-
 
LES SPORTS D'HIVER EN SAVOIE
Auteur : J.ROUTIN et F.FORRAY - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE
  • Introduction
  • Enfin vint le ski
  • Et le jeu devint sport
  • L’enseignement du ski
  • Remontées mécaniques et matériel
  • Bibliographie

    VOIR SUR SABAUDIA.ORG
  • Carte "Tourisme en Savoie"
  • Page 1 2 3 4

    L’ENSEIGNEMENT DU SKI

    3 - L’ENSEIGNEMENT DU SKI

    Il n’existait aucune structure pour l’initiation des débutants, adeptes de la nouvelle glisse. Quelques hôteliers utilisaient les services de jeunes gens dégourdis et réputés bons skieurs qui s’improvisaient alors "moniteurs".

    Ils eurent le grand mérite d’ouvrir la voie aux écoles privées qui dès les années 1930 s’installèrent dans différents villages. L’école du ski club de Paris créée en 1932 s’implantait à Megève. L’école de ski d’André Tournier, membre de l’équipe de France fût créée en 1934 à Tignes. L’école de ski de Morzine organisée par le SCAP fût ouverte en 1936. L’école Vosgienne de Monsieur Diebold fonctionnait à Val d’Isère, St Bon, Pralognan, Peisey-Nancroix. L’enseignement technique différait d’une école à l’autre.

    La Fédération Française de Ski est intervenue en créant une formation basée sur l’enseignement d’une méthode unique et applicable dans toutes les régions. C’est au Mont-Revard que l’école du Docteur Hallberg créée en 1932, fût retenue pour cette expérience. Dès 1935, cette structure porta le nom d’Ecole Nationale des Moniteurs. Elle constitua un corps de professeurs de ski, de nationalité française. Le diplôme qui sanctionnait cette formation, donnait droit au titre de "Moniteur de ski de la F.F.S.".

    Le succès de cette entreprise, devait aboutir en 1938 à la création d’une institution nouvelle : " L’Ecole Nationale du Ski Français". Cet établissement s’ouvrit à Val d’Isère et il fût dirigé par Monsieur Diebold. Ce nouveau centre possédait un département chargé de la formation des moniteurs: " L’Ecole Centrale" dirigée par Edouard Frendo ainsi qu’un deuxième département chargé d’implanter en zones de montagne les écoles officielles du ski français.

    LA TECHNIQUE FRANÇAISE

    La formation des moniteurs reposait depuis 1938 sur la technique française mise au point par Emile Allais et Georges Gignoux.
    Les moniteurs pourtant formés et compétents ne bénéficiaient d’aucune loi protégeant leur profession. Il fallut attendre le régime de Vichy pour que soit promulguée le 7 novembre 1940 une loi relative à l’enseignement du ski. En novembre 1945 se constitua le Syndicat National des Moniteurs de Ski qui regroupe aujourd’hui près de 13 000 membres. Depuis une quinzaine d’années environ, différentes écoles de ski proposent leurs services.

    Elles doivent toutes sous peine de poursuites n’employer que des moniteurs titulaires du diplôme d’état. Les moniteurs enseignants contre rémunération, doivent obligatoirement posséder le B.E.E.S. ou être en instance de terminer ce dernier comme le sont les moniteurs stagiaires.

    LE SKI, SES METHODES

    Il fallut l’intervention d’instructeurs scandinaves pour apprendre aux savoyards à dompter leurs patins de bois. C’est au Mont-Revard que vinrent s’établir les premiers instructeurs norvégiens : Tanqwald et Hansen qui enseignèrent la technique du virage de télémark qui permettait d’évoluer en toute sécurité sur des pentes relativement inclinées.
    Les années passèrent et le virage Christiania, assorti d’un stem, offrit des possibilités techniques nouvelles. Les matériels, skis et chaussures, s’améliorant, la technique s’affirmait et l’on atteignit vers les années 1937/38 l’avènement de la méthode française. Celle-ci valorisait le Christiania, qui pour s’effectuer correctement, nécessitait une phase préparatoire avec appel et rotation. Signalons également la "ruade" - décollement des talons des skis- qui permettait une évolution plus aisée dans le déclenchement des virages.

    La méthode Emile Allais - Gignoux perdura jusqu’aux années 1955, date à laquelle elle évolua quelque peu, avec l’aménagement du Christiania life préconisé par James Couttet.

    Dès les années 1956, une autre étape de l’évolution technique fût préconisée suite à la réflexion de Vuarnet et Joubert, il s’agissait de l’écart anatomique entre les skis. Au cours des années 1970, un autre paramètre influença la technique, il nous fût transmis par le champion Stenmark qui soulevait le ski intérieur lors des virages. Dans les années 1990, Alberto Tomba utilisera la glisse avec des skis très écartés. Cette technique se confirmera avec l’arrivée des skis paraboliques dont les lignes de côtes très taillées imposent cette nouvelle gestuelle. Mais que l’on se rassure, le stem-amont et le stem-aval figurent toujours au programme des écoles de ski.

    LE SKI ATTELE

    Le ski Jöring revient en force. Ce sport des pays du nord était initialement un moyen de transport, bientôt le renne céda la place au cheval. En Suisse, la station de St Moritz organisa de nombreuses compétitions. Au cours des jeux nordiques de 1909, une épreuve se déroulait entre les villes d’Upsala et de Stockolm, soit une distance de 75 km. En Savoie, cette activité fit quelques adeptes mais le caractère ludique l’emporta sur l’aspect sportif.

    L’ADIEU AUX RAQUETTES

    L’hiver venu, les randonneurs utilisaient les raquettes à neige pour gagner les sommets convoités. Avec l’arrivée des skis, les grands marcheurs échangeront leurs patins à cordes contre les longues planches glissantes. " En montagne, le ski permet de monter à une vitesse égale à celle de l’homme à pied durant la saison estivale ; quant aux descentes, elles se font à une allure telle, qu’il suffit de quelques minutes pour descendre d’une altitude de près de 1000 mètres " (la montagne N° 6 - 1909).

    Actuellement, l’usage de la raquette permet aux amoureux de la nature hivernale, de goûter aux charmes de randonnées d’exception. Quel délice que d’atteindre des espaces insolites où l’accès, ski aux pieds s’avérerait impossible.

    Page 1 2 3 4

     
    -