| < |
| Toutes les cartes |
| Cartes Historiques |
| Relief |
| Précipitations |
| Géologie |
| Administration |
| Végétation |
| Energie |
| Transport |
| Agriculture |
| Religion |
| Tourisme |
| Industrie |
|
Archives
Haute Savoie |
| Archives
communales et intercommunales |
|
Publications |
| |
- |
|
VAUDOIS ET PROTESTANTS DANS LES ETATS DE SAVOIE-PIEMONT DU XVI° AU XVIII° SIECLE
Auteur : F.MEYER - Niveau de lecture : Scientifique |
|||
|
|
La réaction des ducs de Savoie I Flux et reflux de la
Réforme (1530-1630) 3.La réaction des ducs de Savoie : ·
La confusion des occupations étrangères,
le durcissement de la répression envers les Protestants en Savoie comme
dans toute l’Europe après 1555 ouvrent des temps difficiles : Nicolas
Sartoris est brûlé à Aoste en 1556, le franciscain Geoffroy Varaglia à
Turin en 1558.En 1559, après Le-Cateau-Cambrésis, Emmanuel-Philibert
retrouve ses Etats évacués par les Français et en 1564 par les Bernois
(paix de Lausanne).La situation religieuse est complexe . Les protestants
sont puissants en Chablais, bailliage de Ternier, pays de Gex et dans
les « vallées vaudoises », plus vulnérables en Savoie propre
et en Piémont.Le duc est catholique, mais est aussi prudent.Il ne souhaite
pas mécontenter Genève ni voir ses sujets protestants s’exiler en Suisse.Il
a promis à ses ennemis d’autoriser le culte protestant dans les bailliages.Il
refusera l’aide de l’Espagne pour mater les hérétiques du Piémont en 1565,
craignant une intervention des protestants français de Provence et du
Dauphiné.Pourtant en 1560 il cède aux demandes du « parti italien »
du nonce pontifical et des évêques d’Asti et de Verceil et charge le dominicain
Tommasso Giacomelli, soutenu par l’armée des comtes de Racconigi et
Costa de la Trinité, de la répression dans l’hiver 1560-61.C’est un échec
et le 5 juin 1561, Emmanuel-Philibert accordait à Cavour (à 25
km de Turin) un édit de tolérance. Le parti pro-français l’emportait (la
duchesse Marguerite de Valois, fille de François I ; le prince Philippe
de Raconis, proche des évangélistes). La liberté de culte était accordée
dans les trois vallées (Pragelas, Luserne, Saint-Martin) et quelques villages
de la plaine (Meane,Rocciapiatta, Saint-Barthélémy) et l’amnistie pour
les chefs de la résistance. La messe catholique devait être restaurée
partout. Le duc ne se faisait pas d’illusion : il n’avait pas les
moyens d’imposer le catholicisme. Il n’osa pas faire enregistrer le traité
par le Sénat de Turin. Et le pape était furieux.Pour l’heure le duc ne
pouvait que faire confiance aux missions du jésuite Antoine Possevino
(depuis 1560), qui multipliait les tournées de prédication et diffusait
sous forme d’un résumé en langue vulgaire le catéchisme de Canissius et
des tracts à afficher partout.De nouveaux collèges de jésuites (à Turin
en 1561, à Chambéry en 1564), des maîtres d’écoles, les médecins, les
aubergistes, les bouchers (le vendredi, en carême), les libraires se devaient
de surveiller la population, faute de mieux. Là était l’essentiel :
précédant de peu l’édit de Saint-Germain en France (1562) qui autorisait
un culte limité, un prince catholique en Savoie reconnaissait légalement
le culte protestant. Les vaudois n’étaient même pas enfermés dans leurs
montagnes, et des catholiques continuaient à vivre au milieu d’eux. De
plus le Chablais resta exclusivement protestant jusqu’en 1598. ·
La mégalomanie et la confusion
« baroque » de Charles-Emmanuel I (1580-1630) allaient
faire souffler le chaud et le froid sur l’équilibre fragile que son père
avait établi.La première guerre de son règne avec Genève et Berne se termina
par le traité de Nyon le 10 octobre 1589. Le duc récupérait les bailliages
