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La Savoie à l'époque romaine
Auteur : François BERTRANDY - Niveau de lecture : Public |
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Page 1 Résumé historique
Les régions antiques qui couvrent la Savoie actuelle
ne formaient pas une entité unique. Pour sa partie septentrionale
et occidentale, elles appartenaient à lun des peuples gaulois
majeurs du Sud Est de la Gaule, les Allobroges, tandis que la partie orientale
de la Savoie était le domaine des Ceutrons (la Tarentaise actuelle)
et des Médulles (la Maurienne actuelle). Leur entrée dans
la domination romaine commence à la fin du IIe siècle avant
notre ère. La conquête (1)
du territoire des Allobroges par les Romains se fit en plusieurs étapes
entre 121 et 61 avant J.-C., date à partir de laquelle ce peuple
accepta de se soumettre définitivement à Rome et lui témoigna
une indéfectible fidélité. Lorganisation du territoire (1) Dans lAntiquité, les habitants de la Savoie
se répartissaient en trois unités administratives distinctes
: la cité de Vienne qui regroupait les Allobroges, la province
des Alpes Graies/Atréctiennes, terre des Ceutrons, la province
des Alpes cottiennes, avec Suse (Segusio) pour capitale. Située en gros entre le Rhône, le Vercors,
les masssifs de Belledonne et du Beaufortin, la cité de Vienne
fut organisée en deux étapes. Entre 46 et 36 avant J.-C., elle reçut le satut
de colonie latine. Elle bénéficiait dune certaine autonomie
administrative avec un conseil des décurions et un collège
de quatre membres chargés de dire le droit, les IIII uiri iure
dicundo. Lépigraphie de la Savoie atteste lexistence
de magistrats, de la première constitution de Vienne, appelés
à siéger au chef-lieu de la cité. Caius Passerius
Afer, dont le nom apparaît sur un texte mutilé de Frangy,
quattuoruir iure dicundo, propriétaire terrien dans cette
région de la Haute-Savoie et le quattuorvir Sextus Decidius [---],
à Saint-Alban-Leysse appartiennent à cette époque. Puis, vraisemblablement en 39-40 après J.-C., la
cité fut élevée au rang de colonie romaine honoraire.
Ses habitants libres obtinrent alors le droit de cité romaine.
Le territoire fut non seulement administré par un conseil des décurions,
mais aussi par trois collèges principaux de magistrats : les II
uiri iure dicundo (duumvirs pour dire le droit), les II uiri aerarii
(duumvirs chargés du trésor), et les III uiri locorum
publicorum persequendorum (triumvirs chargés de la surveillance
et de lentretien des lieux publics). Lépigraphie de la
Haute-Savoie a fourni quatre duouiri iure dicundo, à Annecy,
à Allinges, à Passy (deux textes). À Passy et à
Seyssel, sont mentionnés, deux duouiri iure dicundo qui
furent également triumuiri locorum publicorum persequendorum.
Si Aulus Isugius Vaturus, Lucius Vibius Vestinus et Marcus Arrius Gemellus
doivent être considérés comme des visiteurs du sanctuaire
de Mars à Passy, on pense que les trois autres personnages devaient
résider sur place, sur leurs domaines, et se rendre à Vienne
pour y exercer périodiquement leur fonction municipale. Quatre duouiri iure dicundo doivent être
cités en Savoie, à Montmélian, à Grésy-sur-Isère,
à Albertville, peut-être à Notre-Dame-des-Millières
(texte perdu). Une inscription de Douvaine mentionne D(ecimus) Iul(ius)
Capito, probablement à identifier avec un personnage homonyme attesté
par trois inscriptions de Vienne et une de Genève, qui parcourut
une carrière mixte, municipale à Vienne et équestre
jusquà la procuratèle ducénaire dAsturie
et Galice à la fin du règne de Trajan. Au lendemain de la " crise " qui frappa lEmpire au
IIIe siècle, la réorganisation administrative voulue par
Dioclétien (284-305) eut des répercussions dans la cité
de Vienne. Ainsi fut créée la province de Viennoise et les
deux agglomérations de Genève et de Grenoble furent élevées
au rang de cité de plein exercice. Le territoire de la cité
de Genève, par exemple, engloba alors la plus grande partie de
la Haute-Savoie, tandis que la partie méridionale de la Savoie
fut affectée à la cité de Grenoble. À cette
réforme, il est possible de rattacher lérection dun
certain nombre de bornes milliaires sous la tétrarchie et à
lépoque constantinienne, dont les distances sont comptées
depuis Genève. A lintérieur de la cité de Vienne existait
une administration locale de districts, appelés pagi et
dagglomérations secondaires, les uici. Le pagus,
héritier de la circonscription tribale gauloise, répondait
à une unité territoriale utilisée par ladministration
romaine pour effectuer les opérations du cens et la perception
de limpôt. On a conservé le souvenir de cinq pagi,
trois situés en Savoie (pagus Dia(nensis ou -nae), pagus
Apollin(is ou -ensis), pagus Vale(---)). Deux pagi sont
signalés en Isère (pagus Oct(---), pagus Atius ?).
