts, le lignite d’Entrevernes en bordure des Bauges ont assuré
les bases de cet essor qui a bénéficié également d’une
main-d’œuvre abondante et de la politique protectionniste du gouvernement
sarde entre 1815 et 1860.
A Chambéry, cette première phase n’est représentée que par quelques affaires d’envergure
familiale dans l’alimentation (vermouth, pâtes alimentaires Chiron). La
tradition de la papeterie se poursuit sur les ruisseaux du voisinage :
La Serraz, au Bourget-du-Lac ; Leysse, à Saint-Alban-Leysse. La soierie
lyonnaise a essaimé jusqu’à la Combe de Savoie mais n’a été importante
que dans l’Avant-Pays savoyard, sur les bords du Guiers.

28-A Chambéry, les pâtes Chiron
marque Croix de Savoie
La
révolution de la houille blanche
Annecy
a fait le saut technologique par l’équipement
de deux centrales sur le Fier (1899 et 1920) permettant l’adaptation des
Forges de Cran et de la papeterie Aussedat. L’électricité bon marché a
attiré Baïkowski, venu de Boulogne sur Mer pour la fabrication de pierres
précieuses synthétiques ; c’est l’ancêtre, avec deux imitateurs,
de l’actuelle PSB (Pierres Synthétiques Baïkowski). Sensible à cet avantage,
l’industriel suisse Schmidt obéit
de surcroît à des considérations stratégiques : il quitte Delle
trop proche du front pour fonder sur les bords du Thiou son usine
de roulements à billes en 1916. Trois autres industriels suisses installent
à la même date leur fabrique de montres bracelets métalliques très prisés
des poilus afin d’échapper au cordon douanier de la Grande Zone.
Faverges
présente le même exemple de continuité et d’adaptation. La fabrication
de soieries se maintient, reprise par un Suisse en 1902 et quand elle
décline, Stäubli, originaire de la même commune, près de Zürich, installe
dans une partie des locaux son usine de ratières (pièces de métiers à
tisser). La libération de la main-d’œuvre féminine permet à la firme Tissot-Dupont
de transférer de Paris sa maroquinerie de luxe qui se consacrera plus
tard aux briquets.
L’industrialisation
de Thonon profite également de
l’aménagement hydroélectrique de la Dranse et du bois des forêts chablaisiennes :
un industriel normand dont les locaux ont été réquisitionné par l’armée
pendant la guerre de 14-18 installe
sa fabrique de papier à cigarettes Zig-Zag (plus tard Bolloré). La mode
du thermalisme a profité à Evian qui a sa société des Eaux Minérales à
partir de 1859. Mais c’est seulement à partir de l’arrivée du chemin de
fer que l’affaire prend une dimension industrielle : de 100 000 bouteilles
en 1881, les ventes passent à 12 millions en 1913.
l
29-Etablissement thermal d’Evian
Chambéry ne saisit pas la chance d’un approvisionnement facile en énergie électrique
pour son industrialisation si ce n’est par l’installation en 1912 d’une
modeste usine de laminage d’aluminium. Le transfert depuis la Maurienne
en 1916 de la maison Opinel a plus de résonances emblématiques que d’effet
sur l’emploi. Paradoxalement, c’est dans la station thermale d’Aix-les-Bains
que des entrepreneurs suisses installent en 1921 une usine de transformateurs
et condensateurs : la Savoisienne. Dans leur voisinage des vocations
de sous-traitants pour cuves, bobinage.. Pour expliquer la singularité
du cas chambérien, il convient d’invoquer le comportement
allergique de la bourgeoisie locale. Si Duport, en 1800, a préféré Annecy pour y fonder sa fabrique
