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Le patrimoine fortifié des Etats de Savoie
Auteur : Honoré COQUET - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE

JEUNES PUBLICS
Résumé

TOUS PUBLICS
  • 1- Introduction
  • 2- Le contrôle et la sécurité des routes internationales
  • 3- La défense des frontières en plat pays
  • 4- La défense des basses et moyennes vallées alpines
  • 5- La défense s'installe jusque sur les cols alpins
  • 6- L’effacement des fortifications
  • 7- Quel avenir pour les fortifications ?


  • BIBLIOGRAPHIES
  • Bibliographie générale
  • Bibliographie sur les fortifications


  • DOCUMENTS
  • 1- Les Etats de Savoie sous Amédée VIII et la via Francigena
  • 2- Le château de Miolans
  • 3- Le château de Miolans (2)
  • 4- Le site fortifié de la cluse de Bard
  • 5- Les Clées près du col de Jougne
  • 6- Château de plaine du XIIIe siècle
  • 7- Le fort Barraux
  • 8- La Libre Confédération des vallées
  • 9- La barrière de l’Esseillon en Maurienne
  • 10- Ouvrage d’interdiction de Vulmix
  • 11- Ouvrage de protection du Truc
  • 12- Ouvrage de surveillance de la Platte
  • 13- Petit ouvrage de haute montagne
  • 14- Ouvrage multiblocs du Sapey, à Modane
  • 15- Ouvrage multiblocs du Sapey (2)
  • 16- Ouvrage multiblocs du Sapey (3)
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    L’effacement des fortifications (fin XXème siècle)

    Deux générations après la Seconde Guerre mondiale, les ouvrages militaires savoyards paraissent bien inutiles et oubliés. Rongées par la rouille et par l’eau, envahies par la végétation les fortifications se meurent lentement, victimes du temps et des hommes en dépit de leur valeur architecturale. La technicité croissante des armements, le contexte européen et la diminution des effectifs qui s’en est suivie ont permis au ministère des Armées de liquider certains de ses bâtiments et domaines.

    En Savoie, dès les années soixante, des opérations sont ainsi lancées pour concilier les politiques urbanistiques de certaines municipalités et les exigences de l’intendance militaire. Citons, entre autres, la cession à l’amiable de la caserne de Moûtiers à la ville en 1960 ; l’échange, en 1969, de l’ancienne prison militaire de Saint-Jean-de-Maurienne ; la cession, en 1970, à la ville d’Albertville de l’ancien pénitencier militaire et l’infirmerie-hôpital ; l’ "échange compensé", en 1971, à Annecy du camp des Glières et du stand de tir des Isles ; en 1975, l’échange compensé (chèrement) des casernes Curial et Barbot libérées en 1980.

    Pour ce qui concerne les éléments constitutifs des anciens dispositifs de défense : forts, batteries, baraquements, téléphériques, abris, etc. ... de Tarentaise et de Maurienne, quelques soixante dix d’entre eux sur quatre vingt dix furent vendus, dont la moitié au cours des seules années 1965, 1966, 1967. Les collectivités locales, essentiellement les communes, en ont acheté plus d’une quarantaine, et les particuliers un peu moins d’une trentaine. Pour les premières, il s’agissait d’abord de réinsérer ces biens dans le domaine public et d’éviter des opérations personnelles lucratives tout en utilisant ces ouvrages dans le cadre d’une politique de développement touristique. Finalement, ces projets n’ont quasiment pas abouti du fait de l’incertitude de la rentabilité des énormes investissements à réaliser. Quant aux particuliers, ils semblent avoir cédé souvent à l’engouement momentané du plaisir de posséder une fortification. La grande majorité des nouveaux acquéreurs n’a engagé aucun chantier d’aménagement, même trente ans après l’achat pourtant facilité par des faibles prix de cession. Ainsi le fort du Truc, mis à prix en 1967 à 10 000 francs, a été adjugé à 25 100 francs pour une superficie de 31 000 m2. L’acquéreur songeait alors à en faire un hôtel mais jusqu’à ces dernières années, le fort est encore ouvert à tout vent et sert de bergerie ...

    Certains propriétaires ont su néanmoins rentabiliser leur achat, surtout dans le cas des positions de batteries où les seules constructions étaient des traverses-abris. C’est ainsi que les batteries de Château-Rouge et de Conflans ont servi de terre-pleins à de belles résidences bénéficiant de la vue imprenable des artilleurs d’autrefois ... A Mercury, la batterie des Granges a servi aussi à une opération immobilière permettant, en 1979, la construction d’un lotissement en balcon sur le bassin albertvillois.

    Après les ventes massives des années 1960, l’armée n’avait conservé que quelques dizaines d’ouvrages. Depuis le début des années 1990, le ministère ne conservant qu’une poignée de ceux-ci a repris les cessions, des acheteurs s’étant, à nouveau, manifestés C’est que véritables témoins de l’histoire et du patrimoine montagnard alpin, les fortifications peuvent être valorisées grâce à leurs atouts touristiques, voire économiques.

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