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LA MAISON DE SAVOIE
Auteur : M. Palluel-Guillard - Niveau de lecture : Documents |
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EMMANUEL-PHILIBERT «Tête de fer»Né en 1528 à Chambéry de Charles III et de Béatrice de Portugal Successeur de son père en 1553, 10° duc. Il épouse en 1559 à Paris Marguerite de Valois (1524-1574) fille de François I et de Claude de France, sœur du roi Henri II Dont il a Charles-Emmanuel 1562-1630, 11° duc (sans compter six bâtards officiels) Destiné d’abord à la carrière ecclésiastique, il devient cardinal grâce à Urbain VIII; mais unique survivant des huit fils de Charles III, il opte rapidement pour une carrière plus civile. Ce petit homme maigre et d’apparence chétive était en fait très résistant et se révéla aussi bon chef de guerre que remarquable organisateur. Passé au service de son oncle Charles-Quint, vainqueur à Saint-Quentin (du connétable de Montmorency) et à Gravelines, il permet la fin du conflit franco-Habsbourg, il peut ainsi récupérer ses Etats auxquels il se consacre dès lors pour les réaménager et les moderniser dans le sens d’une monarchie bureaucratique et efficace. Il installe définitivement sa capitale officielle à Turin où il ramène le Saint-Suaire, il donne à Turin et à Chambéry un Sénat et une chambre des Comptes, il imagine vainement une armée «nationale de conscription» et un impôt unique sur le sel proportionnel au revenu de chacun (à propos duquel, il organise un remarquable recensement par tête de ses sujets) il accorde un édit de tolérance aux «hérétiques» vaudois des hautes vallées du Piémont . Prudent, il s’arrange pour ne heurter aucun de ses voisins, ce qui ne l’empêche pas par prudence de construire de grandes forteresses (la citadelle de Turin, le fort de Montmélian et celui de Sainte-Catherine face à Genève). Très pieux, le duc est très sensible aux arts et aux lettres. A Turin (et plus particulièrement dans son domaine du Parc) il sait s’entourer d’artistes et d’écrivains (Le Tasse, Joachim du Bellay, Claude Buttet, Nicole Denisot) dans une cour aux idées larges et ouvertes à l’image de la duchesse Marguerite qui n’hésite pas à protéger les esprits forts de son temps (tel Giordano Bruno) et les protestants venus se réfugier à Turin. Il meurt à Turin en 1580 (inhumé dans la chapelle du Saint-Suaire)
Bibliographie :SIVA (P.) : Emmanuele Filiberto. Rome, 1928. Studi in onore di Emmanuele Filiberto. Turin, 1928. Studi pubblicati dalla Università di Torino in onore di Emmanuele Filiberto. Turin, 1928. Lo stato sabaudo al tempo di Emmanuele Filiberto. Turin, 1928. PEYRE (R.) : Une princesse de la Renaissance, Marguerite de France, duchesse de Savoie. Paris, 1902. MERLIN (P.) : Emanuele Filiberto, un principe tra il Piemonte e l’Europa. . Turin, 1995. MARIE-JOSE : Emmanuel-Philibert, duc de Savoie . Genève, 1995 Trad. italienne. Milan 1994. |
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