de cotonnades, c’est parce qu’il a
trouvé dans cette ville moins
de résistance qu’à Chambéry à laquelle l’attachaient pourtant des liens
matrimoniaux. A l’ère de la houille
blanche, dans l’ancienne capitale des ducs, les élites ne voient pour
leurs fils d’autres vocations dans les domaines administratif, judiciaire,
militaire, commercial. Seul le développement des transports, avec la naissance
entre les deux guerres, de la société Bourgey-Montreuil
est à mettre en rapport avec les besoins de l’électochimie-métallurgie
des grandes vallées.
Les Trente Glorieuses
La
conjoncture a favorisé, bien entendu, la croissance des
firmes en place. L’expansion du marché de l’automobile, par exemple,
a profité considérablement à la
Société Nouvelle de Roulements (SNR), héritière de la SRO après son rachat
par la régie Renault en 1946. Elle emploie 3000 personnes en 1970. Des
entrepreneurs locaux saisissent
les opportunités offertes par les ressources locales (lait, bois) et l’essor
des sports de montagne. Mais la période est surtout marquée par la grande
réussite de la politique de décentralisation,
parisienne en particulier.
L’industrie
papetière de Thonon (les Papeteries du Léman) poursuit son ascension (350
emplois vers 1970). De même, la société des Eaux d’Evian s’agrandit en
1965 d’une nouvelle usine d’embouteillage à Amphion, sur la commune de
Publier. Son passage sous contrôle de BSN en 1971 favorise les investissements.
En 1973, elle emploie sur place 1700
salariés et vend près de 700 millions de bouteilles. Les Fonderies du
Léman, nées en 1948 d’une initiative locale, se développent dans la mouvance
du décolletage de la vallée de l’Arve. L’échec de la tentative (1956)
de Pathé-Marconi libère des locaux pour l’installation d’un deuxième candidat
parisien à la décentralisation : Thomson démarre en 1963 une fabrication
de tubes pour postes de radio et TV. Les charmes du site lacustre et la
proximité de Genève ont compté pour beaucoup dans ce choix.
Chambéry
naît vraiment à l’industrie à partir
des années 50. Le Verre Textile, filiale de Saint-Gobain, est le premier,
en 1951, à décentraliser ses fabrications
de billes et fils de verre dans les locaux laissés vacants par l’implantation
manquée de Fiat entre les deux guerres
d’une usine de roulements à billes Avec 1400 emplois, c’est la
plus grosse affaire de l’agglomération... 300 ha sont mis à la disposition
des entreprises sur la zone industrielle
de Bissy, commune nouvellement annexée. Les décentralisations se
multiplient : la Technique intégrale, filiale du groupe SKF (roulements
à billes) en 1971; Placoplâtre, les pompes Guinard, OTALU (filiale de
Pechiney dans l’outillage pour le travail de l’aluminium) en 1966 ;.
Aix-les-Bains n’est pas en reste. La Compagnie Générale d’Electricité,
qui a intégré la Savoisienne dans sa
filiale Alsthom, crée de nombreux emplois féminins dans son autre
filiale la CIT ( Compagnie Industrielle des Télcommunications). Au
total, 1500 salariés dans le groupe tandis que les sous-traitants, dont
Cellier, prospèrent en s’émancipant. A Montmélian, une active politique municipale
attire des industries dans ce
magnifique carrefour resté jusqu’alors
vide d’industrie mais avec l’arrivée de Merlin-Gerin, cette décentralisation
est plutôt grenobloise.

