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La Haute Maurienne
Auteur : François FORRAY - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE

TOUS PUBLICS
  • Données physiques
  • Données historiques
  • Démographie
  • Agriculture et élevage
  • Industrie
  • Tourisme
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    L'industrie

     

    Un fleuron industriel : le centre de recherche de l'ONERA

     

    D8 : La soufflerie d'AvrieuxL'industrie a toujours été inexistante dans la haute vallée qui ne bénéficiait pas de la présence des chemins de fer. Les carrières de serpentine à Bessans, de gypse à Bramans, d'amiante à Aussois appartiennent au passé tout comme l'usine électrochimique du groupe Saint Gobain qui fabriquait du carbure de calcium jusqu'en 1972. Elle s'était implantée en bordure de la voie ferrée du Fréjus à proximité d'une centrale hydraulique en 1917.

    La seule réussite reste reliée à l'abondance de l'électricité hydraulique. Dès 1946, le petit village d'Avrieux a installé sur ses anciens champs une soufflerie provenant de la vallée de l'Oetztal en Autriche au La Haute Maurienne des dommages de guerre. Les débuts furent modestes puis l'ONERA (Office National de Recherches Aérospatiales) lui donne une dimension internationale dans le domaine des essais aérothermodynamiques. Atteignant des vitesses supersoniques (Mach 12), la soufflerie étudie les comportements des pièces des fusées, des satellites ou des trains à grande vitesse. Elle emploie 181 techniciens et ingénieurs très spécialisés et elle travaille pour des clients du monde entier. Elle est pour beaucoup de Mauriennais "la cathédrale du vent".

     

    Une terre d'énergie électrique

    La haute Maurienne attire les innovations technologiques dans le domaine des transports et de l'électricité. L'équipement en centrales électriques et en barrages hydrauliques restait modeste du fait de l'absence de chemin de fer et d'industries.

    Les Italiens avaient été les initiateurs. Ils possédaient jusqu'en 1947 le plateau du Mont Cenis et dès 1911 puis 1924, ils exhaussaient le lac naturel par deux petits barrages pour actionner les turbines d'une centrale de haute chute (1163 mètres) à Venaus profitant de la forte dénivellation entre le col du Mont Cenis et la basse vallée de Suse. En 1919, les Français les imitent en créant la centrale d'Avrieux qui dérive toujours l'eau de l'Arc en aval de Bramans pour la turbiner au débouché des gorges de l'Esseillon et chauffer les cuves de l'usine Saint-Gobain du Bourget.

    Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, le producteur d'aluminium Péchiney, gros consommateur d'électricité, incite EDF à équiper le torrent de Saint-Benoit à proximité d'Aussois. De 1946 à 1952, s'édifient les deux barrages de Plan d'Amont (7,9 Hm3) et Plan d'Aval (3.9 Hm3) qui captent les eaux du versant méridional de la Vanoise par la galerie souterraine d'Entre Deux Eaux d'une longueur de 16 km. Cet immense chantier a fait l'objet d'un film "La meilleure part" avec Gérard Philipe, jeune ingénieur tourmenté entre la progression des chantiers et les difficultés de gérer les peines des équipes d'ouvriers.

    D9 : Le barrage du MontcenisLe grand aménagement hydraulique de la haute Maurienne s'effectue entre 1962 et 1970 avec l'équipement du Mont Cenis. La montée en puissance de l'électricité nucléaire en France exigeait de pouvoir disposer d'une électricité hydraulique importante pour faire face aux pointes de consommation. On a besoin de réservoirs immenses et comme l'électricité de pointe atteint des prix très élevés, on n'hésite plus à pomper l'eau à la sortie des centrales pour réalimenter les réservoirs d'altitude. Le plateau du Mont Cenis se trouve bouleversé par l'édification d'une vaste digue en terre et en rocher de 1 400 mètres de long et de 120 mètres de haut pouvant retenir un volume d'eau de 315 Hm3 partagé entre la France (264 Hm3) et l'Italie (51 Hm3) et faisant du Mont Cenis, le premier barrage européen. Pour remplir cette énorme cuvette, des conduites souterraines recueillent l'eau des affluents de la rive gauche de l'Arc de Bonneval à Avrieux.

    Les eaux du Mont Cenis alimentent la centrale d'Avrieux-Villarodin. La conduite forcée du Mont Cenis est reliée dans sa partie inférieure à la galerie venant des barrages d'Aussois ce qui permet de mettre en relation les trois barrages soit par gravité, soit par pompage. Le Plan d'Aval possède aussi une seconde conduite forcée aboutissant à la centrale d'Aussois et à la soufflerie d'ONERA.

    Avec ses trois barrages, ses vingt trois prises d'eau, ses douze turbines, l'équipement électrique de la haute Maurienne a une puissance installée de 628 MVA et une productivité de 967 GWH ce qui la place au second rang des exploitations d'EDF en Maurienne après l'ensemble de la Bissorte. Villarodin se classe parmi les centrales d'importance nationale.

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