Ils avaient à leur tête des préfets (praefecti)
nommés par ladministration municipale de Vienne. Aux agglomérations secondaires doit être
réservé le terme de uicus. Ce sont le uicus
Albinensium, le uicus Se(---), celui dAnnecy,
sur un texte fragmentaire de Meythet qui mentionne des uicani Bo[utarum]),
le uicus Augustanorum, le uicus Cularonensis,
le uicus Genauensium, le uicus Rep(---) non
localisé (près de Vienne). Bien que riches en témoignages archéologiques,
des centres comme Seyssel (Condate) et Faverges (Casuaria)
ne sont que des étapes sur des itinéraires routiers (Itinéraire
dAntonin, 347 ; Table de Peutinger, II, 1). Dautres
petites agglomérations, Annemasse (Adnamatia), Thonon (nom
antique inconnu), Thyez dans la vallée de lArve ou Rumilly,
nont pas fourni dindications épigraphiques sur leur statut. La partie orientale des départements de la Savoie
et de la Haute-Savoie relevait de deux structures différentes. Avant la conquête romaine, les Ceutrons occupaient
la vallée de lArly à lest de la chaîne des
Aravis et le cours supérieur de lArve, la vallée du
Doron de Beaufort, la Tarentaise et les deux versants du col du Petit-Saint-Bernard.
Après une période de protectorat qui leur assurait une certaine
autonomie, Auguste annexa leur territoire quil plaça sous
contrôle militaire. Sous le règne de Claude ou de Néron,
les districts alpins furent transformés en provinces impériales
équestres et le territoire des Ceutrons devint la province des
Alpes Graies, avec pour capitale Axima (Aime), devenue Forum
Claudii Ceutronum). Les habitants de la province reçurent le
droit latin. Au Ier siècle de notre ère, lépigraphie
atteste que les relations entre les Allobroges et les Ceutrons furent
souvent conflictuelles. Pour cette raison, fut entrepris une opération
de bornage, attestée par des bornes et par lépigraphie,
affectant les vallées et les piémonts à la cité
de Vienne, et aux Ceutrons la montagne. À lextrême fin du Ier siècle
ou au début du IIe siècle, Les Alpes Graies changèrent
de nom, pour adopter celui dAlpes Atréctiennes. Peut-être
au début du règne de Septime Sévère, les deux
provinces procuratoriennes des Alpes Atréctiennes-Graies et des
Alpes Poenines (Valais suisse), furent regroupées en une seule
entité administrative. Au IVe siècle, Moutiers (Darantasia)
se substitua à Aime pour devenir la capitale des deux provinces
unifiées et, au siècle suivant, elle fut le siège
dun évêché. La Maurienne, habitée par les Médulles et
les Graiocèles, quant à elle, était au début
du Ier siècle avant J.-C. sous lautorité de Cottius
Ier, fils de Donnus, roi de la région de Suse (Segusio)
et citoyen romain, qui contrôlait le col du Mont-Genèvre.
