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LA BASSE MAURIENNE
Auteur : François FORRAY - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE

TOUS PUBLICS
  • Situation
  • Une porte bien défendue
  • Le patrimoine religieux
  • Un riche passé économique
  • Petite histoire des communes
  • Vers un nouvel équilibre

  • ANNEXES
  • Bibliographie
  •  

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    Vers un nouvel équilibre

    Renouveau de la population

    Dans une Savoie qui au dernier recensement de 1999 réalisait un score relativement modeste, la bonne surprise est venue de la basse vallée de l’Arc. Les deux cantons regroupent désormais 11 109 habitants et alors que depuis une trentaine d’années on se lamentait d’un déclin et d’un vieillissement de la population, les cantons d’Aiguebelle et de la Chambre retrouvent une évolution positive et gagnent respectivement 15 % et 4 % d’habitants entre 1990 et 1999.

    Certes, il faut évoquer l’implantation de la prison d’Aiton, créatrice d’emplois mais il faut surtout souligner la mise en service de l’autoroute de Maurienne qui atteint Sainte-Marie-de-Cuines dès janvier 1997, entraînant l’installation de familles travaillant dans les pôles urbains de Chambéry et du Grésivaudan. Signalons aussi dans le canton de La Chambre, l’essor du nouveau tissu industriel ainsi que l’implantation du centre technique de l’autoroute de Maurienne à Sainte-Marie-de-Cuines. Un renouveau démographique net mais fragile si l’on tient compte du fort taux de vieillissement dans les communes rurales.

    Tableau de l’évolution de la population par commune entre 1990 et 1999

    Canton d’Aiguebelle

     

    Population en 1990

    Population en 1999

    Aiguebelle

    848

    900

    Aiton

    564

    1162

    Argentine

    691

    688

    Bonvillaret

    68

    69

    Epierre

    650

    578

    Montgilbert

    88

    74

    Montsapey

    59

    51

    Randens

    635

    661

    Saint-Alban-des-Hurtières

    211

    227

    Saint-Georges d’Hurtières

    203

    210

    Saint-Léger

    163

    224

    Saint-Pierre-de-Belleville

    127

    116

    Canton de La Chambre

    La Chambre

    981

    1107

    La Chapelle

    239

    268

    Les Chavannes

    219

    206

    Montaimont

    132

    133

    Montgellafrey

    78

    77

    Notre-Dame-du-Cruet

    87

    135

    Saint-Alban-des-Villards

    64

    52

    Saint-Avre

    627

    637

    Saint-Colomban-des-Villards

    204

    189

    Saint-Etienne-de-Cuines

    1183

    1201

    Saint-François-Longchamps

    236

    192

    Sainte-Marie-de-Cuines

    -

    573

    Saint-Martin-sur-la Chambre

    420

    413

    Saint-Rémy-de-Maurienne

    962

    966

     

    Les faiblesses de l’agriculture

    Le recensement agricole de l’année 2000 montre les faiblesses de l’agriculture. Le canton d’Aiguebelle est particulièrement en difficulté puisque le nombre d’exploitations ne fait que diminuer et les surfaces agricoles utilisées régressent au grand bénéfice de la forêt et des friches. Le nombre de bovins s’effondre tombant entre 1988 et 2000 de 837 à 664, le cheptel ovin restant à peu près stable, autour de 2000 têtes.

    La moitié des exploitants a plus de 55 ans. Cultures fourragères et maïs occupent les meilleures terres plates de fond de vallée mais la petite polyculture reste résiduelle. Le canton de La Chambre paraît un peu plus dynamique en utilisant largement les alpages car on est là dans la zone A.O.C. de production du fromage de Beaufort. Ainsi, la coopérative laitière de La Chambre travaille chaque année près de 2 millions de kg de lait et elle emploie une dizaine de personnes.


    Alpage à Saint-Colomban-des-Villards

    Certes le nombre d’exploitants tombe de 150 à 95 mais les surfaces agricoles augmentent et les exploitations qui subsistent ont une taille plus grande. Les exploitants sont plus jeunes : les plus de 55 ans ne représentent que 35 %. Les bovins présentent des effectifs en hausse (passant de 1577 à 1709) et les ovins se développent (passant de 1797 à 2998).

    On retrouve aussi l’industrie agro-alimentaire à Saint-Etienne-de-Cuines, qui dispose d’un abattoir aux normes européennes au service des bouchers d’une bonne partie de la Savoie et qui alimente à proximité la société EMIN, boucherie-charcuterie en gros occupant 10 salariés.

