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Du
royaume burgonde au royaume de Bourgogne : les terres savoyardes de
443 à 1032
Auteur : Laurent Ripart - Niveau de lecture : Public |
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II) La Bourgogne franque (milieu VIe-milieu IXe siècle)
Loin de mettre fin à l’originalité des terres du royaume burgonde, la conquête franque fut à l’origine d’un nouveau royaume de " Bourgogne " : 1) Bien que partagées entre les fils de Clovis, les anciennes terres burgondes conservèrent toute leur spécificité dans l’ensemble mérovingien. Vers 540, l’apparition du terme de Burgundia (Bourgogne), qui n’avait jusque là jamais été employé, témoigne de l’affirmation d’un particularisme bourguignon. 2) A la mort en 561 du roi Clothaire, qui était parvenu à unifier l’ensemble du royaume franc, le particularisme bourguignon était suffisamment affirmé pour que ses fils se décident à créer un nouveau regnum Burgundiae (royaume de Bourgogne). Réunissant l’ancien royaume burgonde, mais aussi la moitié de la Provence et les cités d’Orléans, de Sens, d’Auxerre et de Bourges, ce " royaume de Bourgogne " revint à Gontran († 592), l’un des trois fils du roi Clothaire. 3) Comme le montre son nom d’origine burgonde, Gontran avait très certainement été prédestiné par son père à régner sur la Burgundia. Il se montra à la hauteur des espérances paternelles, puisqu’il gouverna ses terres en roi burgonde et donna à son fils aîné le nom royal de Gondebaud, se situant ainsi dans la continuité de l’ancienne dynastie royale. 4) La mort précoce des fils de Gontran mit un terme à cette tentative d’implantation d’une dynastie mérovingienne de Bourgogne. Désormais gouvernée par les rois francs de Neustrie et d’Austrasie, la Burgundia conserva toutefois son statut de royaume autonome et sa propre mairie du palais. A l’intérieur du royaume mérovingien de Bourgogne, une nouvelle aristocratie posa les fondements d’un fort " particularisme bourguignon " 1) Dès la fin du VIe siècle, la documentation ne permet plus de distinguer l’origine ethnique de l’aristocratie locale. De multiples mariages croisés avaient en fait donné naissance à une nouvelle aristocratie, issue de la fusion des sénateurs romains, des chefs militaires burgondes, mais aussi des grandes familles franques venues s’établir autour de la vallée rhodanienne. 2) Soucieuse de s’affirmer face au pouvoir royal, cette aristocratie puisa dans l’ancienne identité burgonde les matériaux d’une nouveau particularisme qui lui permit de faire front face aux tendances autoritaires de la monarchie mérovingienne. Aux cultes francs de Martin ou de Denis, l’aristocratie locale préféra les cultes bourguignons des martyrs de la légion thébaine et de Sigismond, qui acquit dès le VIe siècle une nouvelle réputation de sainteté. Face au droit salique des Mérovingiens, la nouvelle aristocratie adopta massivement la loi gombette, qui prit ainsi une valeur territoriale et non plus ethnique. 3) Au début du VIIIe siècle, cette nouvelle identité aristocratique était suffisamment forte pour que l’ensemble de l’aristocratie ait pu se considérer comme d’authentiques descendants des anciens Burgondes. Au début du VIIIe siècle, l’aristocratie locale avait fini par oublier qu’elle descendait aussi des grandes familles romaines, ce qui explique que la Passion de saint Sigismond ait alors affirmé que les Burgondes avaient, à leur arrivée, massacré tous les Romains.