30-A Chambéry, RIV (Fiat) est un
échec

31-Le
Verre Textile s’installe dans les bâtiments de RIV
avant de s'étendre à Bissy
Annecy
et sa région voient naître une troisième génération
d’industries. Les initiatives locales
ne manquent pas :
-
Entremont, spécialisé dans l’affinage des fromages et les produits
laitiers, devient un des grands de l’agroalimentaire.
-
Salomon amorce en 1954 un remarquable essor qui en fera dès 1972
le leader mondial des fixations de ski. Plus modestes sont deux affaires
de confection liées, elles aussi, à la montagne : Millet (sacs, accessoires
d’alpinisme) et Fusalp (vêtements de sports)
-
Dans la construction mécanique et électrique : Métrix – depuis
1997, Chauvin-Arnoux (appareils de contrôle) ; Wirth (machines-outils) ;
les pompes Guinard
Mais
la vitalité du milieu annécien tient
encore plus aux nombreuses opérations
de décentralisation :
-
1946 : la société industrielle des Coussinets (aujourd’hui
Glacier Vandervell) pour la construction automobile.
-
1952 :la société devenue Alcatel en 1963 (mécanique de précision,
matériel électronique)
-
1953 : Gillette (rasoirs et lames de rasoir)
-
1957 :la SICN qui prépare les capsules de zirconium pour les
centrales nucléaires.
-
1960 : Rectiphase, aujourd’hui Schneider Electric (montage
de condensateurs)

32-La
Société Nouvelle de Roulements : des roulements intelligents
La
croissance annécienne se communique aux petites villes de la périphérie.
Avec Bourgeois, spécialiste des cuisinières et autres matériels de cuisson,
Faverges ajoute à Stäubli et Dupont une troisième spécialité. Le démarrage
de la société Fournier à Thônes ne laisse pas encore présager les remarquables
développements de cette affaire bien connue par sa marque Mobalpa. Mais
les débuts les plus importants concernent Rumilly :
-
1958 : A l’étroit à Suresnes, l’inventeur du revêtement antiadhésif
des ustensiles de cuisine, qui commercialise sous la marque TEFAL se laisse
convaincre par les Forges de Crans qui le fournissent en disques d’aluminium
de venir s’installer à Rumilly .L’expansion est facilitée par l’absorption
dans le groupe SEB : il y aura 1000 emplois en 1978
-
début des années 70 : installation de la firme suisse Nestlé
qui, en reprenant la marque Mont Blanc, s'oriente finalement vers la fabrication
de barres de céréales, abandonnant les produits laitiers
de l'Albanais. Il ne manque plus que Salomon pour compléter la trilogie.

33

34- Schneider Electric
Crise
ou mutation contemporaine ?
Les
conditions du développement industriel ont considérablement changé dans
le dernier quart du 20° siècle. La modernisation des moyens de
transports est un préalable. Avec l’ouverture de l’autoroute
A 43 en 1973, la Savoie a été désenclavée par rapport au sillon rhodanien ;
dès le début des années 80, l’A 41 a facilité le trafic dans le sillon
alpin entre Grenoble et Genève.
La mobilité des hommes s’est également accrue par la liaison TGV vers
Paris. La priorité accordée à la qualité du cadre de vie a favorisé la
concentration urbaine des
emplois. Le slogan haut-savoyard un cadre pour les cadres pourrait
être celui des villes de la bordure alpines et
de leurs sites lacustres. Le développement de l’Université de Savoie,
devenue autonome à partir de 1979 et qui compte aujourd’hui 12000 étudiants
autour des pôles chambérien et annécien a renforcé ce pouvoir attractif.
Tandis
que l’économie mondiale se libéralise de plus en plus, facilitant en particulier
les délocalisations industrielles, en contrepartie, les autorités se doivent d’adopter une attitude de plus en plus volontariste pour le maintien, voire le développement de l’emploi.
Le département de la Savoie peut être pris comme exemple de la synergie
qui s’est établie entre les différents partenaires : Conseil général,
université, CCI, entreprises, pour atteindre cet objectif dont est indissociable
le développement de la recherche.
La
traduction de ces efforts dans
la région chambérienne, qui concentre 154 000 habitants entre Aix-les-Bains
et Montmélian, est apparemment modeste sur le plan sectoriel dans la mesure
où l’on n’enregistre depuis les années 60 aucune implantation d’établissements
de grande taille sous un drapeau prestigieux. La mutation est pourtant
bien réelle mais elle est le fait de ce tissu de PMI/PME si longtemps
espéré :
-
Dans les secteurs traditionnels induits par la révolution de la
houille blanche, il s’agit surtout de la consolidation d’entreprises métallurgiques
à Aix-les-Bains (Cellier, Girod…), à Chambéry (OTALU, Bölhoff, SKF), à
Montmélian (Merlin-Gerin, Braillon). La CAMIVA (filiale de Renault Trucks)
est spécialisée dans le montage des pompes et des véhicules d'incendie.
La construction électrique reste bien vivante, tant à Aix-les-Bains
(Alstom) qu'à Montmélian (Merlin-Gérin) et Chambéry
(SAPEM).
-
Dans le sillage de Vétrotex (Verre textile et fibres de renforcement)
et de son centre de recherche international, une filière de la
mise en oeuvre de matériaux composites se met en place progressivement.
-
Pas de Salomon ou de Dynastar en comme en Haute-Savoie mais la
proximité de la montagne suscite des vocations dans les domaines du matériel
d’alpinisme, des remontées mécaniques et du matériel de travail
de la neige (Leitner).
-
La croissance urbaine a induit une floraison d’entreprises qui
ressortissent à l’écodéveloppement.
- une autre adaptation remarquable est celle de
la filière des industries agroalimentaires dans les secteurs de
la fabrication des pâtes (troisième producteur de France),
des sirops (second producteur national), de la torréfaction du
café (troisième producteur national), de la chocolaterie...

