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VAUDOIS ET PROTESTANTS DANS LES ETATS DE SAVOIE-PIEMONT DU XVI° AU XVIII° SIECLE
Auteur : F.MEYER - Niveau de lecture : Scientifique |
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La Réforme genevoise et l’extension en Savoie I Flux et reflux
de la Réforme (1530-1630) 1.
La Réforme genevoise et l’extension en Savoie (document 2): ·
La proximité de Genève devait intoduire rapidement les
idées protestantes en Savoie.De plus, le duché semble offrir un terrain
favorable.L’épidémie de démonologie et de sorcellerie que les travaux
de l’Université de Lausanne ont récemment bien mis en évidence montre
la complicité de l’Inquisition et des pouvoirs locaux, dans un contexte
d’angoisse générale des populations devant leur Salut.Les maladresses
du duc Charles III (1504-1553),
qui veut mettre au pas l’autonomie urbaine de Genève (depuis 1524), son
alliance avec Charles-Quint s’ajoutent au succès de la prédication de
Guillaume Farel (1489-1565)
et au soutien des Bernois, passés à la Réforme en 1528.Le premier sermon
public protestant à Genève a lieu le jour de l’an 1533 sur la place du
Molard par Antoine Froment. En juillet suivant, l’évêque Pierre de la
Baume fuit définitivement la ville. La messe catholique est suspendue
le 10 août 1535 et Calvin arrive en juillet 1536. ·
Charles III a beau chercher de l’aide auprès du pape
ou de la catholique Fribourg, faire le blocus de Genève et même l’occuper
à deux reprises (en 1530 et en 1534), le pire pour lui vient d’ailleurs :
en janvier 1536, les Bernois attaquent pour soutenir les Genevois, et
occupent facilement le pays de Vaux et de Gex. En février , c’est au tour
des Français d’envahir le duché pour s’assurer la route de l’Italie :
la Bresse, puis Chambéry, Montmélian et sa forteresse, puis tout le Piémont
tombent entre leurs mains (avril 1537).Cette catastrophe militaire et
diplomatique profite à la Réforme.Le duc d’Enghien et les Français soutiennent
les réformés. Pendant une courte période les deux cultes catholique et
protestant cohabitent en Chablais. Le Catholicisme ne semble pas prêt
à disparaître si facilement. Farel et le ministre Christophe Fabri, dit
Libertet,vont prendre des mesures radicales.En janvier 1536 le culte catholique
est supprimé à Thonon, puis à la fin de l’année dans les bailliages de
Gex, Ternier-Gaillard et Thonon.En 1537 le culte réformé est organisé :
les pays conquis sont partagés entre sept départements ecclésiastiques
ou « classes » pourvus de pasteurs. Des consistoires sont organisés
à Thonon, Gex, Balaison . ·
Malgré la guerre,
ni le duc jusqu’en 1536, ni François I puis Henri II jusqu’en 1559 et
la fin de l’occupation, tous souverains sincèrement catholiques, ne pouvaient
se désintéresser de la situation.La crédibilité de leur pouvoir était
en jeu. Farel était passé
plusieurs fois en Savoie de 1538 à 1540 et Calvin entretenait une correspondance
« avec ses fidèles de Chambéry ». La Bible de Neufchâtel (1535),
traduite en langue vulgaire, est vendue en Savoie par les colporteurs.Le
premier bûcher, allumé sur ordre du nouveau parlement, flambe en 1539
à Annecy pour un châtelain du mandement de Chaumont, Louis Curtet, pour
s’être « converti à l’Evangile ». La présence protestante en
Maurienne est attestée en 1550 (Raphaël Bourdeille est alors brûlé en
effigie à Saint-Jean). En 1555, le maître de chapelle de Saint-Jean, Nicolas
Martin, dans un noël franco-provençal, avoue son sentiment envers les
protestants en un vers-refrain qui ponctue la réfutation de leur doctrine :
« On devrait les pendre à une crémaillère » (G.Tuaillon). Chambéry
est touché : un colporteur de « méchants sermons », John
Lambert, de Genève, y est brûlé ; des livres interdits sont trouvés
dans la cellule du franciscain Caperon en 1549. En 1555, ce sont cinq
jeunes gens qui sont brûlés au pont du Reclus, alors qu’ils se rendaient
dans les vallées vaudoises, pris avec de « méchantes petites bibles
en français et une lettre de Calvin ». Malgré ces quelques cas dramatiques,
la répression semble pourtant peu violente, se contentant le plus souvent
de bannissements et de simples admonestations. L’attachement au catholicisme
des masses, les excès des Bernois dans les territoires occupés, la fermeté
des Français (en 1545 a lieu en Provence le massacre des Vaudois) ont
finalement assuré la victoire de l’Eglise romaine en Savoie, avant même
la Contre-Réforme menée par le duc Emmanuel-Philibert. |
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