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Le patrimoine fortifié des Etats de Savoie
Auteur : Honoré COQUET - Niveau de lecture : Documents
SOMMAIRE

JEUNES PUBLICS
Résumé

TOUS PUBLICS
  • 1- Introduction
  • 2- Le contrôle et la sécurité des routes internationales
  • 3- La défense des frontières en plat pays
  • 4- La défense des basses et moyennes vallées alpines
  • 5- La défense s'installe jusque sur les cols alpins
  • 6- L’effacement des fortifications
  • 7- Quel avenir pour les fortifications ?


  • BIBLIOGRAPHIES
  • Bibliographie générale
  • Bibliographie sur les fortifications


  • DOCUMENTS
  • 1- Les Etats de Savoie sous Amédée VIII et la via Francigena
  • 2- Le château de Miolans
  • 3- Le château de Miolans (2)
  • 4- Le site fortifié de la cluse de Bard
  • 5- Les Clées près du col de Jougne
  • 6- Château de plaine du XIIIe siècle
  • 7- Le fort Barraux
  • 8- La Libre Confédération des vallées
  • 9- La barrière de l’Esseillon en Maurienne
  • 10- Ouvrage d’interdiction de Vulmix
  • 11- Ouvrage de protection du Truc
  • 12- Ouvrage de surveillance de la Platte
  • 13- Petit ouvrage de haute montagne
  • 14- Ouvrage multiblocs du Sapey, à Modane
  • 15- Ouvrage multiblocs du Sapey (2)
  • 16- Ouvrage multiblocs du Sapey (3)
  • Documents 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16

    9- UN TYPE NOUVEAU DE BARRAGE DE VALLEE : LE SYSTEME MONTALEMBERT ( DEBUT XIX° SIECLE)

     


    (DTG Grenoble)

    La Barrière de l’Esseillon en Maurienne
    Le fort Victor-Emmanuel

    Le fort Victor-Emmanuel (altitude : 1350 mètres) est l’un des cinq forts de la Barrière. Chacun de ceux-ci est construit avec des étages casematés (plafonds voûtés pouvant résister à la bombe). Le fort Victor-Emmanuel est le plus importants des ouvrages. L’étude et la construction de la Barrière durèrent de 1817 à 1833.

    Les entrées se font par ponts-levis. Les fossés secs et les abords sont flanqués essentiellement par des canons, soit ceux du fort lui-même, soit ceux du fort voisin. Ces "liaisons par feux" étaient rendues possibles par la modeste différence d’altitude des ouvrages (150 à 300 mètres) et par le faible éloignement les uns des autres, 5 à 700 mètres, c’est à dire la portée efficace des canons de l’époque dont la portée maxima ne dépassait pas 1 000 à I 500 mètres.

    Les principes du système Montalembert

    Le système du général marquis de Montalembert (1714-1800) peut se résumer en quatre principes :

    1 - Juqu’alors, les forts vaubaniens ne permettaient, essentiellement, à partir des angles saillants et rentrants des bastions et courtines, que des tirs obliques et non concentrés. Par ailleurs, les pièces d’artillerie à découvert pouvaient être prises en enfilade. Montalembert préconisa des forts se présentant de front, face à l’ennemi ; ils prirent alors une forme polygonale de façon à permettre des tirs perpendiculaires sur les fronts ennemis quel que soit le côté attaqué. Cela autorisait un meilleur tir avec un plus grand nombre de feux dans un espace restreint. A l’Esseillon, l’exemple-type est le fort Marie-Christine qui est un hexagone régulier.

    2 - Les forts ressemblent à des tours à canons ayant les batteries de tir disposées à l’image de celles des vaisseaux de guerre à plusieurs ponts de l’époque. L’esprit est toujours d’obtenir une grande puissance de feu au mètre linéaure. Il en est ainsi avec les batteries basses du fort Victor-Emmanuel (voir photo). La batterie inférieure (gauche de la photo) présente cinq embrasures de tir. Au-dessus, sur la terrasse crénelée on peut mettre en batterie cinq autres pièces. Encore au-dessus, le bâtiment permet la mise en place de cinq pièces casematées et cinq pièces sur la terrasse après avoir enlevé la toiture démontable. Au total, vingt pièces permettent d’obtenir dans la même direction un feu concentré.

    3 - Les pièces d’artillerie sont le plus souvent logées dans des abris casematés pour protéger les hommes et le matériel des tirs des attaquants. En montagne, s’ajoutent les effets des tirs dominants. Dans le fort Marie-Thérèse 25 pièces sur les 88 postes de tir sont des positions casematées ; sur l’ensemble de la Barrière, 54 postes de tir d’artillerie sur 130 le sont.

    4 - Enfin, dernier principe, la Barrière n’est plus constituée par un fort unique aussi puissant soit-il comme celui d’Exilles en vallée de la Doire Ripaire, mais par un chapelet de forts se protégeant les uns les autres.

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