| < |
| Toutes les cartes |
| Cartes Historiques |
| Relief |
| Précipitations |
| Géologie |
| Administration |
| Végétation |
| Energie |
| Transport |
| Agriculture |
| Religion |
| Tourisme |
| Industrie |
|
Archives
Haute Savoie |
| Archives
communales et intercommunales |
|
Publications |
| |
- |
|
La Savoie au Moyen-Age, 1032-1536
Auteur : Guido CASTELNUOVO - Niveau de lecture : Public |
||
|
|
Le gouvernement de la Principauté Du
XIIe au XVe siècle, les comtes de Savoie ont réalisé une
expansion géographique sur les deux versants alpins (Bresse, Bugey, Pays
de Vaud, Faucigny, Vallées de Suse et dAoste, Piémont, Niçois). Ils
ont surtout transformé ces différentes terres en une principauté
cohérente et unitaire. Cette
principauté doit être gouvernée, au centre comme sur le
terrain. Des
organes administratifs toujours plus complexes se mettent donc en place à
partir de la seconde moitié du XIIe siècle. Sur
le terrain, les principaux agents du comte sont les châtelains. Ils représentent
le prince au niveau local, tandis que les baillis et les juges-mages agissent
au niveau régional. Au
centre, une série dappareils administratifs prend son essor au XIVe
siècle : conseils de justice ; officiers des finances ; organismes de
contrôle. Au
XIIIe siècle, la suprématie savoyarde passe avant tout par sa
justice. Tous le habitants de la principauté peuvent y faire appel, quils
soient ou non sujets directs du prince. Lautonomie des seigneurs (laïques
et ecclésiastique) sen trouve diminuée dautant. Dès
le XIVe siècle, le principal rouage du pouvoir princier est constitué
par ses finances et sa fiscalité : tous les sujets doivent payer des
taxes ordinaires te extraordinaires, et ces revenus sont toujours mieux gérés
par les officiers des finances. A./
- Des seigneurs aux châtelains Une
étape essentielle du renforcement territorial des comtes de Savoie se
situe entre les années 1170 et la fin du XIIIe siècle. Cest
la naissance des châtelains (officiers locaux du prince), lessor de leurs
circonscriptions (les châtellenies) et la mise en place de leur comptabilité
annuelle (les rouleau des comptes de châtellenie). Du
XIe au XIIe siècle, le pouvoir sétait localisé. Ses protagonistes
étaient les seigneurs, ses foyers leurs châteaux. Quelques seigneurs
commencent pourtant à prendre le dessus sur les autres. Leurs attaches
royales sont plus fortes, leurs domaines plus vastes, leurs chevaliers et vassaux
plus nombreux, leurs monastères plus riches. Ce sont les comtes, les
évêques et les princes régionaux : comtes de Maurienne-Savoie,
comtes de Genève, comtes dAlbon, archevêques de Tarentaise. Cette
mainmise princière sur le territoire se remarque, entre autre, par la
signification nouvelle donnée au mot même de "châtelain". Au
départ, les châtelains sont les seigneurs territoriaux de ban,
appelés domini dans la majorité des documents. Tout châtelain
est, bien évidemment, lié au contrôle dun château,
mais ce contrôle est alors seigneurial et non pas administratif. Il renvoie
à un pouvoir politique exercé localement par un puissant. Les
châtelains du XIIe siècle sont des seigneurs, parfois des vassaux
comtaux, mais non des officiers princiers. Les
sources des années 1170-1230 donnent un sens nouveau à ce mot
ancien. Les seigneurs-châtelains sont concurrencés par des châtelains-officiers.
