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Vignes
et vins de Savoie
Auteur : Maurice MESSIEZ- Niveau de lecture : Public |
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La vigne et les Alpes
De Pont
de Beauvoisin à Hermillon en Maurienne ou à Bellentre en Tarentaise en
passant par la Cluse de Chambéry et la Combe de Savoie, de Jongieux à
Thonon-les-Bains sur les rives du Léman en remontant le Rhône, de Juvigny
à Passy dans le Faucigny que parcourt l'Arve, on découvre d'imposants
vignobles ou, dans les vallées, sur de larges cônes d'alluvions et quelques
hauts adrets bien exposés, des vignes isolées de paysans qui témoignent encore
de l'extension de la viticulture en Savoie au début du XX ème siècle.
Cette vision d'une culture méditerranéenne très symbolique a toujours
surpris le voyageur qui s'engageait dans ce monde de la haute montagne.
Vigne à Ayse (Faucigny), 500 m d'altitude. Photo Maurice Messiez.
Faudrait-il
pour autant penser que la vigne n'est pas à son aise en montagne ?. Ce
serait une contre-vérité, niant la modestie des exigences des ceps et
la réalité de la situation géographique de la Savoie, comme d'ailleurs
celle de ses voisins, Valais, Vallée d'Aoste. Cette plante n'est ni particulièrement
exigeante ni fragile, elle s'accommode assez bien de sols variés pourvu
qu'ils soient aérés et légers, elle ne craint pas le froid et moins encore
la chaleur, au contraire ; l'altitude ne la gêne vraiment qu'au-dessus
de 700 mètres, mais là aussi l'affirmation est à moduler car l'exposition
joue alors un rôle primordial. Ce n'est donc pas le climat tempéré du
45 ème parallèle frôlant la Savoie au sud qui pose problème ni même les
hauts sommets des grandes vallées, suffisamment larges pour que le soleil
darde à la perpendiculaire ses rayons durant plus de dix heures l'été
et 2000 heures par an sur les adrets, mais les conséquences de l'altitude,
laquelle entraîne un abaissement des températures et plus d'humidité.
Aussi, si l'exposition est bonne, la
pente contrecarre, au moins jusqu'à 600 ou 700 mètres, les effets négatifs
de l'altitude, même au-delà parfois, puisque quelques vignes, bien rares
il est vrai, grimpaient au-dessus d'Orelle en Maurienne, près des Chapelles
en Tarentaise et à Passy dans le Faucigny, soit à peine au-dessous de
1 000 mètres. Aussi, comme la
vigne ne craint guère le froid ou la neige durant l'hiver, que sur l'année
elle a besoin d'une température moyenne de 11° environ et, durant l'été,
de 18° pour que le raisin mûrisse, fréquents sont les coteaux ou les flancs
de massif qui lui conviennent en Savoie, d'autant mieux qu'ils sont pierreux
et reçoivent assez de pluie, de 800 à 1000 mm, en évitant l'humidité.
En résumé, sauf dans des fonds de vallée encaissés où n'existent pas d'adrets
secondaires orientés est ou ouest, les ceps vivent bien en Savoie comme
dans les Alpes en général |
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