35-Savoie-Technolac,
au bord du lac du Bourget
Le
Conseil général entend déterminer la trame géographique du développement
industriel en orientant les investissements vers quelques pôles :
Alpesspace à Montmélian, Hexapôle à Méry, près d’Aix-les-Bains, Val Guiers
dans l’Avant-Pays. Mais la grande réussite est la reconversion ,
à partir de 1987, sur la commune du Bourget-du-Lac, d’une ancienne base
aérienne militaire en un complexe conçu pour faciliter la coopération
entre l’Université dans ses disciplines scientifiques et techniques,
et les entreprises innovantes : ce sera Savoie-Technolac. Ce site
de 72 ha été aussi le lieu d’élection
des autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche
et d’une centaine d’entreprises sélectionnées en fonction de leur orientation
vers les créneaux d’avenir (matériaux composites, communication, énergies
renouvelables, environnement). Le département y est présent par son Agence
Economique. En outre, cette localisation entre Chambéry et Aix, et le
voisinage d’Hexapôle, renforce la crédibilité du département dans sa volonté
de consolider le maillon central du sillon alpin entre Grenoble et Annecy.

36-
Le pôle de développement de Val Guiers

37-Le
pôle de développement Alpespace à Montmélian
Dans
la région annécienne, le développement industriel (22 400 emplois) tend
de plus en plus à affecter la forme d’une nébuleuse dont l’image se complique
du fait d’une distribution sectorielle contrastée entre ses éléments.
On peut, pour la commodité de l’analyse, en distinguer quatre.
Annecy
et Cran-Gevrier en sont le cœur traditionnel et totalisent 5600 emplois.
Ce cœur reste donc fortement industrialisé. Le fait est à souligner alors
que les fonctions tertiaires liées tant au rôle administratif du chef-lieu
qu’à une vocation touristique affirmée sont plus développées que jamais.
Chaque génération imprime encore sa marque :
-
De la première subsistent les Forges de Crans devenues Pechiney
Rhenalu ainsi que les Papeteries de Cran.
-
La génération contemporaine de
la houille blanche reste très importante avec la SNR ; Rexam-Reboul
en relais de la bijouterie mécanique ; PSB (Baïkoiwski), dont la
diversification dans l’emballage, les spécialités chimiques, l’aquariophilie,
défie l’énumération.

