-
 
LES SPORTS D'HIVER EN SAVOIE
Auteur : J.ROUTIN et F.FORRAY - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE
  • Introduction
  • Enfin vint le ski
  • Et le jeu devint sport
  • L’enseignement du ski
  • Remontées mécaniques et matériel
  • Bibliographie

    VOIR SUR SABAUDIA.ORG
  • Carte "Tourisme en Savoie"
  • Page 1 2 3 4

    ENFIN, LE SKI VINT

    1 - ENFIN, LE SKI VINT

    En pays de Savoie, il semblerait que le premier autochtone s’étant assidûment déplacé à skis, serait le Docteur Payot de Chamonix. Dès 1898, ce médecin utilisait ce mode de transport, pour se rendre rapidement auprès de ses malades. A Val d’Isère, l’instituteur Mangard pratiquait également le ski dès 1890, pour se rendre à l’école du village, où il enseignait. D’après Madame Maige-Lefournier, le premier chambérien ayant utilisé des skis, se serait exercé sur les Monts de Lémenc, en janvier 1900.

    La station village de Valloire découvrit le sport du ski, en 1904 lorsqu’une unité de skieurs du 159 ème RIA, cantonnée à Briançon, vint en ce village effectuer des démonstrations. L’équipe du Capitaine Clerc fit école car depuis cette époque les valloirins pratiquent le ski. En 1905, lorsque le Capitaine Clerc et son équipe de skieurs revinrent à Valloire grande fut leur surprise : " Nous fûmes étonnés d’y trouver une petite société de skieurs dirigée par un médecin et composée de jeunes de 12 à 25 ans qui marchaient déjà très bien." (Rapport du capitaine Clerc). Pralognan, village d’alpinistes, aurait découvert le ski dès 1899 ; en effet, le Baron Hasselstroans, après un séjour chez Joseph-Antoine Favre, serait retourné en Scandinavie, et aurait fait parvenir à son ami, une paire de skis. Selon les récits de ce début de siècle, tous ces pionniers auraient connu des moments exaltants, au cours desquels lugeurs et skieurs cohabitaient dans un espace de convivialité.

    La vue de ce skieur nous ramène logiquement aux propos d’Henri Duhamel (le père du ski) qui parlant de ses " planches" écrivait : " je dois l’avouer, que durant d’assez longs jours, je me trouvais aussi embarrassé d’en tirer convenablement profit, qu’une carpe peut l’être, d’une pomme."

     

    LE ROLE DE L’ARMÉE

    Bien que le sport du ski fut initialement pratiqué dans les environs des villes de Savoie, il fallut l’engagement sans réserve de l’armée pour développer cette nouvelle activité. De nombreux régiments seront convertis en unité d’infanterie alpine avec pour mission, le gardiennage des frontières. Cette stratégie militaire permettra une cohabitation avec les habitants de la haute montagne qui peu à peu se familiariseront avec l’usage du " soulier de bois". Cette pratique du ski sera le phénomène déclenchant de la mise en valeur des villages d’altitude pour les sports de neige. L’usage du ski devait offrir aux montagnards la possibilité de se libérer des contraintes de la chape de neige qui les asservissait au sein même de leurs villages.

    NAISSANCE DE L’EVENEMENT SKI

    L’action de l’armée pour la promotion du ski fut d’autant plus efficace qu’elle reçut le soutien du club alpin français et du tourins club de France. Ces deux associations possédant des moyens financiers sérieux, allaient offrir une contribution généreuse favorisant le devenir du sport du ski. Rappelons la devise du C.A.F. "Pour la patrie par la montagne". Cette action se manifestera par l’aide offerte aux jeunes libérés des obligations militaires, afin qu’un certain nombre d’entre-eux se convertissent aux métiers d’artisans créant leurs propres ateliers de fabrication de skis. Le C.A.F. et le Touring Club distribueront gracieusement des paires de skis aux montagnards. Le club du Mont-Revard : 1’A.R.C. (Aix-Revard-Chambéry) fut l’un de ces heureux bénéficiaires.

    LE VRAI DEPART

    Voici les propos d’Hansen : "Le saut, exécuté par un bon skieur, est l’un des plus beaux spectacles, auquel il soit possible d’assister. Quand on voit le sauteur, calme et résolu, glisser sur la pente neigeuse puis d’un coup, voler dans les airs et disparaître dans un tourbillon de neige, on ne peut se défendre d’un frisson d’enthousiasme." Tous ces éléments contribuèrent au développement d’aménagements qui peu à peu transformèrent nos villages en stations de sports de neige. Les disciplines nordiques : sauts et ski de fond, s’imposèrent dès 1910 avec l’arrivée de champions norvégiens : Tangwald, Durban Hansen, Schultz, Hool qui tous s’installèrent dans différentes stations des pays de Savoie. C’est sous l’autorité de ces instructeurs que nos ancêtres découvriront la technique du Télémark et les joies d’un arrêt Christiana bien dosé.

