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Le patrimoine fortifié des Etats de Savoie
Auteur : Honoré COQUET - Niveau de lecture : Public |
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Leffacement des fortifications (fin XXème siècle) Deux générations après la Seconde Guerre mondiale, les ouvrages militaires savoyards paraissent bien inutiles et oubliés. Rongées par la rouille et par leau, envahies par la végétation les fortifications se meurent lentement, victimes du temps et des hommes en dépit de leur valeur architecturale. La technicité croissante des armements, le contexte européen et la diminution des effectifs qui sen est suivie ont permis au ministère des Armées de liquider certains de ses bâtiments et domaines. En Savoie, dès les années soixante, des opérations sont ainsi lancées pour concilier les politiques urbanistiques de certaines municipalités et les exigences de lintendance militaire. Citons, entre autres, la cession à lamiable de la caserne de Moûtiers à la ville en 1960 ; léchange, en 1969, de lancienne prison militaire de Saint-Jean-de-Maurienne ; la cession, en 1970, à la ville dAlbertville de lancien pénitencier militaire et linfirmerie-hôpital ; l "échange compensé", en 1971, à Annecy du camp des Glières et du stand de tir des Isles ; en 1975, léchange compensé (chèrement) des casernes Curial et Barbot libérées en 1980. Pour ce qui concerne les éléments constitutifs des anciens dispositifs de défense : forts, batteries, baraquements, téléphériques, abris, etc. ... de Tarentaise et de Maurienne, quelques soixante dix dentre eux sur quatre vingt dix furent vendus, dont la moitié au cours des seules années 1965, 1966, 1967. Les collectivités locales, essentiellement les communes, en ont acheté plus dune quarantaine, et les particuliers un peu moins dune trentaine. Pour les premières, il sagissait dabord de réinsérer ces biens dans le domaine public et déviter des opérations personnelles lucratives tout en utilisant ces ouvrages dans le cadre dune politique de développement touristique. Finalement, ces projets nont quasiment pas abouti du fait de lincertitude de la rentabilité des énormes investissements à réaliser. Quant aux particuliers, ils semblent avoir cédé souvent à lengouement momentané du plaisir de posséder une fortification. La grande majorité des nouveaux acquéreurs na engagé aucun chantier daménagement, même trente ans après lachat pourtant facilité par des faibles prix de cession. Ainsi le fort du Truc, mis à prix en 1967 à 10 000 francs, a été adjugé à 25 100 francs pour une superficie de 31 000 m2. Lacquéreur songeait alors à en faire un hôtel mais jusquà ces dernières années, le fort est encore ouvert à tout vent et sert de bergerie ... Certains propriétaires ont su néanmoins rentabiliser leur achat, surtout dans le cas des positions de batteries où les seules constructions étaient des traverses-abris. Cest ainsi que les batteries de Château-Rouge et de Conflans ont servi de terre-pleins à de belles résidences bénéficiant de la vue imprenable des artilleurs dautrefois ... A Mercury, la batterie des Granges a servi aussi à une opération immobilière permettant, en 1979, la construction dun lotissement en balcon sur le bassin albertvillois. Après les ventes massives des années 1960, larmée navait conservé que quelques dizaines douvrages. Depuis le début des années 1990, le ministère ne conservant quune poignée de ceux-ci a repris les cessions, des acheteurs sétant, à nouveau, manifestés Cest que véritables témoins de lhistoire et du patrimoine montagnard alpin, les fortifications peuvent être valorisées grâce à leurs atouts touristiques, voire économiques. |
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