Nommés par le prince. Ces
"nouveaux" châtelains sont amovibles ; ils apparaissent dès les
années 1170 en vallée de Suse, puis sur les rives du Léman
(.Allinges, Féternes, Chillon ;1203-1208), enfin à Montmélian,
Pierre-Châtel et Moudon. Lessor
des princes modifie lorganisation du territoire. Lautonomie de seigneurs locaux
est limitée aussi bien par les liens féodaux noués avec
les comtes que par la présence de ces nouveaux officiers locaux du comte
: les châtelains (dans les terres piémontaises à dominante
urbaine, on parle longtemps de vicaires). Apparus
à la fin du XIIe siècle, les châtelains-officiers constituent
le premier noyau de ladministration savoyarde. Les officiers locaux précèdent
de presque un siècle les débuts dune véritable administration
centrale. De 1170 à 1280 environ, les châtelains sinstallent dans
tous les domaines du comte à la tête de leur circonscription, la
châtellenie ; au XVe siècle plus de cent châtellenies constituent
la cellule de base du pouvoir princier sur le terrain. .Que
font ces châtelains dans leurs châteaux et sur les terres quils
sont censés contrôler? Ils
sont les yeux et les oreilles du prince. Ils soccupent donc un peu de tout
:
- de la défense militaire (levée de troupes, inspection des murailles)
;
- du travail de police (avec laide de leurs subordonnés, métraux,
sautiers, clavaires) ;
- des décisions de justice (collecte des petites amendes appelées
banna) ;
- des recettes fiscales (produits domaniaux ; impôts sur les hommes et
les terres). De
tous les officiers savoyards, les châtelains sont les mieux connus. A
partir du milieu du XIIIe siècle, ils préparent une comptabilité
annuelle, châtellenie par châtellenie. Leurs rouleaux de comptes
sont une source irremplaçable pour lhistorien du bas Moyen Age. Dès
les années 1260, le travail des châtelains est coordonné
au niveau régional par deux autres officiers territoriaux, le bailli
et le juge-mage.
- Le bailli est une sorte de super-châtelain. Il siège dans la
châtellenie la plus importante de la région et ses fonctions sont
avant tout militaires. Au faîte de son expansion, la principauté
savoyarde compte une dizaine de bailliages : Savoie propre (chef-lieu Montmélian
et non Chambéry) ; Chablais (Chillon) ; Pays de Vaud (Moudon) ; Vallée
de Suse (Avigliana) ; Vallée dAoste (Châtel-Agent) ; Bugey-Valromey
(Rossillon/Saint-Germain) ; Novalaise (Voiron) ; Bresse (Bourg) ; Viennois,
jusquen 1355, (Saint-Georges dEspéranche) ; après 1355, Valbonne
(Montluel) et Faucigny (Châtillon/ Cluses) ; dès 1402 Genevois
(Annecy).
- Le juge-mage est, lui, un spécialiste de la justice. Ses circonscriptions
sont les judicatures. Dans les régions de droit écrit (le Pays
de Vaud et la Vallée dAoste, sont terres de droit coutumier), le juge
résout les conflits locaux et distribue les amendes judiciaires. Quelle
est lorigine sociale de ces officiers? Au départ, il ne sagit pas de
grands seigneurs, mais de petits nobles locaux qui profitent du service princier
pour améliorer leur statut social. A
partir du XIVe siècle même les plus grands seigneurs acceptent
de régir une châtellenie, du moins les plus prestigieuses (les
Challant sont longtemps châtelains à Chambéry). L e service
princier est dès lors considéré comme un critère
essentiel de prestige et de réussite. Au
fil du temps, le profil du châtelain change de nature. Ses fonctions territoriales
laissent leur place à des charges "de cour". Le châtelain nest
plus un administrateur, il devient un "politique". Cette transformation a, au
moins, trois conséquences importantes : -
laction locale est laissée aux mains des lieutenants, les vicechâtelains,
souvent choisis parmi les notables locaux ;
- la durée de la charge sallonge, parfois à démesure.
Nommés théoriquement pour un ans, certains châtelains non-résidents
maintiennent leur fonction pendant plusieurs décennies ;
- les pratiques du cumul se généralisent. Un châtelain non-résident
peut en même temps servir son prince dans ladministration centrale (clerc,
auditeur, trésorier, juriste, chancelier). B./
Ladministration centrale Les
premiers pas de ladministration centrale datent de la fin du XIIIe siècle.