38
-
Les Trente Glorieuses ont légué Alcatel, SICN, Glacier Vandervell
successeur des Coussinets, Entremont, Millet, Fusalp…
Le
quadrant nord de l’agglomération sur un rayon de cinq kilomètres environ
(communes d’Annecy-le-Vieux, Argonay, Pringy, Metz-Tessy, Poisy ainsi
que Meythet au sud-ouest profite à plein de l’effet de l’autoroute avec
ses échangeurs. Il a connu un développement spectaculaire moins par un
développement autonome que par un double phénomène. D’une part, il a bénéficié
du desserrement du centre annécien : les plus beaux
exemples en sont la SNR, agrandie à Meythet et Seynod, et Salomon,
à Seynod et Metz-Tessy. D’autre part, il a été préféré (ainsi du reste
que Cran-Gevrier) par les firmes innovantes dans les domaines de l’électronique
et de l’informatique. Dans ces communes la prolifération de telles entreprises
est telle qu’on peut parler d’une quatrième génération. Des 7400 emplois
relevant de ces secteurs recensés en 2000 par la CCI
pour l’ensemble de la Haute-Savoie,
4000 sont concentrés sur cet étroit territoire. Les entreprises les plus
nombreuses et, souvent, les plus importantes, sont sur Annecy-le-Vieux
où elles représentent une concentration de 2500 personnes, particulièrement
sur la zone des Glaisins : citons la SOPRA, 450 emplois ; Abel,
220 ; Compaq Comuter, 150 ; Prisme SA, 140. A Pringy, où
sont installés Rectiphase (180 emplois) et Réal SA (140), cette
forte dominante n’exclut pas des activités plus traditionnelles comme les fournitures
scolaires et de bureau (la MAPED), la métallurgie spécialisée (Thermocompact
ou Wirth-Gruffat), ce qui explique un total de 1200 emplois. A Argonay,
le principal employeur est Dassault Aviation (photo ci-dessous).

39
De
l’agglomération annécienne se détachent quelques tentacules sur un rayon
de 10 à 15 km suivant les principaux axes routiers : La Balme-de-Sillingy,
au nord-ouest ; Allonzier-La Caille, au nord (Pilot, stylos à billes et
à encre, 120 emplois) ; Sevrier (le fameux fondeur de cloches Paccard)
et Saint-Jorioz (5 PMI dans l’électronique, Technogénia dans les revêtements
métalliques spéciaux, Ivoclar Vivadent, pour les prothèses dentaires)
sur la rive ouest du lac ; Saint-Félix et Alby-sur-Chéran
(Open Cabling System, électronique ; Galderma, produits dermatologique)
vers le sud-ouest.
Viennent
enfin trois pôles distants d’une vingtaine de kilomètres :
-
Faverges, remarquable exemple de continuité (1940 emplois industriels)
avec la trilogie Stäubli, Dupont et Bourgeois ;
-
Plus inattendue est l’exceptionnelle croissance au cœur de la montagne
de la société Fournier dont les meubles de cuisine, puis les salles de
bains et les meubles de rangement ont conquis une réputation internationale.
Le bourg de Thônes avec 600 emplois ne suffit plus à son expansion qui
se poursuit dans l’agglomération annécienne à Poisy (160 emplois) et Metz-Tessy
(40).
Le
cas de Rumilly est encore plus étonnant. Avec ses 3780 emplois industriels
dans une petite ville de 10 000 habitants. Salomon, décentralisé d’Annecy,
et Tefal y prospèrent plus que jamais avec respectivement 1000 et 2200
emplois. L’implantation, dans les années 70, de Nestlé a été un temps
remise en cause par la préférence des livreurs de lait pour la fabrication d’emmental
en coopératives. La reconversion au début des années 90 aux produits alimentaires
à base de diverses céréales dans le cadre d’une joint venture avec une
société américaine semble réussi : Cereal Partners emploie aujourd’hui
250 salariés.

40-Tefal, à Rumilly
Les
raisons de cette étonnante prospérité de la région annécienne sont celles
déjà énoncées ci-dessus : facilités accrues des communications ;
cadre urbain soigné et en plein essor démographique ; implication
des responsables politiques, universitaires, industriels. Mais il faut
souligner un sens très aigu de l’initiative et de l’innovation dont la
SNR ou Salomon sont de parfaits exemples.

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