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VAUDOIS ET PROTESTANTS DANS LES ETATS DE SAVOIE-PIEMONT DU XVI° AU XVIII° SIECLE
Auteur : F.MEYER - Niveau de lecture : Scientifique
SOMMAIRE


JEUNE PUBLIC
  • Introduction - Résumé


  • TOUS PUBLICS
  • Entre répression et coexistence pacifique (1530-1730)
  • La lente victoire de la tolérance (1730-1792)


  • EXPERTS
  • Introduction
  • La Réforme genevoise et l'extension en Savoie
  • Les Vaudois du Piémont
  • La réaction des ducs de Savoie
  • Une coexistence religieuse difficile, mais réelle
  • Le choix de la répression (1655-1686)
  • Les aleas de la politique du prince (1630-1730)
  • La lente victoire de la tolérance (1730-1792)
  • Conclusion


  • DOCUMENTS
  • Doc : Chronologie comparée
  • Doc: Bibliographie
  • Doc: Texte 1
  • Doc: carte du protestantisme
  • Doc: carte des vallées vaudoises
  • Doc: lettre à l'évêque de Genève-Annecy Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex
  • Doc: Inquiétudes des Genevois devant les provocations catholiques
  • Doc: Les terres de Saint-Victor


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  • Chronologie 1530-1629
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  • Chronologie 1730-1792
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    La Réforme genevoise et l’extension en Savoie

    I Flux et reflux de la Réforme (1530-1630)

    1.      La Réforme genevoise et l’extension en Savoie (document 2):

    ·        La proximité de Genève devait intoduire rapidement les idées protestantes en Savoie.De plus, le duché semble offrir un terrain favorable.L’épidémie de démonologie et de sorcellerie que les travaux de l’Université de Lausanne ont récemment bien mis en évidence montre la complicité de l’Inquisition et des pouvoirs locaux, dans un contexte d’angoisse générale des populations devant leur Salut.Les maladresses du duc Charles III (1504-1553), qui veut mettre au pas l’autonomie urbaine de Genève (depuis 1524), son alliance avec Charles-Quint s’ajoutent au succès de la prédication de Guillaume Farel (1489-1565) et au soutien des Bernois, passés à la Réforme en 1528.Le premier sermon public protestant à Genève a lieu le jour de l’an 1533 sur la place du Molard par Antoine Froment. En juillet suivant, l’évêque Pierre de la Baume fuit définitivement la ville. La messe catholique est suspendue le 10 août 1535 et Calvin arrive en juillet 1536.

    ·        Charles III a beau chercher de l’aide auprès du pape ou de la catholique Fribourg, faire le blocus de Genève et même l’occuper à deux reprises (en 1530 et en 1534), le pire pour lui vient d’ailleurs : en janvier 1536, les Bernois attaquent pour soutenir les Genevois, et occupent facilement le pays de Vaux et de Gex. En février , c’est au tour des Français d’envahir le duché pour s’assurer la route de l’Italie : la Bresse, puis Chambéry, Montmélian et sa forteresse, puis tout le Piémont tombent entre leurs mains (avril 1537).Cette catastrophe militaire et diplomatique profite à la Réforme.Le duc d’Enghien et les Français soutiennent les réformés. Pendant une courte période les deux cultes catholique et protestant cohabitent en Chablais. Le Catholicisme ne semble pas prêt à disparaître si facilement. Farel et le ministre Christophe Fabri, dit Libertet,vont prendre des mesures radicales.En janvier 1536 le culte catholique est supprimé à Thonon, puis à la fin de l’année dans les bailliages de Gex, Ternier-Gaillard et Thonon.En 1537 le culte réformé est organisé : les pays conquis sont partagés entre sept départements ecclésiastiques ou « classes » pourvus de pasteurs. Des consistoires sont organisés à Thonon, Gex, Balaison .

    ·        Malgré la guerre, ni le duc jusqu’en 1536, ni François I puis Henri II jusqu’en 1559 et la fin de l’occupation, tous souverains sincèrement catholiques, ne pouvaient se désintéresser de la situation.La crédibilité de leur pouvoir était en jeu. Farel était passé plusieurs fois en Savoie de 1538 à 1540 et Calvin entretenait une correspondance « avec ses fidèles de Chambéry ». La Bible de Neufchâtel (1535), traduite en langue vulgaire, est vendue en Savoie  par les colporteurs.Le premier bûcher, allumé sur ordre du nouveau parlement, flambe en 1539 à Annecy  pour un châtelain du mandement de Chaumont, Louis Curtet, pour s’être « converti à l’Evangile ». La présence protestante en Maurienne est attestée en 1550 (Raphaël Bourdeille est alors brûlé en effigie à Saint-Jean). En 1555, le maître de chapelle de Saint-Jean, Nicolas Martin, dans un noël franco-provençal, avoue son sentiment envers les protestants en un vers-refrain qui ponctue la réfutation de leur doctrine : « On devrait les pendre à une crémaillère » (G.Tuaillon). Chambéry est touché : un colporteur de « méchants sermons », John Lambert, de Genève, y est brûlé ; des livres interdits sont trouvés dans la cellule du franciscain Caperon en 1549. En 1555, ce sont cinq jeunes gens qui sont brûlés au pont du Reclus, alors qu’ils se rendaient dans les vallées vaudoises, pris avec de « méchantes petites bibles en français et une lettre de Calvin ». Malgré ces quelques cas dramatiques, la répression semble pourtant peu violente, se contentant le plus souvent de bannissements et de simples admonestations. L’attachement au catholicisme des masses, les excès des Bernois dans les territoires occupés, la fermeté des Français (en 1545 a lieu en Provence le massacre des Vaudois) ont finalement assuré la victoire de l’Eglise romaine en Savoie, avant même la Contre-Réforme menée par le duc Emmanuel-Philibert.

     

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