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La Haute Maurienne
Auteur : François FORRAY - Niveau de lecture : Public |
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L'industrie
La seule réussite reste reliée à l'abondance de l'électricité hydraulique. Dès 1946, le petit village d'Avrieux a installé sur ses anciens champs une soufflerie provenant de la vallée de l'Oetztal en Autriche au La Haute Maurienne des dommages de guerre. Les débuts furent modestes puis l'ONERA (Office National de Recherches Aérospatiales) lui donne une dimension internationale dans le domaine des essais aérothermodynamiques. Atteignant des vitesses supersoniques (Mach 12), la soufflerie étudie les comportements des pièces des fusées, des satellites ou des trains à grande vitesse. Elle emploie 181 techniciens et ingénieurs très spécialisés et elle travaille pour des clients du monde entier. Elle est pour beaucoup de Mauriennais "la cathédrale du vent".
La haute Maurienne attire les innovations technologiques dans le domaine des transports et de l'électricité. L'équipement en centrales électriques et en barrages hydrauliques restait modeste du fait de l'absence de chemin de fer et d'industries. Les Italiens avaient été les initiateurs. Ils possédaient jusqu'en 1947 le plateau du Mont Cenis et dès 1911 puis 1924, ils exhaussaient le lac naturel par deux petits barrages pour actionner les turbines d'une centrale de haute chute (1163 mètres) à Venaus profitant de la forte dénivellation entre le col du Mont Cenis et la basse vallée de Suse. En 1919, les Français les imitent en créant la centrale d'Avrieux qui dérive toujours l'eau de l'Arc en aval de Bramans pour la turbiner au débouché des gorges de l'Esseillon et chauffer les cuves de l'usine Saint-Gobain du Bourget. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, le producteur d'aluminium Péchiney, gros consommateur d'électricité, incite EDF à équiper le torrent de Saint-Benoit à proximité d'Aussois. De 1946 à 1952, s'édifient les deux barrages de Plan d'Amont (7,9 Hm3) et Plan d'Aval (3.9 Hm3) qui captent les eaux du versant méridional de la Vanoise par la galerie souterraine d'Entre Deux Eaux d'une longueur de 16 km. Cet immense chantier a fait l'objet d'un film "La meilleure part" avec Gérard Philipe, jeune ingénieur tourmenté entre la progression des chantiers et les difficultés de gérer les peines des équipes d'ouvriers.
Les eaux du Mont Cenis alimentent la centrale d'Avrieux-Villarodin. La conduite forcée du Mont Cenis est reliée dans sa partie inférieure à la galerie venant des barrages d'Aussois ce qui permet de mettre en relation les trois barrages soit par gravité, soit par pompage. Le Plan d'Aval possède aussi une seconde conduite forcée aboutissant à la centrale d'Aussois et à la soufflerie d'ONERA. Avec ses trois barrages, ses vingt trois prises d'eau, ses douze turbines, l'équipement électrique de la haute Maurienne a une puissance installée de 628 MVA et une productivité de 967 GWH ce qui la place au second rang des exploitations d'EDF en Maurienne après l'ensemble de la Bissorte. Villarodin se classe parmi les centrales d'importance nationale. |
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