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LE THEATRUM SABAUDIAE
Auteur : Anne WEIGEL Historienne - Niveau de lecture : Scientifique
SOMMAIRE


JEUNE PUBLIC


TOUS PUBLICS
  • Introduction


  • EXPERTS
  • Introduction
  • I-A L’initiative
  • I-B Organisation et financement
  • I-C Les œuvres des dessinateurs et des graveurs
  • I-D Les consignes pour les textes
  • I-E La livraison
  • II-A La description géographique
  • II-B -L’héritage de ’Antiquité
  • II-C L’inventaire des paysages et des productions locales
  • II-D Les caractéristiques des habitants
  • II-E L’implantation religieuse
  • II-F -La galerie des hommes illustres
  • III-A Une société appauvrie
  • III-B L’émigration
  • III-C Un urbanisme en gestation
  • Conclusion
  • bibliographie
  • Notices


  • DOCUMENTS
  • Document 1
  • Document 2
  • Gravure ville d’Annecy
  • Gravure ville de Chambéry
  • Carte du Chablais avec le lac Léman
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    Introduction

    Encore placé sous la régence de sa mère, Marie-Christine de France, sœur du roi Louis XIII et veuve de Victor-Amédée I, le jeune Charles-Emmanuel II incita dès 1657 la Commune de Turin à faire la relation et à lever les plans non seulement de la ville mais des lieux de plaisance des environs appartenant à leurs Altesses Royales. En cette seconde moitié du XVII° siècle, ce projet s’avérait anachronique et le duc s’affirmait comme le gardien de la tradition du XVI° siècle. En effet, les Cosmographies, Topographia et Speculum résultaient des compilations érudites de la Renaissance.

    Soutenue par l’Empereur, l’école germanique avait fourni les premières œuvres comme, en 1544, la Cosmographia Universalis de Sébastien Münster. Dans les cantons suisses, quelques savants intrépides s’étaient intéressés aux Alpes : Aegidius Tschudi parcourut les cols d’altitude et observa la nature alpestre avant de publier, à Bâle en 1538, le De Alpina Rhoethiae , les Grisons. En 1548, la Chronique suisse de Stumpf connut aussi un grand succès car elle décrivait avec exactitude les routes, les cols, les bourgades, les sources thermales, les hospices et les auberges que le géographe avait réellement visités. Pour sa part, un professeur zurichois, Josias Simler, fit preuve d’une intuition étonnante dans la compréhension de la faune, de la flore, du régime des torrents et des glaciers alpins. Mais, ces découvertes furent oubliées et, dans le domaine des connaissances scientifiques et des techniques pratiques de l’alpinisme, l’âge classique marqua une régression indubitable.

    Les souverains anglais, espagnols et français avaient fait procéder à l’inventaire partiel de leurs royaumes à travers des "enquêtes" portant sur la situation géographique, les ressources agricoles et minières, le plan des villes, des fortifications et des ponts, le tracé des routes et des cours d’eau ; souvent restées secrètes, ces informations appartenaient aux états-majors et les cartes les plus complètes étaient utilisées en temps de guerre. A Turin , le projet ducal reçut l’ approbation de Christine de France, qui avait souvent vu son père, Henri IV et, un autre passionné, Sully, examiner et commenter les cartes chorographiques de la plupart du Royaume.

    Le lancement du Theatrum Sabaudiae se fit en Hollande, alors que les Provinces-Unies protestantes avaient obtenue leur autonomie par rapport à l’Espagne catholique toujours fortement implantée à Anvers. Les maîtres cartographes flamands émigrèrent à Amsterdam, symbole de liberté religieuse, intellectuelle et éditoriale. Publié sous le titre de Theatrum Orbis Terrarum, l’Atlas d’Ortelius signa l’acte de naissance de la cartographie moderne. Peu après, l’auteur flamand, Gerhard Mercator, s’associa à l’éditeur hollandais, Jodocus Hondius, et lui céda ses plaques d’impression. Ainsi, en quittant Anvers, les cartographes-éditeurs emportaient avec eux leur savoir-faire, leurs fonds documentaires et leurs cuivres. Les Hollandais bénéficièrent d’autant mieux de cet apport que la Compagnie des Indes orientales, installée dès 1602, abritait également ses archives à Amsterdam et comptait étendre son empire commercial. En 1609, la compagnie acheta à l’embouchure de l’Hudson la presqu’île de Manhattan pour fonder le comptoir de la Nouvelle-Amsterdam, aujourd’hui New-York.

    En fait, l’initiative savoyarde poursuivait un tout autre but que celui de la connaissance exhaustive des Etats. La grande affaire du XVII° siècle aura été la prétention de la Maison de Savoie au titre royal qu’elle s’était elle-même attribué. Le Theatrum Sabaudiae a été conçu comme une œuvre de prestige enrichie d’une généalogie pluriséculaire, de portraits de belle facture, de cartes et de gravures remarquables. Par son intermédiaire, Versailles et toutes les autres monarchies d’Europe devaient se convaincre de la suprématie diplomatique, culturelle et artistique du duché de Savoie, digne d’être érigé en royaume.

    Les nombreux protagonistes de ce qui fut une longue entreprise éditoriale (I) firent preuve de ténacité pour faire face à l’exécution, au financement et à l’acheminement en temps voulu des dessins et des manuscrits entre Turin et Amsterdam. Rédigés selon un plan clairement défini, les textes des Relations devaient regrouper des thèmes choisis ( II ) : la géographie, l’héritage de l’Antiquité romaine, la présentation des monuments et des églises, l’évocation des paysages ruraux et urbains, les productions de l’agriculture et de l’artisanat, quelques précisions relatives aux personnages illustres. A la lecture du tableau de cette terre natale magnifiée, il faut s’interroger sur la réalité de la Savoie du XVII° siècle. ( III )

    PLAN : I- Une longue entreprise éditoriale
    II- Les thèmes retenus dans les Relations
    III-La dure réalité du XVII° siècle en Savoie.

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