Ils constituent un second palier dans la construction de la principauté. Après
avoir organisé un réseau toujours plus dense dofficiers locaux
(les châtelains et autres baillis), les princes mettent sur pied des structures
de gouvernement centrales. Dans
lentourage princier se distinguent alors deux manières de servir le
comte:
- le service personnel et courtisan. Il sagit de lancien entourage des grands
seigneurs, composé de ses courtisans (chambrier, boutellier, maréchal)
et des maîtres de sa cour. Leur fonction première est de gérer
au quotidien (déplacements, ravitaillement, chevaux) le bon fonctionnement
de lhôtel (la cour) du comte et de sa famille (épouse, enfants). -
le service professionnel et administratif. Ce sont les hommes qui travaillent
dans les trois grands services centraux : justice, finances et fiscalité,
chancellerie. Ces trois branches de ladministration centrale se stabilisent
à Chambéry à la fin du XIIIe siècle. Au XVe siècle,
les offices centraux se dédoublent, à Chambéry et à
Turin, voire même à Annecy. A
mi-chemin entre la cour et ladministration, voilà aussi le service armé
du prince. Les armées savoyardes sont avant tout des armées féodales,
composées des bannières (les "lances") des principaux vassaux
princiers ainsi que des contingents régionaux enmenés par leur
bailli. A leur tête se trouve le maréchal, un officier recruté
le plus souvent au sein des élites aristocratiques de la principauté.
Mais les professionnels de ladministration financière (trésoriers
des guerres, receveurs généraux) jouent, eux aussi, un rôle
essentiel dans le fonctionnement des armées savoyardes. Voyons
plus en détail les trois branches principales des appareils centraux.
- La justice. Au-dessus des châtelains (justice locale) et des juges-mages
(justice régionale dans les pays de droit écrit), se trouvent
les cours grandes cour dappel de la principauté.
- La cour la plus ancienne, fondée en 1329, est le "Conseil résidant
à Chambéry". Ce Conseil est composé de juristes professionnels,
souvent gradués des Universités (françaises et italiennes)
; à sa tête se trouvent un avocat et un procureur fiscaux, deux
collatéraux (1379) et un président (1430). Le Conseil chambérien
défend, sur tous les plans, les droits du comte ; il permet à
tous les sujets de la principauté de faire appel contre les décisions
des cours locales, quelles soient princières ou seigneuriales.
- Conséquence de lexpansion savoyarde, un second Conseil de justice
se met en place au sud des Alpes dans les années 1420 : cest le "Conseil
cismontain", résidant à Turin depuis 1432. Sa composition est
la même quà Chambéry, mais ses fonctions sont à
la fois judiciaires et politiques car il agit comme organe de gouvernement piémontais.
Au cours du XVe siècle, chaque apanage aura son conseil résident
(un conseil aussi à Annecy). -
Les finances et la fiscalité. Leur gestion et leur contrôle dépendent
de la trésorerie et de la Cour des comptes.
- La trésorerie. Les recettes et les dépenses déclarées
par les châtelains et des autres officiers territoriaux doivent êtres
connues et centralisées. Cest le rôle des receveurs régionaux
(Chablais, Niçois, Piémont) et, surtout, de la trésorerie
centrale qui sinstalle à Chambéry à la fin du XIIIe siècle.
Constituée de nombreux clercs (ils rédigent les rouleaux de compte
de la trésorerie princière) et dirigée par un trésorier
général, la trésorerie sévertue à centraliser
et à maîtriser les mouvements des finances et de la fiscalité
savoyardes. Son succès est mitigé : une bonne partie des rentrées
fiscales et des dépenses financières continue, jusquen plein
XVe siècle, à être traitée sur place.
- La Cour des comptes. Cest lorganisme de vérification comptable par
excellence. Son essor est relativement tardif (premiers statuts de 1351), mais
ses débuts remontent au moins à la fin du XIIIe siècle.
