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Le patrimoine fortifié des Etats de Savoie
Auteur : Honoré COQUET - Niveau de lecture : Public |
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La défense des frontières en plat pays
Ainsi, sans abandonner la politique de contrôle des voies routières
internationales, un duc de Savoie raisonnait principalement en terme de
frontières à défendre. Constatant que lavant-pays
serait difficile à sauvegarder face à la France, Emmanuel-Philibert
transporta sa capitale de Chambéry à Turin en 1563. Il se
retrancha derrière les Alpes et transforma son avant-pays, la Savoie
et le Comté de Nice, en glacis. Pour mieux se défendre,
il éleva, au-devant du barrage des Alpes, une ligne de défense
tournée contre la France. Cest ainsi quen 1566 il fit
entourer le fort de Montmélian de bastions ; jeter, en août
1569, les fondements de la citadelle de Bourg-en-Bresse dite fort de Saint-Maurice
; commencer la même année les travaux du fort de lAnnonciade
sur la rive droite du Chéran près de Rumilly. Début
1598, son fils Charles-Emmanuel terminait le fort de Barraux à
lentrée de lIsère dans le Dauphiné entre
Montmélian (Savoie) et Grenoble (France). Ce fort construit, pour
des raisons obscures, en terre dauphinoise fut immédiatement conquis
(mars 1598) par Lesdiguières et demeura, dès lors, propriété
du Dauphiné (Annexe 7). Contre Genève,
source dhérésie, et ses combourgeois de Berne, le duc
éleva, en 1589, le fort Sainte-Catherine sur une butte près
du village de Songy aux portes de Genève et un petit fort à
Versoix sur la rive Nord du lac Léman. Ces travaux constituaient
des actes prémonitoires car en 1598, au traité de Vervins,
Genève voit son indépendance implicitement mais clairement
reconnue. Contre lItalie ou plutôt la partie de la péninsule
occupée par les Espagnols, le Milanais, la dynastie éleva
également des ouvrages fortifiés. On notera que pour toutes
ces défenses, le duc adopta la technique nouvelle de la fortification
bastionnée (Annexe 7) Le fils dEmmanuel-Philibert, Charles-Emmanuel, eut de limagination,
de lambition, une énergie inlassable, mais il neut pas
la sagesse de son père et il compromit son oeuvre. Il envahit Saluces,
en Italie, qui avait été annexé à la France
par le traité de Cateau-Cambrésis ; il soutint les Ligueurs
du Dauphiné et de la Provence. Aussi eut-il affaire à Lesdiguières
puis à Henri IV et après onze années de guerre il
dut signer la paix de Lyon, en 1601, qui lui laissa Saluces mais qui lui
enleva la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex ; il avait du
moins atteint lun des buts de sa politique, qui était dexclure
les Français dItalie. La limite occidentale de la Savoie était
ainsi ramenée sur le Rhône. Ce fut le premier rapprochement
vers la "frontière naturelle", les Alpes. Charles-Emmanuel
se retourna contre Genève et il échoua la nuit de lEscalade,
en décembre 1602. Dès lors, le système de défense
recula jusque dans les vallées alpines.
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