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VAUDOIS ET PROTESTANTS DANS LES ETATS DE SAVOIE-PIEMONT DU XVI° AU XVIII° SIECLE
Auteur : F.MEYER - Niveau de lecture : Scientifique |
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Introduction Introduction : La
Savoie, ou plus exactement les Etats de Savoie-Piémont, sont réputés être
à l’époque moderne un bastion de la Réforme catholique, illustrée par
la personnalité et l’œuvre missionnaire de François
de Sales.Pourtant on compte en son sein, au milieu d’une population
largement catholique, deux fortes minorités protestantes : une est
ancienne, ce sont les Vaudois, présents en Piémont depuis au moins le
XIV° siècle, et qui adhèrent à la Réforme calviniste au début du XVI°
siècle ; une est plus récente et née sous l’influence religieuse
et politique de Genève et de Berne dans la seconde moitié du XVI° siècle
.
Malgré de multiples travaux anciens ou contemporains, l’historiographie
des Protestants de Savoie ne dispose pas encore d’une synthèse satisfaisante,
faisant revivre les communautés dans leur quotidien, dans un environnement
catholique diversement disposé à leur égard. Marginaux, les Protestants
le sont : 15000 peut-être en Piémont fin XVI° siècle sur un million
d’habitants ; quelques milliers au plus en Savoie sur 400000 habitants
à la même époque.Et les liens entre ces deux ensemble semblent peu nombreux.
Il importe alors à l’historien, dans l’état actuel des recherches,
de choisir une problématique politique. Quelle est l’atitude du pouvoir
ducal puis royal face à ces deux communautés, dans le contexte d’une Savoie
« pays d’entre-deux » et ballotée entre ses puissants voisins
français , espagnols ou suisses, et qui est surtout soucieuse de son indépendance
et de son extension territoriale ? Officiellement tous les souverains
affichent une nette volonté de convertir leurs sujets « de la religion »,
mais cette unicité de ton cache une grande variété de moyens et d’intensité
de la Renaissance aux Lumières, voire même à l’intérieur d’un même règne
(il en va ainsi pour Charles-Emmanuel I ou Victor-Amédée
II). Une (relative, vue le contexte de l’époque) tolérance
peut assurer des jours tranquilles aux Protestants (sous Emmanuel-Philibert après 1561), mais la répression
la plus sauvage peut aussi fondre sur eux (avec les « Pâques piémontaises »
de 1655 par exemple). Comment expliquer ces revirements ? Pourquoi
passe-t-on ainsi de l’interdiction du Protestantisme en 1598 (l’année
de l’édit de Nantes en France) à la tolérance (étendue également aux Juifs)
en 1783 à Carouge ? Le contexte international,
l’évolution des pays voisins, l’expansion des domaines des Savoie en Italie,
puis l’invasion de la France révolutionnaire fourniront sans doute des
éléments de réponse.Dans cet environnement complexe, comment pouvait-on
gérer la question protestante ?
Plan : 1 Flux et reflux de la Réforme (1530-1630)
2 Les aleas de la politique savoyarde (1630-1730)
3 La lente victoire de la tolérance (1730-1792). |
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