À la mort de Cottius II, sous le règne de Néron,
le royaume fut transformé en province procuratorienne, les Alpes
cottiennes, gouvernée par un chevalier et les habitants reçurent
le droit latin. Cette province conserva ses limites jusquà
la fin de lAntiquité. Créé aux environs de 574
par Gontran, roi de Bourgogne, lévêché de Maurienne,
qui recouvrait pour lessentiel le territoire de la province, dépendait
alors de Turin. Mais du VIe au XIe siècle, son siège fut
installé à Saint-Jean-de-Maurienne. En Savoie, le réseau
routier antique (2) sest développé à
partir ditinéraires protohistoriques qui reliaient les Allobroges
à leurs voisins et, à lépoque romaine, en raison
du rayonnement de Vienne, chef-lieu de la cité. À ces vieux
itinéraires, au moins celtiques, sinon antérieurs, qui irriguent
le territoire viennois, sajoutent les constructions nouvelles ou
les aménagements réalisés par les Romains. On distingue deux axes protohistoriques principaux : LEmpire, qui avait besoin daxes de circulation
reliant commodément lItalie à la Gaule, et par delà
les vallées alpines, lItalie aux Germanies et au limes
rhéno-danubien, a favorisé la construction de voies nouvelles
ou la réfection de celles plus anciennes pour faciliter la circulation
des marchandises et des hommes (commerçants, fonctionnaires, soldats). On distingue la voie Vienne-Augusta Praetoria par
Augustum (Aoste), la vallée de lIsère et le
col du Petit-Saint-Bernard. Son tracé entre Aoste et Chambéry
est incertain car on ne sait où situer la station de Labisco
(Les Échelles ou Lépin-le-Lac), donnée par la Table
de Peutinger et lItinéraire d Antonin. En revanche, de
Chambéry au col du Petit-Saint-Bernard son tracé est bien
attesté dans la combe de Savoie et la Tarentaise. Une autre voie partait de Vienne pour rejoindre Augusta
Praetoria (Aoste) par Cularo (Grenoble), la vallée de
lIsère, Montmélian, ad Publicanos, la vallée
de la Tarentaise et le col du Petit-Saint-Bernard. Viennent ensuite les voies reliant Vienne aux principaux
centres de la cité. Ainsi la voie Vienne-Genève emprunte
le tracé par Augustum (Aoste), puis se dirige vers le nord
en suivant la rive gauche du Rhône. Selon la Table de Peutinger,
sont attestées les étapes dEtanna (Étain
ou Yenne ?) et de Condate (Seyssel). De là, elle rejoignait
Quadruuium (Carouge) et Genève. Des voies secondaires quadrillent tout particulièrement
lest de la cité de Vienne et donc la Savoie. On distingue Aucune activité
économique (3) nest bien spécifique
à la Savoie dans lAntiquité. Bien que lépigraphie
soit fort avare de renseignements sur la vie économique, larchéologie,
depuis quelques années, apporte des informations précieuses
sur la mise en valeur de la région. Pour ce qui est des ressources naturelles, il faut noter
que les montagnes de la Savoie sont peu riches en gisement métalliques,
excepté en Tarentaise, et en Haute-Savoie (Passy). En revanche,
des carrières de la Savoie est extrait un matériau de construction,
le calcaire, utilisé non seulement dans cette région, mais
également acheminé vers Lyon ou vers Genève, par
voie deau et par voie terrestre (par ex., carrière de Franclens,
au nord de Seyssel, marbre de Villette en Tarentaise). Au plan agricole, la production locale a trouvé
des débouchés à Genève, Vienne et Lyon. Ainsi
que lindiquent des auteurs comme Pline lAncien et Vitruve, la
forêt a été exploitée pour les essences utiles
au chauffage et à la construction. Dès le Ier siècle
de notre ère, est développée la culture de la vigne,
illustrée par le fameux cépage, évoqué par
Pline, la uitis allobrogica picata. Une inscription dAix-les-Bains,
qui évoque le don dun bois sacré et dun vignoble,
confirme la prééminence de cette culture (AE, 1934,
165). Les restes archéologiques de meules et doutils
viennent démontrer lexistence dune culture céréalière,
le fameux " blé de trois mois " connu dans toutes les Alpes (Pline,
HN 18, 12) et les dépotoirs antiques, avec la présence
de noyaux de fruits, révèlent la culture de nombreux arbres
fruitiers. De même, dans les alpages, est développée
une économie de montagne fondée sur lélevage
et la prodution de fromage (Pline, HN 11, 97). Grâce à larchéologie, qui a mis
au jour de nombreux dépôts de scories (région du Salève,
Annecy, ateliers de production de fibules à Faverges), sont attestés
les métiers de la fonderies et de la forge qui visaient lautosuffisance. Même si une partie du trafic se fait par le Rhône,
le développement du réseau routier est responsable de laccroissement
du trafic. La production de céramique et son commerce reste
la mieux connue. Ce sont les importations depuis le reste de la Gaule,
dItalie (sigillées arétine, rutène et arverne),
dEspagne (amphores contenant de lhuile ou des condiments), voire
dOrient, redistribuées en particulier en Haute-Savoie antique.