Disposant déjà de puissantes racines romaines, l’aristocratie bourguignonne parvint à imposer à la royauté mérovingienne un véritable partage de l’autorité politique : 1) Confronté à la montée en puissance de l’aristocratie locale, le roi dut lui donner quelques gages. En 585, il accepta que des conciles bourguignons puissent se tenir tous les trois ans sous sa convocation et celle de l’évêque de Lyon, acceptant ainsi d’associer l’aristocratie épiscopale à l’exercice du pouvoir. 2) La reine Brunehaut, qui recueillit en 592 la succession de Gontran, tenta de s’opposer à cette évolution et s’opposa au développement de l’aristocratie locale, en plaçant ses fidèles sur les honneurs publics. Elle se refusa aussi à suivre les conseils de l’aristocratie épiscopales, n’hésitant à faire lapider en 602 l’évêque Didier de Vienne, qui s’était opposé à sa volonté. Une conjuration de nobles austrasiens et bourguignons eut toutefois raison de sa politique absolutiste : capturée par son aristocratie, Brunehaut fut livrée en 613 à son ennemi et parent Clothaire II, qui la fit exécuter dans la cité d’Orbe, au terme de trois jours de supplices infamants. 3) Tirant les leçons des événements, le roi Clothaire II s’engagea en 614, lors de l’assemblée de Clichy, à choisir ses comtes dans le pays qu’ils devaient administrer. Après l’échec de Brunehaut, la monarchie mérovingienne éprouva les pires difficultés à juguler l’essor des ambitions aristocratiques dans le royaume de Bourgogne : 1) En 614, le roi Clothaire II échappa à un complot du patrice Aletheus de Bourgogne, qui se préparait à usurper sa couronne. 2) Si le roi Dagobert fut suffisamment puissant pour inspirer de la crainte parmi l’aristocratie bourguignonne, sa mort en 639 fut suivie d’une très violente réaction aristocratique. Les grands se firent alors restituer ce dont ils avaient été " illicitement dépouillés ", pour reprendre les termes du pseudo-Frédégaire. Issues souvent de l’ancienne Sabaudia, que les sources du VIIe siècle désignaient désormais sous le nom de Transjurane, les grandes familles locales se disputèrent le contrôle de la mairie du palais du royaume de Bourgogne. En 642, celle-ci fut l’enjeu d’un duel judiciaire entre deux aristocrates bourguignons, Flauchat et Guillebaud, qui s’entretuèrent mutuellement sous les yeux du roi Clovis II, simple spectateur de l’affrontement. 3) Maire du palais de Neustrie, de 662 à 680, Ebroïn tenta une nouvelle fois de restaurer l’autorité royale en Bourgogne, mais se heurta à une révolte aristocratique généralisée. Ebroïn fit front et jeta ses armées sur la Bourgogne, où il obtint d’indéniables succès : figure charismatique de l’opposition, l’évêque Léger d’Autun fut alors aveuglé puis exécuté vers 679, tandis que l’évêque Amatus de Sion fut condamné à l’exil. Seul l’évêque Genès de Lyon parvint à résister au siège des armées neustriennes, mais après son décès Ebroïn fit occuper son siège par l’un de ses fidèles. 4) Les succès d’Ebroïn furent toutefois éphémères, car sa mort en 680 fut suivie d’une très forte réaction, qui obligea le roi Thierry III à faire pénitence pour la mort de l’évêque Léger, auquel l’aristocratie bourguignonne assura une réputation de sainteté. L’effondrement de la Neustriens, lors de la grande victoire que les Austrasiens remportèrent à Tertry en 687, permit à la Bourgogne de s’émanciper du pouvoir monarchique. Au début du VIIIe siècle, l’aristocratie bourguignonne était ainsi parvenue à se libérer totalement de la tutelle royale.
Au début du VIIIe siècle, la Bourgogne vit sa situation se modifier profondément : 1) Au nord, l’heure était à la recomposition de l’autorité monarchique, sous l’impulsion de la montée en puissance de Charles Martel, maire du palais d’Austrasie, qui parvint à imposer son autorité aux Neustriens, en 718-719. 2) Au sud, la conquête de l’Espagne par les troupes musulmanes arabo-berbères entre 710 et 715 affecta l’ensemble de la Gaule méridionale. En 719, les Arabes entrèrent à Narbonne et firent la conquête de la Septimanie. Ils étaient assez puissant pour lancer en 721 une razzia en Bourgogne, qui les amena jusqu’à Langres et Autun. 3) A l’ouest, le duché indépendant d’Aquitaine était pris en étau entre l’essor de la puissance franque et la nouvelle menace des Arabes d’Espagne. En 732, un nouveau raid venu d’Espagne contraignit le duc Eudes d’Aquitaine à se placer sous la protection Charles-Martel. Les Francs franchirent la Loire, écrasèrent les Arabes près de Poitiers et imposèrent leur autorité sur l’Aquitaine. Après la mort en 735 du duc Eudes, Charles-Martel fit occuper l’Aquitaine et la remit à Hunald, fils du défunt duc Eudes, après l’avoir contraint à lui jurer fidélité. Après l’Aquitaine, Charles Martel s’attaqua à la Bourgogne : 1) En 733, Charles Martel lança une première expédition en Bourgogne où il put compter sur le soutien de quelques familles locales, à qui il concéda de nouveaux honneurs et le soin de surveiller le pays. Parmi ces aristocrates ralliés au pouvoir franc se trouvait Abbon, recteur de Maurienne et de Suse, qui avait fondé le monastère de la Novalaise en 726. 