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9- UN TYPE NOUVEAU DE BARRAGE DE VALLEE : LE SYSTEME
MONTALEMBERT ( DEBUT XIX° SIECLE)

(DTG Grenoble)
La Barrière de lEsseillon en Maurienne
Le fort Victor-Emmanuel
Le fort Victor-Emmanuel (altitude : 1350 mètres) est lun
des cinq forts de la Barrière. Chacun de ceux-ci est construit
avec des étages casematés (plafonds voûtés
pouvant résister à la bombe). Le fort Victor-Emmanuel est
le plus importants des ouvrages. Létude et la construction
de la Barrière durèrent de 1817 à 1833.
Les entrées se font par ponts-levis. Les fossés secs et
les abords sont flanqués essentiellement par des canons, soit ceux
du fort lui-même, soit ceux du fort voisin. Ces "liaisons par
feux" étaient rendues possibles par la modeste différence
daltitude des ouvrages (150 à 300 mètres) et par le
faible éloignement les uns des autres, 5 à 700 mètres,
cest à dire la portée efficace des canons de lépoque
dont la portée maxima ne dépassait pas 1 000 à I
500 mètres.
Les principes du système Montalembert
Le système du général marquis de
Montalembert (1714-1800) peut se résumer en quatre principes :
1 - Juqualors, les forts vaubaniens ne permettaient,
essentiellement, à partir des angles saillants et rentrants des
bastions et courtines, que des tirs obliques et non concentrés.
Par ailleurs, les pièces dartillerie à découvert
pouvaient être prises en enfilade. Montalembert préconisa
des forts se présentant de front, face à lennemi ;
ils prirent alors une forme polygonale de façon à permettre
des tirs perpendiculaires sur les fronts ennemis quel que soit le côté
attaqué. Cela autorisait un meilleur tir avec un plus grand nombre
de feux dans un espace restreint. A lEsseillon, lexemple-type
est le fort Marie-Christine qui est un hexagone régulier.
2 - Les forts ressemblent à des tours à
canons ayant les batteries de tir disposées à limage
de celles des vaisseaux de guerre à plusieurs ponts de lépoque.
Lesprit est toujours dobtenir une grande puissance de feu au
mètre linéaure. Il en est ainsi avec les batteries basses
du fort Victor-Emmanuel (voir photo). La batterie inférieure (gauche
de la photo) présente cinq embrasures de tir. Au-dessus, sur la
terrasse crénelée on peut mettre en batterie cinq autres
pièces. Encore au-dessus, le bâtiment permet la mise en place
de cinq pièces casematées et cinq pièces sur la terrasse
après avoir enlevé la toiture démontable. Au total,
vingt pièces permettent dobtenir dans la même direction
un feu concentré.
3 - Les pièces dartillerie sont le plus
souvent logées dans des abris casematés pour protéger
les hommes et le matériel des tirs des attaquants. En montagne,
sajoutent les effets des tirs dominants. Dans le fort Marie-Thérèse
25 pièces sur les 88 postes de tir sont des positions casematées
; sur lensemble de la Barrière, 54 postes de tir dartillerie
sur 130 le sont.
4 - Enfin, dernier principe, la Barrière nest
plus constituée par un fort unique aussi puissant soit-il comme
celui dExilles en vallée de la Doire Ripaire, mais par un
chapelet de forts se protégeant les uns les autres.
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