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L'AVENTURE ARCHITECTURALE DES STATIONS DE SPORTS D'HIVER
Auteur : Jean-Pierre HARDY - Niveau de lecture : Public |
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Page 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 COURCHEVEL, UNE DEMARCHE TOUTE NOUVELLE COURCHEVEL, UNE DEMARCHE TOUTE NOUVELLE
Le rapport de la commission a souligné
l'intérêt que pourrait représenter un vaste domaine skiable couvrant les
trois communes de St Bon, les Allues et St Martin de Belleville. C'est
l'ensemble " des Trois vallées " . Dans les difficultés et l'espoir
de l'après-guerre, le conseil général de la Savoie veut donner un
signal fort : créer de toutes pièces une station de ski de haut niveau
pour attirer la clientèle internationnale. Cependant, s'agissant d'argent
public, on donne à cette station une vocation sociale. Des trois communes concernées , essentiellement
rurales, c'est St Bon qui parait la mieux disposée à se lancer dans l'aventure. Une équipe est constituée pour étudier
ce projet. Maurice Michaux, ingénieur des Ponts en poste à Chambery
en sera le moteur administratif. Laurent Chappis, urbaniste en
assurera la conception. Les deux hommes se sont connus en captivité et
avaient déja imaginé ce que pourrait être une station moderne. Pour L.Chappis
qui connait bien la topographie de la commune, le replat du Tovet, à 1850
m est le site idéal pour cette implantation. A cette altitude, les alpages
sont communaux . D'autres terrains privés sont acquis à l'amiable. Il
n'y aura pas de problème foncier. Le site, en partie boisé, où l'on ne
trouve que quelques rares granges, laisse une grande liberté de conception.
Chappis va faire une règle du respect de ce site : II s'agit d'un versant
exposé au nord, à peine effleuré par le soleil. Le relief permet la séparation
des circulations automobiles et des skieurs, lesquels peuvent regagner
leur logement skis aux pieds. La hauteur des constructions ne doit pas
dépasser celle des arbres. La convergence des pistes et des remontées
mécaniques se fait dans un espace central appelé "grenouillère".
Les différents quartiers habitables sont clairement délimités et forment
des lotissements dont le cahier des charges définit précisément la volumétrie. Jeune architecte, Denys Pradelle que
des raisons de santé ont amené à la montagne, est chargé d'assurer localement
le suivi de l'opération. II choisit d'aller aussitôt résider avec son
épouse à Courchevel, à proximité de la future station. Avec quelques autres
il fonde sur place "l'Atelier de Courchevel". Imprégné des idées
de Le Corbusier et de la Charte d'Athènes, il analyse parfaitement le
nouveau programme, les conditions climatiques du lieu et les conditions
économiques qui sont celles d'une période de pénurie. Le produit de cette
réflexion est une architecture que l'on appelerait aujourd'hui bioclimatique,
architecture de vérité dont la simplicité n'est enrichie que par le jeu
parfait des proportions. Ces constructions sont des prototypes mais l'atelier
n'a aucune exclusivité sur l'ensemble de ce qui se réalise par ailleurs. En favorisant l'installation sur place
d'un atelier d'architecture, et en faisant controler étroitement les projets
par l'urbaniste de la station, Courchevel a pu être dotée d'une grande
unité architecturale; de plus, la chance a voulu que cette remarquable
équipe d'architectes dégage, en participant à la vie quotidienne de la
station, les principes d'une nouvelle et belle architecture de montagne
( toits presque plats, volumes cubiques, revêtements de bois, usage de
larges pans vitrés...) L'école de Courchevel marquera pour longtemps l'art
de bâtir en montagne. G.CUMIN A.A.126 (juin juil.66) |
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