2) La situation de ces fidèles de la monarchie franque était toutefois trop fragile pour qu’ils pussent se maintenir après le départ de Charles-Martel. En 734, l’aristocratie lyonnaise se révolta et chassa de la cité les fidèles de Charles-Martel. 3) En 735, Charles-Martel lança une nouvelle expédition afin de soumettre la Bourgogne et la Provence. Tandis que les armées de Charles occupaient Lyon, le patrice Maurontus de Provence fit appel aux Arabes à qui il ouvrit les portes d’Arles et d’Avignon. 4) Après avoir vaincu les rebelles et leurs alliés arabes, Charles Martel établit définitivement, en 739, son autorité sur la Bourgogne et la Provence. Les familles ralliés à Charles Martel profitèrent de la victoire franque, à l’image d’Abbon qui fut fait patrice de Provence et reçut de nombreux biens confisqués à l’aristocratie rebelle. Charles Martel († 741) et son fils Pépin le Bref réorganisèrent l’administration de la Bourgogne : 1) La Bourgogne fut administrée par des comtes, qui représentèrent le roi dans leurs comtés (pagi), qui correspondaient le plus souvent aux diocèses épiscopaux. Les diocèses les plus importants furent toutefois divisés en plusieurs pagi. Ainsi, le vaste diocèse de Grenoble avait été divisé en trois pagi : au sud, le pagus de Grenoble ; à l’ouest, le pagus du Sermorens ; au nord, le pagus de Saboia/Savoia, ancêtre de la Savoie propre. 2) La réorganisation administrative de la Bourgogne se traduisit par l’apparition de quelques actes écrits, comme en témoigne le fameux testament d’Abbon (739), qui constitue l’un des premiers documents sur l’économie rurale de la Bourgogne-Provence 3) Ce document témoigne de l’ampleur des possessions de l’aristocratie : à sa mort, Abbon disposait de biens fonciers considérables, qui s’étendaient du Mâconnais jusqu’en Provence. Ces terres se composaient de quelques grands domaines latifundiaires (curtes), mais l’essentiel des possessions d’Abbon consistait en de très nombreuses petites exploitations isolées (colonicæ), que cultivaient des paysans aux statuts très divers : libres (ingenui), colons (coloni), tenanciers (inquilini), affranchis (liberti), serfs (servi) ou esclaves (mancipia).
Après la conquête du royaume lombard (774), la Bourgogne devint un nœud central du pouvoir carolingien, puisqu’elle assurait la jonction des possessions franques et italiennes de l’empire: 1) Pour contrôler ces terres charnières, Charlemagne et Louis le Pieux installèrent leurs fidèles sur les sièges épiscopaux rhodaniens, qui reçurent ainsi des prélats de grande qualité : en 816, Agobard, que l’on peut considérer comme l’un des plus grands noms de la " renaissance carolingienne ", reçut l’évêché métropolitain de Lyon ; en 816, son ami Barnard fut installé à Vienne. 2) En rupture avec la politique mérovingienne, ces évêques carolingiens s’attachèrent à éradiquer toute trace d’autonomie bourguignonne. Agobard alla même jusqu’à conseiller à Louis le Pieux d’interdire l’utilisation de la loi gombette et de forcer les Bourguignons à vivre sous la loi salique. 3) Une telle politique trouva toutefois bien vite ses limites : en 834, Agobard et Barnard apportèrent leur soutien la révolte de Lothaire, fils de Louis le Pieux. En 835, Louis le Pieux réprima le soulèvement des archevêques de Lyon et de Vienne, contraignant Agobard et Barnard à fuir en Italie. La crise avait révélé les limites de la politique de centralisation carolingienne. Pour ouvrir à leurs troupes une nouvelle route vers l’Italie, les Carolingiens encouragèrent le développement de la route du col du Mont-Cenis : 1) Les Carolingiens prirent sous leur protection l’abbaye de la Novalaise, qui reçut un important patrimoine le long de la route de la Maurienne et du val de Suse. Entre 814 et 825, Louis le Pieux ordonna la fondation d’un hospice sur le Mont-Cenis " pour l’accueil des pèlerins ". 2) La route du Mont-Cenis fut pour l’essentiel une route stratégique, qui fut souvent empruntée par les armées franques lorsqu’elles se rendaient en Italie. En 877, Charles le Chauve trouva la mort en Maurienne, en revenant d’une expédition italienne. 3) En revanche, le trafic commercial entre la Francie et l’Italie continua pour l’essentiel à emprunter la route du Grand-Saint-Bernard, tandis que les Aquitains et les Provençaux traversaient habituellement les Alpes au col du Mont-Genèvre. Au cours du IXe siècle, les Carolingiens se partagèrent les routes de l’Italie : 1) En 806, l’empereur Charlemagne prévoyait ainsi que son fils Louis recevrait la route du Mont-Cenis, avec le Lyonnais, la Maurienne, la Tarentaise et la vallée de Suse, tandis que son aîné Charles se voyait promettre la route du Grand-Saint-Bernard avec la Bourgogne septentrionale et la vallée d’Aoste. La mort de Charles en 811 rendit caduque ce projet de partage. 