     

    Les bienfaits des transports modernes

    Porte de Maurienne située sur l’axe international qui conduit de France en Italie, la basse Maurienne a bénéficié des grands équipements routiers et ferroviaires.

    L’empire Napoléonien avait déjà réalisé la route nationale 6 avec ses grandes digues rectilignes en bordure de l’Arc et la récupération de terres fertiles dans le fond de la vallée. La nouvelle route plus rapide délaissait les petits villages situés sur les cônes des torrents. L’ère des chemins de fer est apparue dès le milieu du 19ème siècle égrenant les usines électrochimiques à Aiguebelle, Epierre et La Chambre. De cette génération pionnière d’usines, il ne reste pas grand chose.

    Le relais de l’autoroute de Maurienne est mis en service sur les 30 km de la section Aiton-Saint-Etienne-de-Cuines dès janvier 1997. Très respectueuse de l’environnement, l’autoroute apparaît peu dans le paysage, elle se glisse sur la rive gauche de l’Arc, franchit les verrous de Charbonnières et des Hurtières par des tunnels créant deux magnifiques plans d’eau au Barouchat et aux Hurtières.

    Les travaux autoroutiers ont permis de faire disparaître de vieilles friches industrielles particulièrement laides. Les axes de circulation réutilisent les immenses surfaces inutilisées de la zone industrielle Arc-Isère pour réguler la circulation des camions durant la fermeture du tunnel du Mont-Blanc suite à l’incendie de 1999 et bientôt pour servir de gare d’embarquement pour le fret ferroviaire (ferroutage) entre la France et l’Italie par le tunnel Modane-Bardonnèche en cours de surcreusement pour pouvoir recevoir les véhicules lourds sur des wagons aux essieux surbaissés.

    La mise en service de l’autoroute, c’est surtout l’implantation à Sainte-Marie-de-Cuines du Centre d’Entretien et de Sécurité de l’Autoroute de Maurienne qui contrôle la circulation et la maintenance des ouvrages sur l’A 43 d’Aiton au tunnel du Fréjus.


    CESAM : Centre de contrôle de Sainte-Marie-de-Cuines

    Les transporteurs locaux ont su parfois exploiter l’axe routier en se lançant dans le transport international comme la société DAMES (64 salariés) implantée à Saint-Rémy-de-Maurienne, un des fleurons du transport routier international mauriennais avec le groupe Jacquemmoz de Modane.

    L’autoroute permet enfin une desserte touristique exceptionnelle des stations de la basse-Maurienne ; elle a surtout rendu une qualité de vie appréciable aux habitants des bourgs locaux en les libérant du flot continu des camions.


    Le plan d'eau des Hurtières en bordure de l'autoroute de Maurienne

    Le nouveau visage de l’industrie

     

    La basse-Maurienne, terre d’énergie

    Aujourd’hui, si l’on aperçoit encore sur les versants des montagnes les tubes métalliques de quelques anciennes conduites forcées conduisant à des centrales, l’essentiel de la production d’électricité est désormais réalisée sous terre. La centrale de Randens travaille les eaux de la vallée de l’Isère à l’aval de Moutiers, elle turbine 120 m3/s sous 154 m. de chute produisant environ 500 millions de kwh chaque année avant de relâcher les eaux de l’Isère dans la vallée de l’Arc.

    De la grande vague d’industrialisation de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle fondée sur l’abondance de l’électricité hydraulique et sur la proximité de la ligne ferroviaire, il ne reste que deux établissements situés à Epierre et à la Chambre. L’usine d’Epierre reste fidèle aux dérivés du phosphore. Après de multiples rachats, le groupe hollandais fournisseur de phosphore, Thermphos fabrique des ethers, de l’anydride et des acides phosphoriques et il emploie 31 personnes. L’usine de La Chambre, propriété du groupe Atofina avec 250 salariés, possède déjà une taille respectable dans un département peu industrialisé comme la Savoie, elle produit des solvants oxygénés et des amines.


    ATOFINA, usine de la Chambre

    Le bassin de La Chambre

    Il a su accueillir des industries nouvelles qui occupent plus de 700 personnes. Spirel (243 salariés) est l’une des entreprises les plus importantes implantée à Saint-Rémy-de-Maurienne ; elle s’est spécialisée dans la construction de moteurs électriques (moteurs asynchrones et moteurs pour volets roulants en lien avec le grand groupe Somfy de Cluses, en Haute-Savoie, leader mondial dans sa spécialité).

    Saint-Rémy-de-Maurienne héberge également depuis 1983 une délocalisation d’usine italienne, la société Gate France appartenant à un groupe chinois Johnson Electric. Elle fabrique des équipements automobiles comme les électroventilateurs et les pulseurs d’air vendus dans le monde entier. Son effectif est de 162 employés.