    Avant l’arrivée de ces moniteurs venus du nord, le Club Alpin Français s’occupait activement déjà du ski français. Ainsi en 1907, le C.A.F. organisa au Mont-Genèvre le premier concours international de ski. L’année suivante, du 3 au 5 janvier 1908, le deuxième concours international se déroula à Chamonix. Cette épreuve regroupait des amateurs, des militaires et des guides. Dès cette époque, ces concours désignaient le champion de France ; jusqu’en 1931 celui-ci ne pouvait être qu’un concurrent de nationalité française. A partir de 1932 et jusqu’en 1945, le champion de France pouvait être alors un étranger. En 1912-13 et 14, Chamonix bénéficiera, du privilège, d’être désignée station organisatrice de ces concours internationaux. Pendant ce temps, le Touring Club créait lui aussi des manifestations pour promouvoir les sports de neige auprès du grand public. Ainsi sera organisée du 23 au 30 janvier 1909, la grande semaine internationale des sports de neige à Albertville. Cette manifestation reçue le soutien logistique du 22 èmc B.C.A. " En Allondaz, les lugeurs et leurs culbutes, reçurent de frénétiques applaudissements" dit un journaliste de l’époque. Au cours de cette semaine internationale, les épreuves de bobsleigh se déroulèrent sur l’actuelle route de Beaufort alors que les concours de ski de fond passant par Venton se terminaient à la Bottière.

    En 1909 au Mont-Revard, se déroula un grand concours sous l’égide du C.A.F. et du Touring Club. Cette manifestation allait promouvoir la nouvelle station qui s’équipa très vite d’une patinoire de 4000 m2 éclairée à l’électricité et équipée de micros pour le fond musical, de pistes de bobsleigh et de luge, de tremplins de sauts également éclairés la nuit, d’un ring de curling.

    Ces équipements plaisaient à la clientèle du Revard car cette station rivalisait déjà avec Saint-Moritz. Les réceptions qui honoraient cette clientèle sélecte se déroulaient avec faste. En février 1913, le Revard organisa la première descente aux flambeaux de l’histoire des sports de neige. En 1910, le Mont-Revard fut honoré par la visite du Président de la République Fallières. Ce prestigieux domaine fut retenu pour recevoir le grand événement de l’hiver 1924 : La semaine Olympique des sports de neige mais la municipalité d’Aix-les-Bains déclina cette offre qui profita alors à Chamonix. Cette manifestation fut considérée comme les Jeux Olympiques d’hiver.

    Les Jeux Olympiques de 1924

    Les Jeux Internationaux de neige et glace de février 1924 s’inscrivaient dans la période de la VIII ème Olympiade. Malgré le patronage de cette semaine internationale par le Comité International Olympique et malgré le serment officiel, ces jeux n’étaient pas olympiques. "Les jeux de Chamonix ne furent pas reconnus comme officiels. Les Scandinaves s’opposaient avec acharnement à l’organisation de jeux olympiques d’hiver".

    Le patinage à cette époque tenait une place très importante, tant parles évolutions artistiques, que par le nombre important d’épreuves de vitesse : 500 m. 1500 m. 5000 m et 10 000 mètres. Le hockey sur glace connaissait également toutes les faveurs du public ainsi que le bobsleigh, véritable formule 1 de la neige.

    Le ski se déclinait en trois disciplines : fond, combiné nordique et saut au tremplin. Il faudra attendre 1936 pour voir apparaître le ski de piste.

    Parmi les médaillés de ces Jeux d’Hiver, Norvégiens et Finlandais s’illustraient en ski, Canadiens et Américains en hockey sur glace, les Suisses furent vainqueurs en bob, les Français Andrée Joly et Pierre Brunot montèrent en patin artistique sur la troisième marche du podium.

    Le défilé d’inauguration rassemblait 294 concurrents représentant 18 nations. Derrière la fanfare des chasseurs alpins suivaient les moniteurs de ski, les guides de haute montagne, les sapeurs pompiers, les enfants des écoles, les anciens combattants... Le serment olympique fût prononcé par l’adjudant Mandrillon.

    Page 1 2 3 4

     
    -