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Le patrimoine fortifié des Etats de Savoie
Auteur : Honoré COQUET - Niveau de lecture : Public
SOMMAIRE

JEUNES PUBLICS
Résumé

TOUS PUBLICS
  • 1- Introduction
  • 2- Le contrôle et la sécurité des routes internationales
  • 3- La défense des frontières en plat pays
  • 4- La défense des basses et moyennes vallées alpines
  • 5- La défense s'installe jusque sur les cols alpins
  • 6- L’effacement des fortifications
  • 7- Quel avenir pour les fortifications ?


  • BIBLIOGRAPHIES
  • Bibliographie générale
  • Bibliographie sur les fortifications


  • DOCUMENTS
  • 1- Les Etats de Savoie sous Amédée VIII et la via Francigena
  • 2- Le château de Miolans
  • 3- Le château de Miolans (2)
  • 4- Le site fortifié de la cluse de Bard
  • 5- Les Clées près du col de Jougne
  • 6- Château de plaine du XIIIe siècle
  • 7- Le fort Barraux
  • 8- La Libre Confédération des vallées
  • 9- La barrière de l’Esseillon en Maurienne
  • 10- Ouvrage d’interdiction de Vulmix
  • 11- Ouvrage de protection du Truc
  • 12- Ouvrage de surveillance de la Platte
  • 13- Petit ouvrage de haute montagne
  • 14- Ouvrage multiblocs du Sapey, à Modane
  • 15- Ouvrage multiblocs du Sapey (2)
  • 16- Ouvrage multiblocs du Sapey (3)
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    Le contrôle et la sécurité des routes internationales (XIème au XVème siècle)

    Le fondateur de la Maison de Savoie, Humbert Ier (vers 980 - 1048), développa, au milieu du XIème siècle, une politique routière en s'assurant le contrôle de deux voies de communication essentielles, l'une drainant Belley, Chambéry, Montmélian, la vallée de la Maurienne jusqu'à la partie occidentale du Mont-Cenis, l'autre joignant le lac de Genève, le col du Grand-Saint-Bernard et le Val d'Aoste. Odon fils d'Humbert Ier épousa Adélaïde de la famille des Ardoin de Turin ; elle lui apporta le versant oriental du Mont-Cenis, Suse et Turin. Il contrôlait ainsi le principal passage des Alpes. La Maison de Savoie assise sur les deux principaux itinéraires alpins permettait aux deux grands foyers économiques de l'Europe, les Flandres et l'Italie du Nord dont Venise, d'échanger leurs marchandises aux foires de Champagne, puis aux foires de Genève jusqu'à la fin du XVème siècle (Annexe 1). Les péages enrichirent la Maison de Savoie qui devint une puissance. Celle-ci pour assurer sa pérennité dut veiller à la sécurité des deux itinéraires grâce à des ouvrages fortifiés s'égrenant de Bourg-en-Bresse à la plaine du Pô. Certains ont disparu, tels ceux de Montmélian, à la frontière du Dauphiné ; Charbonnières surplombant Aiguebelle en Maurienne ; etc. ... D'autres ont traversé les siècles et apparaissent tels des témoins : le château de Miolans au débouché de la Maurienne (Annexes 2 et 3), le fort d'Exilles en vallée de Suse, etc ... Sur l'itinéraire Nord demeurent : l'ouvrage de Bard dans la cluse à la limite du Val d'Aoste et de la plaine du Pô (Annexe 4), le château de Chillon, à l'extrémité Est du lac Léman, Les Clées en Pays de Vaud juste à l'accès du col de Jougne dans le Jura (Annexe 5).

    Les ouvrages fortifiés médiévaux construits en pierre connurent une évolution architecturale étalée sur deux périodes :
    - 1) La période romane (XI°-mi XIII° siècle environ) : c'est l'époque des châteaux dits de montagne avec une grande tour carrée ou rectangulaire, sur piton, crête ( exemple : à Montmayeur sur le mont Raillant dans la Combe de Savoie) ou éperon.
    - 2) La période ogivale (seconde moitié du XIII° et début du XIV° siècle) : c'est l'époque des châteaux dits de plaine avec des tours rondes mieux adaptées à la défense (exemple : Feissons-sous-Briançon et château épiscopal de Chantemerle, en Tarentaise). Dans ce dernier cas, la tour ronde complète le vieux donjon quadrangulaire.

    A partir du XIII° siècle, les Comtes se soucièrent de fortifier les cités en les entourant d'une enceinte. Le bourg des Marches, près de Montmélian, en donne encore, à ce jour, une bonne idée.

    Outre le contrôle des deux grandes voies de communication, la défense du comté puis du duché s'appuyait sur un puissant réseau de châteaux et maisons fortes implanté en profondeur ce qui diluait et épuisait l'adversaire. Un exemple significatif est celui du réseau fortifié de la Combe de Savoie, au carrefour de Montmélian. Les châteaux évoluèrent et on note la présence d'une, deux et même trois tours rondes tel le château des Marches, près de Montmélian. Toutefois, spécialité du Pays de Vaud alors savoyard, certains châteaux en comportaient quatre, une à chaque angle, tel que l'on peut encore le voir à Morges, bel exemple de "carré savoyard", près de Lausanne (Annexe 6). Certains châteaux subirent au cours des siècles, soit des modifications (Miolans, Morges, etc...), soit des reconstructions avec des transformations complètes (Bard en vallée d'Aoste, etc...).

    A l'époque, Genève se trouvait alors quasiment au centre géographique des Etats de Savoie dont la limite Nord se situait dans la région de Fribourg à la lisière de la Suisse alémanique. Par ailleurs, de par ses foires du XVème siècle, Genève, ville déjà internationale, se situait au centre de gravité économique des mêmes Etats de Savoie. Aussi la dynastie, tant les comtes que les ducs, cherchèrent à s'accaparer la ville. La double révolution de Genève, c'est à dire l'indépendance politique de la République et l'abolition du catholicisme avec l'avènement de la Réforme, se termina, en 1536, sous la protection de Berne avec laquelle Genève avait signé un traité de combourgeoisie. Cette année-là, en effet, les Bernois en liaison avec les troupes du roi de France, François Ier, conquèrirent le Pays de Vaud, le Pays de Gex et le Chablais ; les Français occupèrent le reste de la Savoie. Le duc Emmanuel-Philibert se retrouva presque sans Etats. Il servit d'abord Charles-Quint puis Philippe II roi d'Espagne et gagna pour eux et contre les Français la bataille de Saint-Quentin, en 1557. Le traité de paix de Cateau-Cambrésis, en 1559, lui rendit la partie de ses Etats occupée par les Français. Il restaura son armée, et il sut faire respecter son indépendance, à une époque où l'Italie n'était plus qu'une province espagnole. Il construisit en plat-pays des forteresses tournées vers la France, vers l'Italie, et vers la Suisse.

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