2) A Worms en 839, un partage du même type donna la Bourgogne septentrionale et le Grand-Saint-Bernard à Lothaire, tandis que Charles le Chauve recevait le Lyonnais et la Provence. Cette division fut toutefois remise en cause en 843, à Verdun, puisque les rives gauche du Rhône et de la Saône firent intégralement partie du lot de Lothaire. 3) A la mort de Lothaire en 855, ses terres furent divisées entre ses trois fils. Tandis que Louis II obtenait le titre impérial et le royaume d’Italie, ses deux frères cadets se partageaient les terres transalpines : avec la Francie austrasienne, Lothaire II recevait la Bourgogne septentrionale et la route du col du Grand-Saint-Bernard, tandis que Charles acquérait la Provence et le Lyonnais avec la route du Mont-Cenis. 4) A la mort de Charles, en 863, un nouveau partage intervint : Lothaire II obtint la route du Mont-Cenis, mais dut en échange laisser celle du Grand-Saint-Bernard à son frère Louis II. 5) A la mort de Lothaire II, en 869, son oncle Charles le Chauve s’empara de l’essentiel de son héritage, avant de recevoir, en 875, la succession de Louis II. La disparition physique des descendants de Charlemagne permettait ainsi la reconstitution de l’unité carolingienne, qui devint effective sous le règne de Charles III (884-887). A l’intérieur des frontières régaliennes, le pouvoir royal alla en s’affaiblissant. Les derniers Carolingiens ne purent empêcher l’aristocratie de poser les fondements de nouveaux pouvoirs de type princier : 1) En 855, Lothaire II épousait la bosonide Thitberge et donnait à son frère Hubert l’abbaye de Saint-Maurice et le gouvernement du duché de Bourgogne transjurane, qui s’étendait au nord du lac Léman entre les Alpes et le Jura. En 857, le fils de Lothaire Ier se querella avec sa belle-famille : il répudia Thitberge et confisqua le duché d’Hubert. Hubert parvint toutefois à se maintenir en Bourgogne transjurane, où il mit en échec les troupes de Lothaire II. En rébellion contre l’autorité royale, un pouvoir princier s’était ainsi formé en Bourgogne transjurane. 2) En 862, Lothaire II tenta une nouvelle fois d’évincer le bosonide Hubert, en concédant son duché de Transjurane au comte Conrad d’Auxerre, issu de la puissante parentèle des Welfs. Ainsi intéressé, Conrad entreprit la conquête du duché : en 864, il vainquit et tua Hubert, dont il prit les terres. Sous couvert de la restauration de l’autorité royale, le Welf Conrad s’était en fait taillé une principauté à la pointe de l’épée. 3) Installé par Lothaire Ier en Lyonnais peu après le traité de Verdun (843), le duc et marquis Girart devint le principal conseiller de Charles, fils et héritier en Provence-Bourgogne de l’empereur Lothaire Ier. En 860, Girart parvint à repousser un raid de Danois, qui avaient remonté le Rhône jusqu’à Vienne, avant de repousser la tentative d’invasion de Charles le Chauve, dont les troupes échouèrent devant Vienne en 861. A la mort de Charles en 863, Girart se rallia à Lothaire II et parvint à lui assurer la succession de son frère. Après la mort de Lothaire II, Girart tenta de résister à Charles le Chauve, dont les troupes entrèrent dans la vallée du Rhône en 870 : après avoir été assiégé dans Vienne par les troupes de Charles le Chauve, Girart finit par évacuer la région, mais il se replia en Provence sur Avignon, où il parvint à se maintenir jusqu’à sa mort en 877. Sa geste fut chantée par l’aristocratie locale, donnant ainsi naissance au personnage épique de Girart de Vienne, dont la chanson fut mise par écrit au XIIIe siècle. 4) Pour faire face à Girart, Charles le Chauve confia Vienne et Lyon au comte Boson. Après la mort de Girart, l’autorité de Boson s’étendit aussi sur la Provence. Malgré ces crises politiques, la période carolingienne apporta une certaine prospérité à la Bourgogne : 1) Au débouché des routes alpines de l’Italie et de l’axe rhodanien, la Bourgogne devint un nœud routier, où confluaient marchands, pèlerins et soldats en transit, permettant à Vienne, Lyon et Lausanne de connaître un certain renouveau. 2) Stimulée par l’essor du commerce méditerranéen, la vallée rhodanienne connut une nouvelle prospérité. Elle recevait les produits de luxe orientaux, qui étaient amenés en Italie par les marchands de Venise et d’Amalfi. En sens inverse, elle vit passer les esclaves qui avaient été capturés en Europe centrale, avant d’être exportés vers l’Espagne musulmane, où ils étaient vendus comme domestiques ou soldats. 3) Cette prospérité commerciale favorisa le développement des communautés juives de Lyon et de Vienne, qui étaient particulièrement actives aux IXe et Xe siècles
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