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1792-1799 : LA REVOLUTION EN SAVOIE
Auteur : Mr Palluel - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE
  • Introduction
  • Les causes de la révolution en Savoie
  • La mise en place du régime français
  • La Terreur
  • Modérations et spéculations
  • La seconde terreur
  • Les deux camps ennemis
  • En guise de conclusion


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  • Chronologie 1792-1799
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    LA SECONDE TERREUR

    LA SECONDE TERREUR (septembre 1797-septembre 1799)

     

                LA REACTION DE GAUCHE. Le coup d’Etat de Fructidor* (en septembre 1797) marqua à Paris la volonté de la gauche de ne pas s’en laisser compter par une éventuelle reconquête du pouvoir par la droite. L’épuration des assemblées des députés* modérés nouvellement élus ( en particulier ceux du Mont-Blanc) s’accompagna d’un retour de la persécution religieuse ( des dizaines de prêtres sont arrêtés et emmenés en déportation, un grand nombre mourrant dans les pontons ou sur les plages de Guyane) d’un renforcement des contraintes révolutionnaires ( emprisonnements, contrôles, confiscation)  et surtout d’un affermissement du style révolutionnaire ( fêtes officielles aussi bien pour marquer le 21 janvier, anniversaire de la mort de Louis XVI pourtant peu connu ici,  que la création de la république et l’invasion de septembre 1792 , fête des moissons, de la jeunesse, etc, sans compter les réunions théophilanthropiques dans les chefs-lieux,  publication du premier journal républicain savoyard, accélération des ventes de biens nationaux).

     

                L’ŒUVRE DU DIRECTOIRE. Tout cela ne pouvait aboutir car les élections ne cessaient de révéler l’intensité des querelles entre modérés et néo-jacobins d’où une évidente instabilité. La décentralisation renforçait les divisions locales, d’au que la suppression des communes au profit des cantons était fort impopulaire, enfin le commissaire du Directoire était incapable de s’imposer face à des assemblées locales, affaiblies mais bavardes et  insolentes. Affaiblissement d’autant  plus sensible que les problèmes ne cessaient de s’aggraver. Le rétablissement des impôts indirects fut très impopulaire car il semblait que l’on revenait sensiblement à l’Ancien Régime. Que dire enfin de la trop célèbre loi Jourdan instituant en septembre 1798 la conscription* , ce qui souleva immédiatement une intense émotion d’où un peu partout des manœuvres, des fuites, des fraudes et des attroupements, au moment même où l’on pouvait envisager une stabilisation du régime, l’opposition se déchaînait et l’incendie en décembre 1798 du château de Chambéry*, siège de l’administration centrale du département fut très caractéristique de ce délabrement politique car bien entendu il fut impossible d’en trouver l’auteur

     

                L’ANNEXION DE GENEVE. L’intervention française en Suisse pour soutenir les révoltés vaudois puis les républicains helvétiques n’arrangea rien.  Genève* que le résident français Desportes* entendait réduire depuis des années, avait bien résisté à un sévère blocus de ses frontières mais ne put  que céder devant les pressions diplomatiques et militaires. En avril 1798, les troupes françaises pénétraient dans la ville et un traité vint conclure à une inévitable annexion que les Genevois ne purent qu’approuver en silence. Cette conquête combla les jacobins savoyards qui y virent la vengeance du sort vis à vis d’une orgueilleuse ennemie séculaire et quel profit ne pouvait-on espérer de la conquête d’une telle place de banques et de richesses, c’était ignorer la ruine de la petite République depuis la Révolution et surtout c’était réveiller l’antagonisme entre la Savoie du sud et celle du nord puisque cette dernière pouvait dorénavant regarder librement vers Genève*, sa capitale naturelle. La formation du département du Léman regroupant autour de la ville de Calvin le Chablais, le Faucigny, le pays de Gex et le nord de l’ancienne province de Genevois forma bien une véritable entité à la fois géographique et politique mais au détriment de l’unité ( même théorique) de la Savoie désormais divisée en deux parties condamnées au mieux à s’ignorer l’une l’autre.

     

    BRUMAIRE. C’est dans ces tristes conditions que l’on apprit en novembre 1799 le renversement du Directoire et des conseils par un nouveau coup d’Etat, la nouvelle ne suscita aucune émotion particulière ici car on avait pris l’habitude de l’ impossibilité de la région à influer sur les grands évènements et même à ne plus espérer grand chose, tant les désillusions étaient universelles.

     

     

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