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LA LITTERATURE SAVOYARDE
du Moyen-Age au début du XVIIIe siècle

Auteur : Louis TERREAUX - Niveau de lecture : Scientifique

SOMMAIRE

EXPERTS
  • Introduction
  • I - Les lettres patoises
  • A - Avant le XVIe siècle
  • B - Du XVIe au XXe siècle
  • C - Amélie Gex
  • II - A l'aube d'une littérature
  • A - Poèmes et chroniques à la cour de Savoie
  • B - Un humaniste européen : Guillaume Fichet
  • III - L'illustration des lettres savoisiennes
  • A - Un humaniste politique et un prêlat : Claude de Seyssel
  • B - François Bonivard
  • C - Une littérature populaire : le théâtre religieux
  • D - Marc Claude de Buttet
  • E - L'époque de Charles-Emmanuel le Grand
  • F - François de Sales
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    L'illustration des lettres savoisiennes

    B - François Bonivard

    François Bonivard était savoisien, mais il devint bourgeois de Genève et son œuvre essentielle concerne sa ville d’adoption. Il était né à Seyssel en 1493. Issu d’une famille en vue dans le duché, il avait pour père Louis, seigneur de Lompnas dans le département actuel de l’Ain. Il avait fait ses études de grammaire à Pignerol où son oncle Jean-Amé était abbé. En 1513, on le trouve à Fribourg-en-Brisgau où il fait des études de droit, qu’il poursuit à Turin, en 1517. Vers ce temps, il se lie avec des partisans de l’indépendance genevoise. Son oncle avait renoncé en sa faveur dès 1510 au grand prieuré Saint-Victor de Genève. Il en fut dépossédé.. L’affaire contribua à envenimer ses relations avec Charles III. A Genève même, elle lui valut des tribulations. Le duc de Savoie le retint prisonnier à Chillon en 1530. Il en devint le symbole de la liberté opprimée. Les Bernois le délivrèrent quand ils occupèrent le pays de Vaud en 1536. Le chapitre quitta Genève, suivant l’exemple de l’évêque Pierre de la Baume qui avait déserté dès 1533. La Seigneurie n’était plus dans la souveraineté savoyarde : la Réforme s’imposait. Bonivard s’y était rallié, d’autant plus aisément qu’il était en rupture avec le duc . Mais ses tribulations ne cessèrent pas pour autant. Il ne parvint pas à récupérer son prieuré devenu "bien national" et ses quatre mariages suscitèrent des conflits de toute sorte. Il mourut à Genève en 1570.

    A partir de 1546, après des travaux préparatoires, il se mit à la rédaction des Chroniques de Genève, à la demande des Conseils de la ville qui l’aidèrent dans la recherche des documents et les aspects matériels de la rédaction. On s’efforça de lui assurer une vie confortable, malgré les dépenses auxquelles il ne savait pas résister. C’est que les Chroniques devaient permettre de fonder les droits de la cité. Elles sont l’ouvrage le plus important de l’écrivain. Découpées en livres et en chapitres, elles sont écrites en général dans un style clair. L’impartialité n’en est pas la marque essentielle. Il a pour cible les évêques, les ducs et les comtes de Genevois. Mais il a le mérite d’avoir recherché les documents. Il n’hésite pas à traiter de "ridicule" l’invention par les vieilles chroniques de Bérold de Saxe (I, 1, p. 109). Le texte fourmille de détails souvent pittoresques, la langue est imagée. Mais la lecture en est un peu monotone.

    Bonivard est aussi, dans la ligne des Chroniques, l’auteur de l’Ancienne et nouvelle police de Genève, qui faisant l’histoire des désordres qui régnèrent dans la ville de 1547 à 1555 conclut en montrant que Genève est désormais "la vraye Eglise de Dieu". Il a écrit un Traité de la noblesse et sur la source du péché, et une série d’Advis et de Devis contre la papauté, sur le mensonge, les langues, etc…, ajoutant à son activité d’historien celle de moraliste et d’un polémiste dont les excès de pensée et de langage traduisent la force et la violence d’une personnalité originale.

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