et limitait le culte protestant à trois paroisses du Chablais, deux de
celui de Gex et une seule de Ternier.La présence d’Henri IV en France
et de Lesdiguières (1543-1626), chef des protestants du Dauphiné, l’empêchaient
de réprimer les Réformés et il ne put lui aussi que favoriser des missions,
en l’occurrence de François et Louis de Sales, commencées
en septembre 1594, avec l’aide des capucins de Chérubin de Maurienne.Il
faut en rabattre sur la « douceur » de la méthode de François
de Sales.Ce dernier n’hésita pas à demander au duc qu’ « en
cas d’obstination [il faut] priver à forme des édits de tous offices de
justice et charges publiques les persistants en l’erreur ».Du côté
vaudois, après la hardiesse de l’occupation du marquisat de Saluces-lui
aussi peuplé de protestants-en 1588, Charles-Emmanuel réprima une
révolte en 1592-93, sans doute suggérée contre lui par Lesdiguières, qui
mène une guerre personnelle contre la Maison de Savoie. Pourtant, en novembre
1594 à Turin, le duc pardonnait, se contentant d’expulser les huguenots
français réfugiés dans les vallées. Et en 1597, les Français envahirent
la Maurienne. Charles-Emmanuel multiplia les démonstrations de
force en Chablais et dans le pays de Gex en 1597. La paix de Vervins (2
mai 1598) avec la France lui donna les mains libres.Pour les protestants
de Savoie, l’édit de Nantes fut un espoir de jours tranquilles, d’autant
qu’il fut appliqué dans le Val Pragelas français et dans les parties françaises
de diocèses savoyards (Val de Suse et Val Chisone pour Turin, Gex-Valromey-Bugey
pour Genève-Annecy après le traité de Lyon de 1601).Au contraire il provoqua
l’émoi des évêques, du nonce apostolique à Turin et des conseillers espagnols
du duc.Le 5 octobre 1598, le duc proclama l’unité de religion dans ses
Etats, interdisant partout le culte protestant, expulsant les pasteurs.
Mais ses échecs militaires (une nouvelle occupation française en 1600,
l’échec devant Genève en 1602) empêchèrent une réelle répression.Au traité
de Saint-Julien avec Genève en 1603, il dut accepter que des Genevois-donc
protestants-résident en Savoie pour leurs affaires.La nécessité de conserver
de bonnes relations avec la France et Genève étaient le meilleur garant
de la « tolérance » des protestants. Certes le Chablais fut
recatholicisé, mais les moyens furent chichement comptés : la Sainte-Maison
de Thonon périclita assez vite, la décision ducale de juin 1602 de convertir
de force les vaudois du Piémont resta lettre mort, et fut reportée en
1603. La protection naturelle des montagnes, une immigration protestante
venue de Saluces et qui renforce les vallées, l’intérêt des puissances
protestantes en Europe (Genève, qui fournit les bibles et les pasteurs,
les Anglais, les Hollandais, les Dauphinois de Lesdiguières) assurent
une relative tranquilité aux vaudois.En 1617 les « barbets »
vaudois furent soumis à une amende de 6000 ducatons pour avoir refusé
de rétablir le culte catholique dans leurs vallées. En 1619, deux prédicateurs
sont exécutés à Saluces. La Réforme catholique se fait alors plus agressive
en Europe et en 1622 la papauté institue la congrégation romaine de la
Propagation de la Foi.En 1623, Charles-Emmanuel lance une expédition
contre Suse et Barcelonnette.Une fois encore les déboires diplomatiques
du duc sauvèrent les vaudois en l’occupant ailleurs (guerres de Valteline
et du Montferrat) et au printemps 1630 les troupes de Louis XIII envahissaient
à nouveau la Savoie. Le 26 juillet le duc mourut d’une crise d’apoplexie.
Les protestants pouvaient respirer, même s’ils souffraient comme tout
le monde de la guerre. |
||
| - |
|