    Blue Systèmes (33 salariés) appartient au secteur de la chimie et fabrique des produits inorganiques de base. PSM (Pack Systèmes Maurienne) conditionne un autre produit chimique : le chlorure de soude (12 salariés). A côté de la chimie, le principal secteur concerne le travail des métaux : à Saint-Etienne-de-Cuines le groupe chambérien ACMB (Atelier de Construction du Mas Barral) a repris une société locale défaillante et l’oriente vers l’oxycoupage de pièces, vers la soudure et l’usinage de commandes numériques (86 salariés).

    Activité manufacturière du canton d’Aiguebelette

    Elle reste beaucoup plus modeste (163 salariés) et se disperse entre une usine de productions de gaz industriels (Air Products – 7 salariés) à la Pouille, deux sociétés de plastique : Jemaplast à Epierre où 69 salariés élaborent des pièces techniques tandis que dans la même commune, Savoieplast (5 salariés), transforme le plastique par thermoformage.

    Epierre accueille aussi une société de sous-traitance électronique : la Selem (55 salariés). La vaste zone industrielle d’Arc-Isère à Aiton n’a pas pour l’instant attiré beaucoup d’investisseurs : un groupe italien de mobilier de bureau (Mobytech – 20 salariés) fabrique des armoires métalliques. Aiguebelle conserve son principal fleuron : l’usine Hofmann (42 salariés) réalise le levage et le montage des charpentes métalliques dans une grande partie de la France.

     

    Un tourisme doux

     


    Saint-François-Longchamp

     

    C’est d’abord dans les deux vallées conduisant au col de la Madeleine d’une part et au col du Glandon d’autre part que s’implantèrent la station de ski de Saint-François-Longchamp et les premiers téléskis de la vallée des Villards sur les revers des massifs de Belledonne, Sept-Laux. Saint-François-Longchamp possède le meilleur domaine skiable ; la station est depuis peu reprise par le groupe vosgien Rémy qui augmente le parc immobilier afin de donner aux installations de remontées mécaniques un seuil de rentabilité.


    Saint-François-Longchamp

    La vallée des Villards facilement reliée aux stations de la vallée des Arves et surtout aux stations de l’Oisans revigorées par les équipements hydrauliques du barrage de Grandmaison-Vaujany aura peut-être une nouvelle chance de développement avec l’équipement du massif de l’Ouillon.


    Col du Glandon

    En fait, la basse-Maurienne avec ses massifs montagneux de Belledonne,Sept-Laux et de Lauzière, avec son riche patrimoine rural dispersé en de multiples hameaux, avec désormais ses plans d’eau en bordure d’autoroute est le domaine du tourisme vert.

    Ne parlons pas du projet d’établir un parc naturel sur les sommets de la Lauzière, les populations restent pour l’instant véhémentement divisées sur le sujet !


    Plan d'eau des Hurtières

    Le plateau des Hurtières exploite " touristiquement " son fabuleux passé industriel qui faisait de la région la grande pourvoyeuse de minerais (fer et argent) de la Savoie. Le " grand filon " permet aujourd’hui de faire revivre cette page d’histoire.


    Le Grand Filon

    L’écomusée des Hurtières offre aussi aux visiteurs un panorama de la vie paysanne avec son musée des 4 saisons installé dans une ferme et les ateliers d’un maître verrier s’ouvrent sur la création artistique.

    Sur l’autre versant de la vallée de l’Arc, le petit village d’Argentine a développé le Musée de Félicien axé surtout sur la découverte de la vie rurale à la fin du 19ème siècle en utilisant comme principal support l’image filmée.


    Les Arts Jaillissants 1995 Rencontres de Monsapey : une soirée de clôture en apothéose
    Montsapey : un tourisme culturel

    Le tourisme culturel connaît une extraordinaire réussite avec l’expérience du petit village de Montsapey (51 habitants) perché sur un balcon naturel : il accueille en juillet avec le festival des Arts jaillissants les plus grands musiciens et des milliers de mélomanes. Le village a ainsi remis en valeur l’étonnante église paroissiale Saint-Barthélémy, tout en valorisant le petit patrimoine.

    Deux auberges et des gîtes ruraux reçoivent désormais les touristes. C’est un bel exemple de développement touristique maîtrisé par la population locale. Les " Chemins du baroque " parcourent aussi la basse-Maurienne avec Notre-Dame-du-Beau-Revers à Montaimont et l’église de Montgellafrey.

     

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