Après lacquisition princière du château de Chambéry,
en 1295, chaque année les comptes de tous les officiers sont amenés
en ville pour y être vérifiés. Ces vérificateurs
sont dabord de simples clercs, puis ils deviennent des "maîtres" et des
"auditeurs" spécialisés. Plusieurs fois réglementée
par des statuts (1351, 1389, 1430), la Chambre des comptes est dirigée
dès les années 1410 par un Président, lun des officiers
les mieux payés et les plus puissants de toute ladministration princière. -
Les appareils législatifs et de gouvernement. Organes à la fois
administratifs et politiques, le "conseil résident avec le seigneur"
et la chancellerie sont les acteurs essentiels de lessor de la principauté.
- Le "Conseil résident avec le prince". Ses compétences sont à
la fois législatives, exécutives et judiciaires. Il sagit du
plus ancien organe de gouvernement princier. Aux côtés du prince,
siègent au Conseil aussi bien les grands seigneurs que les évêques
et les officiers. Le conseil ratifie les décisions du prince et linspire
dans ses choix politiques. Dans le même temps il possède aussi
des fonctions judiciaires. Il agit alors comme cour dappel suprême, la
seule en mesure de casser une condamnation émise par les conseils de
Chambéry ou de Turin. A sa tête se trouve (surtout lors des réunions
à caractère judiciaire) le chancelier.
- La chancellerie et les secrétaires. Présent à partir
des années 1330, le chancelier de Savoie est le véritable bras
droit du prince. Ses fonctions sont multiples. Il dirige le "Conseil résident
avec le seigneur" : il apparaît alors comme le "chef du gouvernement"
savoyard. Dans le même temps, il est à la tête dun rouage
administratif essentiel : la chancellerie. La chancellerie a le monopole de
lécrit princier, cest elle qui met par écrit et qui rend publiques
les décisions du comte, de ses conseils et de ses officiers. Dans cette
chancellerie travaillent des dizaines de "clercs du seigneur" appelés
secrétaires dès le XIV siècle (au XVe siècle, ils
cont coordonnés par un premier secrétaire). Ces secrétaires
sont les auteurs des différents statuts savoyards ; ils sont aussi la
mémoire vivante de la principauté : archivistes, ils gardent sous
clé, dans un bureau ad hoc, les documents officiels et en dressent les
inventaires. De
la fin du XIIIe au XVe siècle tous les appareils centraux évoluent
dans le sens dune croissance, dune hiérarchisation et dune compétence
accrue de leurs officiers.
- La croissance administrative est, en Savoie, synonyme de multiplication et
de délocalisation, surtout en conséquence de lessor géo-politique
du XVe siècle. Les conseils judiciaires se dédoublent (Chambéry,
Turin, voire Annecy) ; les organismes de contrôle financier se multiplient
(receveurs du Piémont).
- Tous les appareils centraux assurent leurs structures internes. Les différents
statuts princiers (tout particulièrement les statuts généraux
de 1430) ébauchent une hiérarchie administrative qui va du simple
clerc au spécialiste (juriste, auditeur, secrétaire) et au Président
(des conseils, de la Cour des comptes).
- Les compétences techniques des officiers se renforcent. Dans les Conseils,
il faut des juristes, doù le besoin pressant dune Université
savoyarde. Cette Université sera mise en place au XVe siècle à
Turin, dans les nouvelles terres piémontaises. Pour la trésorerie
et la Cour de comptes il faut des experts comptables et fiscaux, doù
le recours aux spécialistes urbains des finances. Auprès du chancelier,
il faut des professionnels de lécrit, des hommes formés sur les
documents : ce sont les notaires. Tous
ces officiers sont dûment nommés et payés par le prince
(salaires annuels ou paiements au jour le jour, acte par acte, pour les secrétaires).
