La commune est née et s'est activement
développée dans les villages de montagne parce que les
biens communaux y étaient plus nombreux que dans les vallées.
Pour gérer ses biens, elle s'est dotée
d'institutions qui révèlent une forme de démocratie
locale et une autonomie certaine par rapport au pouvoir de l'Etat.
La principale est l'assemblée générale
: quelques fois par an, le plus souvent à la sortie de la messe,
les communiers se réunissent pour débattre des questions
importantes. Personne n'est exclu des discussions.
Les décisions sont prises à la
majorité des deux tiers. Les femmes, lorsqu'elles sont chefs
de famille, prennent part aux assemblées.
Les communiers élisent et surveillent
des syndics et des procureurs chargés d'exécuter leurs
décisions. Et ceux-ci ne manquent pas de travail.
Gestionnaires des biens communaux (alpages, forêts,
bâtiments, ruisseaux…), ils doivent en outre faire respecter tout
un arsenal de règlements qui fixent la date des récoltes,
l'utilisation des pâturages, des bois, de l'eau, des chemins.
Jusqu'au XVIIIe siècle, les communes de
montagne préservent tant bien que mal leurs institutions. Les
réformes de l'administration savoyarde y mettent fin en leur
imposant un nouveau mode de fonctionnement.
En particulier, l'assemblée générale
cède la place à un Conseil de six membres où siègent
les plus riches. C'est la fin de la démocratie ancienne, au détriment
des habitants les plus pauvres.