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LE THEATRUM SABAUDIAE
Auteur : Anne WEIGEL Historienne - Niveau de lecture : Scientifique
SOMMAIRE


JEUNE PUBLIC


TOUS PUBLICS
  • Introduction


  • EXPERTS
  • Introduction
  • I-A L’initiative
  • I-B Organisation et financement
  • I-C Les œuvres des dessinateurs et des graveurs
  • I-D Les consignes pour les textes
  • I-E La livraison
  • II-A La description géographique
  • II-B -L’héritage de ’Antiquité
  • II-C L’inventaire des paysages et des productions locales
  • II-D Les caractéristiques des habitants
  • II-E L’implantation religieuse
  • II-F -La galerie des hommes illustres
  • III-A Une société appauvrie
  • III-B L’émigration
  • III-C Un urbanisme en gestation
  • Conclusion
  • bibliographie
  • Notices


  • DOCUMENTS
  • Document 1
  • Document 2
  • Gravure ville d’Annecy
  • Gravure ville de Chambéry
  • Carte du Chablais avec le lac Léman
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    III-C Un urbanisme en gestation

    C-Un urbanisme en gestation

    La période baroque a été celle de la rénovation des villes médiévales encore nombreuses en Piémont. Mais, en Savoie, les gravures du Theatrum Sabaudiae mettent en évidence les remparts urbains, les tours de garde, les chemins de ronde occupés par des jardins potagers. On constate une volonté de recourir à la conception traditionnelle des villes fortes, alors qu’aucune d’elles n’était plus en mesure de soutenir un siège au XVII° siècle. Citations passéistes, nostalgie de l’apogée médiéval du berceau de la dynastie, rien n’est fait pour réduire ou atténuer l’aspect archaïque des remparts à Chambéry, Annecy, Aix ou Bonneville.

    La modernisation n’est pas venu d’une politique édilitaire conçue à Turin mais de l’initiative de quelques familles nobles ou bourgeoises soucieuses de cacher les murs anciens et délabrés sous la belle allure des façades remises au goût du jour. Sur le plan de Chambéry, on distingue clairement les hôtels particuliers rue Croix d’Or et rue Métropole. Le château des ducs est toujours une bâtisse médiévale à peine relevée par le gouverneur Félix de Savoie. Il ajouta un jardin d’inspiration renaissance. A Thonon, Eugène de Lullin se fit construire un palais, mis en valeur par un magnifique jardin à l’italienne. De même, Henri de la Valdisère se serait ruiné en faisant édifier le château et les jardins de Marclaz.

    L’observation attentive des planches du Theatrum Sabaudiae permet de localiser aussi les boutiques sous les arcades d’Annecy ou le long des rues de Chambéry. Le réseau des canaux urbains, les clochers des nombreuses églises conventuelles et paroissiales, les places et les marchés sont fidèlement reproduits et permettent de lire les structures encore évidentes dans la plupart des centres villes. Toutefois, on ne saurait ignorer les conventions liées aux planimétries des villes et aux codifications mises au point par les cosmographes et cartographes du XVII° siècle. Par exemple, au prix d’une part d’inexactitude, les vides à l’intérieur des pâtés de maisons devaient être occupés par le dessin d’un jardin. Il est probable que dans le but de maintenir le prestige et le niveau haut de gamme de ses publications, l’éditeur Blaeu visait à la cohérence stylistique en regroupant des dessins graphiquement beaux et limités à l’essentiel. Il faut encore souligner les prouesses techniques des topographes et ingénieurs militaires qui n’utilisaient pour leurs relevés que les lois de la projection géométrique et restituaient des vues comparables à la vision oculaire naturelle. Enfin, le travail artistique des graveurs hollandais donnait vie à des scènes trop strictement exécutées. En ajoutant des personnages, les villes s’animaient sans être rendues artificiellement pittoresques.

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