L'exode des villages de montagne a atteint son
maximum dans les années 1950. Puis la population s'est stabilisée
pendant trente ans. Depuis les années 80, elle recommence à
croître.
Les communes autour des grandes stations de Haute
Tarentaise ont vu leur population augmenter d'environ 9% ces vingt dernières
années. Pour la Haute Maurienne, zone quasiment sinistrée
jusque dans les années 1970, le taux de croissance atteint les
13 % !
Le tourisme est en grande partie responsable
de ce phénomène, parce qu'il génère de nombreux
emplois dans le commerce, les services, le bâtiment, l'aménagement
du territoire.
Substituant ces activités à l'agriculture
et l'industrie, il facilite le maintien sur place des populations locales.
Il favorise également l'arrivée de nouveaux habitants.
Si le travail permet l'enracinement d'une nouvelle
population, il n'est pas le seul facteur de repeuplement : la montagne
urbanisée, équipée d'autoroutes physiques comme
virtuelles, offre aujourd'hui autant de services, de facilités
et de confort que la ville.
Mais par dessus tout, elle offre désormais
une image terriblement attractive. Hier, elle présentait un cadre
de vie difficile, une nature hostile qui offrait peu de ressources et
contraignait à un dur labeur. Aujourd'hui, elle est synonyme
de calme, de richesse, de vacances, de plaisir.
Une cinquantaine d'années à peine
ont suffit pour que s'effectue un tel renversement de valeur. Il y a
bien là de quoi retenir le montagnard et séduire des citadins,
des saisonniers, des retraités qui à l'image des paysans
du XIIe siècle reconquièrent les lieux.