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Du
royaume burgonde au royaume de Bourgogne : les terres savoyardes de
443 à 1032
Auteur : Laurent Ripart - Niveau de lecture : Public |
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IntroductionDans l’histoire de la vallée rhodanienne, l’installation en 443 des Burgondes en Sapaudia constitua une césure majeure, dont l’ampleur ne saurait être sous-estimée : 1) Elle posa tout d’abord les fondements d’un nouvel ordre domanial, qui permit à une nouvelle aristocratie, issue de la fusion des chefs de guerre burgondes et des latifundiaires romains, de s’approprier les prélèvements fiscaux que le pouvoir impérial avait imposés à une paysannerie en voir d’asservissement. En ce sens, l’arrivée des Burgondes scella le destin de l’ordre public antique au profit d’une nouvelle organisation sociale, fondée sur la prépondérance d’une aristocratie de sang. 2) Elle donna ensuite naissance à un particularisme régional suffisamment affirmé pour que l’identité bourguignonne puisse survivre à la conquête mérovingienne puis à la politique carolingienne de centralisation, avant de se prolonger dans les royaumes bosonide puis rodolphien. Dès le VIe siècle, les terres des Burgondes furent désignées par le terme de Burgundia (en français Bourgogne), pour désigner un espace qui s’étirait le long de l’axe Saône-Rhône, des marches provençales à l’Orléanais franc. A l’intérieur de cet espace bourguignon, les terres des actuels département de Savoie et de Haute-Savoie ne constituaient qu’un espace marginal et hétérogène, qui n’apparaît guère dans la documentation qu’en raison de l’importance stratégique des routes des cols du Grand-Saint-Bernard et, dans une moindre mesure, du Mont-Cenis et du Petit-Saint-Bernard: 1) Encore faiblement humanisées, les terres de l’actuelle région savoyarde ne disposaient d’aucun centre ecclésiastique ou urbain de quelque importance, puisque les jeunes cités épiscopales de Belley, Saint-Jean-de-Maurienne et de Moûtiers n’étaient alors que de très modestes bourgs. Comme aucun monastère bénédictin ne s’était installé dans ces espaces marginaux, les actuels départements de Savoie et de Haute-Savoie ne disposaient d’aucun véritable centre de production écrite, ce qui explique que leur histoire au haut Moyen Age demeure des plus obscures. 2) En l’absence d’un véritable centre épiscopal ou monastique de quelque envergure, les futures terres savoyardes ne disposaient d’aucune unité, puisqu’elles subissaient les attractions concurrentes des cités de Genève, Lyon, Vienne, Grenoble et Suse. En ce sens, leur histoire ne peut donc s’inscrire que dans le cadre d’un espace élargi qui, du Viennois au Valais et de Genève à Grenoble, correspondait en fait au centre domanial de la monarchie bourguignonne.
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