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LA SAVOIE SOUS LE PREMIER EMPIRE
Auteur : André PALLUEL-GUILLARD - Niveau de lecture : Public |
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LES NOUVELLES FRONTIERES
LES NOUVELLES FRONTIERES.. Lurgence de la paix amena la signature de laberrant
traité de mai 1814 partageant la Savoie du sud entre la France ( qui conservait
ainsi un fragile morceau de ses conquêtes de la Révolution et de lEmpire) et
le Piémont dont le roi Victor-Emmanuel I°* venait de reprendre
possession. Ce partage artificiel posa des problèmes de frontières aussi
insolubles quuniversels. La Savoie du nord restait non attribuée ce
qui obligea les Genevois et les Suisses à sinterroger sur les avantages (et
finalement les inconvénients) de lannexion d un tel ensemble. On vit ainsi un
peu partout sopposer les partisans de la France, ceux de la Maison de Savoie
et enfin ceux de la Suisse, divisions qui facilitèrent les désordres, les
querelles et bien entendu les intérêts des Autrichiens qui occupaient et pillaient
à plaisir la province. Victor-Emmanuel I°* profita néanmoins des
incertitudes de lété 1814 pour réoccuper le Chablais et le Faucigny Le Congrès de Vienne ne régla rien sinon les
intérêts de Genève* dont le représentant Charles ¨Pictet de Rochemont* obtint non sans difficulté ni malice une
partie du pays de Gex pour relier lancien chef-lieu du Léman à la nouvelle
confédération suisse et une partie de la banlieue savoyarde (dont Carouge) dans
la promesse de faire couvrir de la neutralité helvétique la Savoie du nord où
devaient entrer les troupes fédérales en cas dinvasion (française) de la
Savoie. Au printemps 1815 du fait de la guerre
relancée suite au retour de Napoléon, le général Suchet avait bien essayé de
prendre les devants pour attaquer sur
les Alpes au même moment que celui choisi par Napoléon en Belgique mais il
avait dû reculer précipitamment et les Autrichiens avaient de nouveau envahi la
Savoie en même temps que les Piémontais semparaient de Grenoble, ce qui ne fit
quaccroître les exigences de Victor-Emmanuel I° *pour faire valoir ses
droits sur toute la Savoie. LA FIN DE LA SAVOIE FRANCAISE. Enfin le
traité du 20 novembre 1815 restituait toute la Savoie à son roi légitime
clôturant ainsi vingt trois ans de régime français. Sur le moment la tendance
générale fut de se réjouir de ce retour à la "petite patrie" symbole
de calme et disolement, vivre entre soi avec "ses" rois, loin des
grands Etats symboles de fiscalité, de centralisation et de conscription. En
fait indépendamment de ces illusions, on ne se rendait pas compte de
linexorabilité de lhistoire et des changements subis depuis une génération. La
Savoie sortait affaiblie par les occupations militaires autrichiennes et
surtout par les innombrables jeunes morts au loin dans la confusion des
batailles ou des hôpitaux militaires, mais du fait de la croissance naturelle,
cette perte quantitative ne fut la plus traumatisante et il fallut surtout
compter avec lexil dune bonne partie de lélite qui compromise dans le régime
français, choisit de sétablir en France, perte dautant plus lourde que la
province navait pas besoin de voir son élite déjà réduite naturellement,
sappauvrir encore de la perte de ses éléments les plus ouverts et souvent les
plus dynamiques. LEmpire na laissé que de mauvais souvenirs.
Le clergé a dénoncé la persécution
gouvernementale après larrestation du pape, lopinion na conservé que le
souvenir de la conscription tout comme Genève a assimilé la période à un temps
de pauvreté et de déclin, on se moque des rêves monumentaux de lempereur pour
le Mont-Cenis en 1813 et de linquisition gouvernementale qui recensait la
filles nobles à marier. Ces avis sont fort injustes car lEmpire permis à la Savoie
(et à Genève) de se remettre des troubles révolutionnaires, le rétablissement
économique et monétaire a permis laccroissement des revenus dans toutes les
classes sociales et dorénavant la Savoie peut profiter pleinement dun trafic
franco-italien qui ne fait que saccroître. Les intellectuels locaux ont révélé au grand public ce quétait la Savoie qui désormais mieux
connue, peut recevoir plus facilement des foules de touristes. Finalement, une
nouvelle étape de louverture du pays au monde avait été franchie et même si la
conjoncture de 1814-1815 était mauvaise, la Savoie navait pas moins profité
pleinement du régime napoléonien. |
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