Les productions locales sont illustrées par les ateliers de Thonon
(Ier siècle) et de Portout (fin IIIe-milieu Ve siècle) et
le rayonnement dune céramique dite allobroge. Lépigraphie et larchéologie sont
les seules sources susceptibles déclairer quelque peu la
vie religieuse (4) dans la Savoie antique. En effet, seules
les inscriptions donnent une esquisse dun panthéon indigène,
avec lunique mention en Gaule dAthubodua, probablement une divinité
des eaux, la mention du dieu Vintius, dans la région de Seyssel,
doté des épithètes Auguste et Auguste Pollux, qui
laissent envisager une association du culte de lempereur à
ce culte indigène. Vintius est identifié à son équivalent
romain Pollux. Plus abondants en Savoie, les témoignages épigraphiques
révèlent en Tarentaise, le culte dAximus, le dieu topique
dAime, associé aux déesses mères, les Matrones,
qui a donné son nom à la capitale des Ceutrons Axima
(La Côte-dAime) et celui, plus énigmatique, de Mantounos
à Salins-les-Thermes. À Châteauneuf, a été
mis au jour un fanum consacré à Limetus (nombreux graffites).
De même, la relecture dune inscription de Grésy-sur-Isère
a permis de révéler le nom dElausia, peut-être
la divinité topique du uicus. Dautres divinités, mieux connues en Gaule,
sont attestées en Savoie, tel Borvo ou Bormo, le dieu gaulois des
eaux (Aix-les-Bains). Dorigine celtique sont encore les déesses-mères
qui assuraient la fertilité et la fécondité. Nommées
Matrae chez les Allobroges, à Brison-Saint-Innocent, à
Allondaz, elles sont appellées Matronae chez les Ceutrons,
à Aime et à Moûtiers (Matronae Saluennae).
Cette dernière dénomination est la plus courante dans les
Alpes. Les figurations iconographiques de ces divinités sont plutôt
rares et la répartition des découvertes est très
inégale selon les départements savoyards (statuette en bronze
de Sucellus, à Viuz-la-Chiésaz, un autel anépigraphe,
à Annecy figurant un maillet stylisé, attribut régulier
de Sucullus). A Lugrin, a été mis au jour un bas-relief
représentant un dieu tricéphale, dont lidentification
reste incertaine. Plus riche apparaît le panthéon gallo-romain,
illustré par lobservation de César, qui fait de Mercure
et de Mars les divinités les plus populaires de la Gaule et en
particulier en Savoie (Bell. Gall., 6, 17). Divinité omnipotente,
Mercure est le grand dieu viennois que lépigraphie et larchéologie
confirme pleinement tant en Savoie (Châteauneuf, Bourget-du-Lac,
etc...) quen Haute-Savoie (Annecy, Saint-Félix, Groisy et
Villaz où il est associé à sa parèdre Maïa).
De nombreuses statuettes du dieu, de facture peu élaborée,
ont été retrouvées. Quinze occurrences épigraphique du dieu Mars sont
attestées en Savoie. En Haute-Savoie, mentionné seul, à
Annemasse, à Annecy, à Thyez, à Ville-La-Grand, il
est associé une fois à Jupiter, à Douvaine. Dans
le département de la Savoie, cinq inscriptions (au Pont-de-Beauvoisin,
à Ruffieux, peut-être à la Chapelle-du Mont-du-Chat,
à Brison-Saint-Innocent, à Saint-Alban-Leysse) font état
dun culte à cette divinité. Dieu protecteur de la cité
de Vienne, mais surtout des simples particuliers, il est le seul dans
la cité de Vienne à faire lobjet dun culte municipal
officiel (flaminat de Mars) réservé à de hauts personnages,
généralement des magistrats municipaux. Une inscription
de Passy mentionne Marcus Arrius Gemellus, magistrat de Vienne (duumuir
aerari) et flamine de Mars. En déclin à partir de la
fin du Ier siècle, ce culte disparaît dans le courant du
IIIe siècle en cédant la place à Mercure (Fr. Bertrandy,
RAN 33, 2000, p.125-148). Troisième divinité importante, Jupiter Optimus
Maximus est mentionné à Annecy-Le-Vieux, à Chavanod,
à Gruffy. Dans ces trois cas, ce Jupiter est probablement plus
un Jupiter gallo-romain que le dieu du Capitole à Rome. Il apparaît
associé à Mars, à Douvaine, à Junon et à
Minerve à Aime, à Aix-les-Bains, à Belmont-Tramonet,
aux Échelles, à Saint-Pierre-dAlbigny. Honorés essentiellement par les autochtones, ces
dieux doivent être considérés comme des divinités
gallo-romaines, tout comme Apollon qui apparaît plutôt comme
un dieu guérisseur auquel est ajoutée lepiclèse
Virotutis, à Annecy et à Groisy où encore à
Gilly, Grésy-sur-Isère, La Rochette et à Ruffieux.
