| < |
| Toutes les cartes |
| Cartes Historiques |
| Relief |
| Précipitations |
| Géologie |
| Administration |
| Végétation |
| Energie |
| Transport |
| Agriculture |
| Religion |
| Tourisme |
| Industrie |
|
Archives
Haute Savoie |
| Archives
communales et intercommunales |
|
Publications |
| |
- |
|
LE THEATRUM SABAUDIAE
Auteur : Anne WEIGEL Historienne - Niveau de lecture : Scientifique |
|
|
|
Page 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 III-C Un urbanisme en gestation C-Un urbanisme en gestation La période baroque a été celle de la rénovation
des villes médiévales encore nombreuses en Piémont.
Mais, en Savoie, les gravures du Theatrum Sabaudiae mettent en évidence
les remparts urbains, les tours de garde, les chemins de ronde occupés
par des jardins potagers. On constate une volonté de recourir à
la conception traditionnelle des villes fortes, alors quaucune delles
nétait plus en mesure de soutenir un siège au XVII°
siècle. Citations passéistes, nostalgie de lapogée
médiéval du berceau de la dynastie, rien nest fait pour
réduire ou atténuer laspect archaïque des remparts
à Chambéry, Annecy, Aix ou Bonneville. La modernisation nest pas venu dune politique édilitaire conçue
à Turin mais de linitiative de quelques familles nobles ou bourgeoises
soucieuses de cacher les murs anciens et délabrés sous la
belle allure des façades remises au goût du jour. Sur le
plan de Chambéry, on distingue clairement les hôtels particuliers
rue Croix dOr et rue Métropole. Le château des ducs est
toujours une bâtisse médiévale à peine relevée
par le gouverneur Félix de Savoie. Il ajouta un jardin dinspiration
renaissance. A Thonon, Eugène de Lullin se fit construire un palais,
mis en valeur par un magnifique jardin à litalienne. De même,
Henri de la Valdisère se serait ruiné en faisant édifier
le château et les jardins de Marclaz. Lobservation attentive des planches du Theatrum Sabaudiae permet de
localiser aussi les boutiques sous les arcades dAnnecy ou le long des
rues de Chambéry. Le réseau des canaux urbains, les clochers
des nombreuses églises conventuelles et paroissiales, les places
et les marchés sont fidèlement reproduits et permettent
de lire les structures encore évidentes dans la plupart des centres
villes. Toutefois, on ne saurait ignorer les conventions liées
aux planimétries des villes et aux codifications mises au point
par les cosmographes et cartographes du XVII° siècle. Par exemple,
au prix dune part dinexactitude, les vides à lintérieur
des pâtés de maisons devaient être occupés par
le dessin dun jardin. Il est probable que dans le but de maintenir le
prestige et le niveau haut de gamme de ses publications, léditeur
Blaeu visait à la cohérence stylistique en regroupant des
dessins graphiquement beaux et limités à lessentiel. Il
faut encore souligner les prouesses techniques des topographes et ingénieurs
militaires qui nutilisaient pour leurs relevés que les lois de
la projection géométrique et restituaient des vues comparables
à la vision oculaire naturelle. Enfin, le travail artistique des
graveurs hollandais donnait vie à des scènes trop strictement
exécutées. En ajoutant des personnages, les villes sanimaient
sans être rendues artificiellement pittoresques. |
| - |
|