| < |
| Toutes les cartes |
| Cartes Historiques |
| Relief |
| Précipitations |
| Géologie |
| Administration |
| Végétation |
| Energie |
| Transport |
| Agriculture |
| Religion |
| Tourisme |
| Industrie |
|
Archives
Haute Savoie |
| Archives
communales et intercommunales |
|
Publications |
| |
- |
|
LE THEATRUM SABAUDIAE
Auteur : Anne WEIGEL Historienne - Niveau de lecture : Scientifique |
|
|
|
Page 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 II-D Les caractéristiques des habitants D-Les caractéristiques des habitants Dans la formule lapidaire, le peuple, on confondait les paysans, les
artisans, les gens de loi et la petite bourgeoisie urbaine. Cette globalité
indistincte ne dit rien des mutations considérables qui avaient
changé les conditions de vie. Si, apparemment, les structures médiévales
sétaient maintenues, la famille rurale de type patriarcal était
en nette régression. Les communautés villageoises étaient
loin dêtre figées. Les souches familiales se perpétuaient
mais de nouveaux noms patronymiques prouvaient aussi le renouvellement
des populations. Limpôt de lEglise, la dîme, avait priorité sur
la taille ducale et sur les différents droits seigneuriaux. Les
plus gros décimateurs étaient les chanoines et les religieux
des nombreux couvents fondés dans le mouvement de la Contre-Réforme
catholique ; ils demandaient des prélèvements immédiatement
exigibles sur les moissons, les vendanges et une partie de toutes les
autres récoltes. La seigneurie médiévale, laïque
ou ecclésiastique, restait le cadre de la vie rurale, mais elle
ne dépassait pas de modestes dimensions. Toutefois, au long du
XVII° siècle, ces domaines se sont agrandis de prés,
bois, vignes, champs rachetés aux paysans endettés, contraints
de vendre et de partir ailleurs. Les bourgeois des villes et les notables
ruraux ont accentué ce transfert des terres au point de posséder
souvent la moitié des proches campagnes aux alentours de leur cités.
Notaires, procureurs, avocats, fermiers des abbayes et des couvents, artisans
aisés et marchands enrichis immobilisaient leurs disponibilités
financières dans la propriété foncière au
lieu dinvestir des capitaux dans les activités pré-industielles.
Cette lente redistribution des terres a fait surgir parmi les élites
urbaines, une classe de rentiers conservateurs qui refoulaient la paysannerie
dans lanonymat de la pauvreté ou lemployaient comme journaliers,
comme main-duvre mal payée. Les rédacteurs du Theatrum Sabaudiae naccordent pas non plus
beaucoup dattention aux colporteurs, artisans, revendeurs et simples
marchands installés dans les boutiques de Rumilly, dAnnecy, de
Bonneville ou dans les cabornes de Chambéry si bien dessinées
par Borgonio. Le monde des métiers, du compagnonnage et de la boutique
connut pourtant un essor remarquable en Savoie au XVII° siècle,
époque qui fut leur âge dor. Associations à la fois
religieuses et professionnelles, les groupements corporatifs défendaient
les privilèges de leurs membres et tentaient de maintenir la réputation
des maîtres en contrôlant les procédés de fabrication
et la qualité des produits finis. Dans une société
sans protection sociale, la maladie ou la vieillesse dun artisan incapable
de travailler, risquaient danéantir sa famille. Coupés
des impératifs concrets du travail, les écrivains turinois
ont à peine senti limportance de lindustrialisation naissante.
A la lecture des textes du Theatrum Sabaudiae, on est frappé
par labsence de réflexions sur les transformations sociales, léconomie
locale, la vie agricole et la difficile existence des paysans contraints
à lémigration. Le duc a préféré occulter
une réalité qui ne servait pas la glorieuse image de ses
Etats. |
| - |
|