Castor et Pollux sont attestés ensemble à Annecy, Castor
auguste, seul, à Duingt. A Seyssel, plus significative encore sont
les dédicaces offertes à Pollux, associé à
Vintius le dieu indigène local. Les nombreuses statuettes en bronze de ces divinités,
auxquelles il faut joindre Hercule, mises au jour en Savoie et en Haute-Savoie,
illustrent leur popularité et surtout la piété simple
des populations. Attestés par larchéologie et par lépigraphie,
quelques sanctuaires peuvent être signalés : celui de Faverges,
dégagé en partie entre 1988 et 1993, comprenant une cour,
un fanum, de nombreuses constructions, mais dont on ne sait à
qui il était voué ; celui de Passy, consacré à
Mars, fréquenté par les magistrats de la cité de
Vienne qui y ont laissé des dédicaces; celui dAnnecy
que vient de révéler une inscription ; celui du col du Chat,
affecté à Mercure et Mars ; celui de Châteauneuf,
révélé par les fouilles entre 1978 et 1986, consacré
à Limetus-Mercure ; celui de Jupiter au col du Petit-Saint-Bernard
; ceux de Vintius-Pollux dans la région de Seyssel (Vens et Hauteville). Peu nombreux sont les témoignages se rapportant
au cuite des divinités orientales en Savoie. Il faut signaler lautel
métroaque anépigraphe de Conjux, une inscription de Moûtiers
associant la Mère des dieux aux puissances divines des Augustes
et aux Matronae Saluennae. Mithra était peut-être
honoré à Lucey. Enfin un très beau buste en argent
de Jupiter Dolichenus, mis au jour au col du Petit-Saint-Bernard, est
conservé au musée dAoste. Vers 450, le premier évêque de Tarentaise
sinstalle à Moûtiers tandis que la première église
attestée en Haute-Savoie, à Annemasse, est consacrée,
en 516. Expression du loyalisme des habitants de lEmpire
romain au souverain, garant de la victoire et donc de la paix qui engendre
la prospérité, le culte impérial introduit au début
de lEmpire en Narbonnaise, à trouvé une grande audience
en Savoie, chez les Allobroges comme chez les Ceutrons. En Haute-Savoie, les inscriptions ne mentionnent jamais
le nom du souverain à qui on sadresse, mais plutôt son
numen, cest-à-dire la " puissance divine " qui se dégage
de sa personne, à Alex, à Annecy-le-Vieux, à Meythet,
et en Savoie aussi à Aime, à Moûtiers, à Ruffieux,
associé à Apollon. Dans le département de la Savoie, les inscriptions
sadressent nommément à lempereur, Auguste à
Aime, Caligula à Saint-Jean-de-la-Porte, Nerva, Élagabal
ou Sévère Alexandre, Carus et ses fils à Aime. Dautres
textes ont été gravés pour la sauvegarde (Pro
salute) de lempereur Claude (?) et de Vespasien (?) à
Aime, de Trajan à Albens, de Commode à Gilly-sur-Isère,
sans oublier les graffiti en faveur de Néron et à
la déesse Rome à Châteauneuf. Deux inscriptions mentionnent une flaminique de la province
de Narbonnaise, à Sales (Haute-Savoie) et une flaminique impériale
de la cité de Vienne. Trois seuiri Augustales sont enfin attestés
en Savoie. Symbole dune croyance de la survie de lâme
dans lau-delà, le culte des dieux Mânes, ainsi que lattestent
les épitaphes, a été introduit dès la seconde
moitié du Ier siècle en Gaule. Mais à partir de la
seconde moitié du IIe siècle, aux dieux Mânes, est
adjointe la mention à la mémoire éternelle (memoria
ou quies aeterna) qui précise davantage la croyance à
une autre vie dans lau-delà. Page 1 |
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