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LA MOYENNE MAURIENNE
Auteur : Pierre DOMPNIER - Niveau de lecture : Public |
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Page 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 DES PETITS MÉTIERS A LA GRANDE INDUSTRIE Lagriculture ne pouvait suffire à faire vivre le pays, même
si une importante émigration saisonnière limitait le nombre
de bouches à nourrir en hiver, tout en apportant un complément
de ressources. Artisanat et industrie était également représentés.
Beaucoup dactivités étaient liées directement à
lagriculture. Charpentier, forgeron, maréchal-ferrant fournit
le matériel indispensable. Les productions nécessitant des
industries alimentaires : huile de noix, de chènevis, farines,
pâtes alimentaires. Dès 1564, dans un Mystère joué
à Saint-Martin-la-Porte, on cite les crozets ; au XIXe siècle,
on passe à léchelle industrielle, avec les pâtes
Maglia, à Saint Michel. Cuirs et peaux alimentaient un nombre étonnant
de tanneries. Le chanvre donnait des cordes et une toile presque inusable.
La laine alimentait de nombreux métiers à Jarrier, à
Fontcouverte (une centaine en 1821 dans cette commune). Le drap du Freney
avait la réputation dêtre pratiquement imperméable.
Les tourneurs sur bois, à Albiez par exemple, façonnaient
des bouteilles à létanchéité parfaite. Les
richesses du sous-sol nétaient pas négligées. Les
noms de Fournache ou Rafour évoquent la cuisson du gypse et de
la pierre à chaux. La greïa, ce plâtre très solide
à la belle couleur beige rosé, couvre encore de nombreux
murs. Le gypse est aussi un matériau de sculpture, abondamment
utilisé dans les bâtiment religieux de Saint-Jeande-Maurienne
dés lépoque carolingienne ; au mois de juillet, un Festival
du gypse rassemble de nombreux sculpteurs et perpétue la tradition. Locre de Saint-Julien servit en 1794 à peindre la guillotine,
mais cette commune est heureusement plus connue pour ses carrières
dardoises. En 1430, cest dardoises de Saint-Julien que lon couvrit
le château dAnnecy. Le chemin de fer, puis lAnnexion poussèrent
la production de un million dardoises en 1860 à plus de onze millions
en 1895. En déclin après 1900, lexploitation fut relancée
à la fin des deux guerres mondiales, mais sarrêta en 1980.
Elle avait eu un impact durable, y compris sur le tissus social : en 1901,
Saint-Julien comptait 217 Italiens venus travailler dans les carrières,
et la plupart ont fait souche. On ne saurait quitter le travail des métaux sans évoquer,
vers 1890, la mise au point définitive, par Joseph Opinel, du célèbre
couteau qui, depuis le modeste atelier de Gevoudaz (commune dAlbiez-le-Vieux),
allait conquérir une réputation mondiale. La fin du XIXe
siècle amène un véritable bouleversement économique,
avec le développement de la grande industrie. En 1885, Matussières
et Forest créent une papeterie à Fourneaux. En 1886, Paul
Héroult dépose son brevet de fabrication de laluminium.
En 1890 les frères Bernard installent une usine délectrolyse
de laluminium à Calypso, au pied des gorges de la Valloirette
; en 1894 Paul Héroult crée celle de la Praz ; pour lalimenter,
il réalise en 1898 une première mondiale : une conduite
forcée auto portante pour franchir lArc. En 1904 souvre lusine
de la Saussaz, à Saint Michel-de-Maurienne, et en 1907, celle de
Saint-Jean. Lélectrolyse du sel est pratiquée à
Prémont dès 1893. Lélectricité, qui est la cause de limplantation de ces
usines en Maurienne à une époque où lon ne savait
pas lutiliser loin de son lieu de production, était dabord produite
par des centrales de dimensions modestes, utilisant de simples captages.
En 1935, la firme Alais, Froges et Camargue entreprend la construction
de limpressionnante retenue de Bissorte, à 1148 m. au-dessus de
la Praz. Depuis les années 70, léquipement a été
considérablement modernisé, avec de grandes centrales souterraines,
comme celle dHermillon, ou la réalisation de Super Bissorte :
leau qui a actionné les deux usines souterraines, retenue par
le barrage du Pont-des-Chèvres, est remontée par pompage
durant les heures creuses, pour être utilisée de nouveau
aux heures de pointe. Le XXe siècle a été celui de
la grande industrie mais, même si en 1986 Péchiney-Aluminium
a renouvelé son usine de Saint-Jean, de nombreuses unité
ont fermé et cette, page semble tournée. |
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