Le prestige et les compétences de leurs fonctions expliquent le recrutement
large de ces officiers : dans la noblesse seigneuriale (châtelains, maîtres
de lhôtel, présidents, maréchaux) mais aussi parmi les
notables urbains ou ruraux (chanceliers, finances et fiscalité, secrétaires
et auditeurs). C./
Finances savoyardes et fiscalité princière : une réalité
quotidienne Pour
réussir son expansion, solder ses gens darmes, embellir sa cour et payer
ses officiers, le prince a besoin dargent, de toujours plus dargent. Pour
remplir les caisses de lEtat, il faut dabord savoir où chercher. Lessor
des finances et de la fiscalité va de pair avec le développement
dune documentation administrative complexe:
- comptes de châtellenie (les plus anciens, 1246-1256) et des autres offices
locaux ;
- extentes comtales : rouleaux contenant la description précise des tenanciers
et des redevances quils doivent au seigneur, en loccurrence le comte ;
- extentes et reconnaissances féodales : recensements des terres tenues
par les vassaux du comte (lune des plus complètes, appelée la
"Grosse Balay", est loeuvre du commissaire mauriennais Jean Balay, actif en
Pays de Vaud de 1403 à 1408) ;
- comptes de subside : ils concernent les impositions extraordinaires levées
par le prince : à partir de la fin du XIVe siècle, les subsides
tendent à devenir annuels ;
- comptes des échutes : créances des Juifs qui, à leur
mort, reviennent au prince ;
- comptes des introges et des cens dus par les prêteurs Lombards (piémontais
pour la plupart) qui exercent le crédit dans les Etats savoyards ;
- comptes de péage, sur les marchands et les marchandises en transit
;
- comptes du toisé, impôt sur la largeur des façades des
maisons ;
- autres comptes particuliers (gabelle du sel) ;
- rouleaux des comptes de lhôtel (1269), puis des receveurs - trésoriers. Cette
longue liste montre bien la variété des ressources financières
savoyardes, quil sagisse de collectes en nature (en provenance du domaine)
ou de recettes en argent. En
fait, les finances princières se divisent en deux grands ensembles :
finances ordinaires et finances extraordinaires.
- Les finances ordinaires. Elles ont composites et font lobjet dune bonne
partie de comptes cités tantôt : rentes domaniales, ressources
seigneuriales, rentrées judiciaires et féodales, revenus dorigine
royale (péages, marchés, ateliers monétaires), recettes
administratives, prêts individuels en faveur de la trésorerie (en
provenance des officiers, des Juifs ou des Lombards).
- Les finances extraordinaires. Elles sont levées pour faire face à
des besoins pressants qui demandent des rentrées immédiates dargent.
Elles prennent leur essor au XVe siècle. Des subsides collectifs sont
requis, parfois même plusieurs années de suite, à un bailliage,
à une communauté ou à un groupe social. Pour que ces subsides
soient acceptés, il faut laccord des élites régionales
réunies dans les assemblées des trois Etats. Ces assemblées
sont constituées decclésiastiques, de seigneurs féodaux
et de notables urbains. Elles peuvent concerner une seule région (Bresse,
Pays de Vaud, Vallée dAoste, Piémont) ou bien toute la principauté. Ces
besoins financiers exponentiels et lessor fiscal qui en découle modifient
le profil des élites seigneuriales et administratives.
- La disponibilité financière favorise lacquisition de seigneuries
par des notables urbains (en 1438 les Chabod, marchands, juristes et syndics
de Chambéry, acquièrent la petite seigneurie de Lescheraines dans
les Bauges) ou des professionnels du crédit (1359 : les piémontais
Provana achètent aux seigneurs de la Val dIsère le château
de Beaufort ; ils le leur revendent dix ans plus tard).
- Ces mêmes milieux urbains disposent des liquidités et des compétences
techniques indispensables pour sengager avec succès dans ladministration
financière. Les trésoriers sont souvent de riches notables qui
avancent de leur poche largent nécessaire pour faire tourner le "budget"
ducal. Ce sont des entrepreneurs avant même que dêtre des officiers.
Doù certaines carrières administratives remarquables qui favorisent
la réussite sociale de ces créanciers-officiers (dans les années
1350-1380 Pierre Gerbaix, citoyen de Belley, devient trésorier général
et grand argentier du comte ; il acquiert de nombreuses seigneuries en Bugey
et dans lAvant-Pays savoyard ; il réussit des mariages bien décrochés,
pour lui-même et pour ses fils ; il est en conflit avec les seigneurs
locaux, risque de tout perdre, mais finit par asseoir le rang de sa famille
dans lélite princière). |
|
| - |
|